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ASSOCIATIONS MICROBIENNES. — INFLUENCES DES TOXINES

En dehors des milieux extérieurs, les parasites proviennent de la peau, des voies respiratoires ou génitales; mais ces origines sont relativement rares. L'épaisseur de l'épiderme, l'acidité de la sueur, le vernis isolant formé par les éléments gras, les propriétés bactéricides du mucus, les cils vibratiles de quelques épithéliums, la solidité des revêtements de surface, les qualités agglutinantes des liquides étalés sur ces revêtements, l'entraînement mécanique des sécrétions, etc., tous ces éléments invoqués à plusieurs reprises font que, dans la pratique, les infiniment petits n'ont pas ordinairement une telle origine : ils proviennent plutôt du tube digestif.

La disparition de quelques ganglions, d'une partie de la moelle osseuse, les altérations des séreuses, etc., agissent en supprimant des éléments phagocytaires, en diminuant la formation de liquides défavorables à l'évolution des parasites; toutefois, les suppléances, dans nombre de ces conditions, atténuent la portée de ces variations. — Les membranes séreuses, adhérentes, sclérosées, imposent aux organes enveloppés un surmenage, conséquence d'un glissement devenu difficile; elles ne leur livrent plus, en raison de l'étranglement d'une série de vaisseaux par le tissu fibreux, la quantité de sucs nourriciers nécessaires : de là des zones de moindre résistance.

Les modifications organiques, telles que les retards ou l'accélération de la coagulation, les adultérations humorales liées aux troubles de la nutrition, à des désordres portant sur l'ensemble des cellules, aussi bien que les anomalies qui dérivent d'une lésion localisée, d'une tare anatomique d'un viscère, d'un système, tous ces facteurs apparaissent en somme comme capables de donner naissance à un nombre infini d'états favorables à l'infection. Or, quand il s'agit de la création de ces états favorables au mal, les changements qui résultent de ce processus même de l'infection ne le cèdent en rien aux influences qui relèvent des circonstances jusque-là mises en cause.

De tout temps la médecine a connu les associations microbiennes, bien avant de savoir ce que pouvait être une bactérie. Appliquant à ces études les données nouvelles, j'ai montré, en 1889, dans le premier travail d'ensemble relatif à cette question, que les germes des maladies secondaires ou mixtes appartiennent surtout à la classe des saprophytes; ils proviennent en général de nos surfaces de revêtement. Aujourd'hui on ne discute plus ces faits devenus éminemment classiques; on va plus loin, on entrevoit les motifs de la fréquence des successions morbides.

On sait, en effet, qu'une infection première est capable d'ulcérer, d'enflammer les muqueuses, partant d'ouvrir les portes aux parasites; elle peut altérer les organes d'émonction, d'épuration, le foie, le rein, laissant l'intoxication favoriser l'évolution bactérienne; elle fait fléchir l'alcalinité des humeurs, partant elle diminue l'état bactéricide; la vigueur des phagocytes est amoindrie, comme est amoindrie la vitalité des cellules pour ainsi dire extérieures, celle des poils, des ongles, des cheveux, de l'épiderme, etc.

Vers 1887, au point de vue des attributs morbifiques des toxines, on ne connaissait à peu près que l'expérience de Pasteur provoquant, par l'injection d'une culture stérilisée, la somnolence qui s'observe pendant l'évolution du choléra des poules, comme au cours de la plupart des septicémies. A cette époque j'ai réussi à montrer qu'il est possible de faire apparaître non pas simplement un symptôme quelconque, mais tout un tableau pathologique avec hyperthermie, entérite, albuminurie, hémorragies, paralysie spasmodique spécifique, etc., soit en inoculant le bacille pyocyanique, soit en introduisant ses sécrétions.

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