MODIFICATIONS ORGANIQUES FAVORABLES A LA RÉSISTANCE
facteurs, les maladies, des agents exléi'ieurs, des opérations physiologiques défectueuses, des perturbations fonctionnelles, des altérations de structure, etc., sont propres à engendrer des modifications anatomiciues ou chimiques, abaissant le taux de la résistance: le mal qui se développe revêt tel ou tel aspect, moins en raison de Tespèce microbienne en voie de pullulalion, puisque ces espèces sont presque toujours les mêmes, qu'en vertu de la nature de ces modifications, autrement dit des qualités du Ijouillon ensoiuoncé : la maladie apparaît fréquemment comme le résultat d'un accident survenu dans la marche des phénomènes normaux, ou comme la conséquence de l'exagération de l'un de ces phénomènes.
En dépit des manières d'être du milieu, la virulence, la quantité des bactéries sont parfois suffisantes pour provoquer l'éclosion d'une infection; et, cependant, quand on examine de près les choses, on retrouve encore dans celte hypothèse la marque de l'influence du terrain. Si ce terrain a subi la mise en jeu d'une tare, sa dépression ajoute ses effets à ceux de l'exaltation des parasites : la gravité devient excessive. Si, au contraire, on est en présence d'un fonctionnement irréprochable des divers appareils, si l'état des milieux relève d'un foie, d'un corps thyroïde, de capsules surrénales, d'une rate, d'une muqueuse intestinale, aptes à détruire les poisons, d'un rein, d'une peau, de bronches, propres à les éliminer, d'une alcalinité marquée, de réactions nerveuses accentuées, d'appareils absolument normaux, etc., alors la résistance est assurée, alors les symptômes sont bénins.
De toutes les conditions capables d'imprimer aux processus morbides des allures favorables, l'immunité est à coup sûr la plus importante. — De 1885 à 1887, j'ai démontré, par une série d'expériences, la possibilité de vacciner en injectant au préalable les sécrétions microbiennes portées à 115'' ou filtrées à la bougie. Au début, les animaux soumis à cette préparation mouraient assez fréquemment; mais, tandis c{ue les témoins succombaient en deux ou trois jours, les tissus remplis de bacilles, les sujets rendus réfractaires survivaient pendant des mois, pendant des périodes correspondant chez l'homme à plusieurs années, si bien que, si j'avais publié ces recherches initiales dans les délais habituels, cinq ou six semaines après la mort de ces témoins, j'aurais signalé la parfaite santé de ces réfractaires. Du reste, leurs organes, leurs humeurs n'ont jamais renfermé un seul de ces germes, innombrables chez ces témoins ; ils étaient donc réellement immunisés ; or, toute la question est là, à moins d'admettre que la vaccine jennérienne ne préserve pas de la variole, parce qu'un enfant, soumis à cette vaccine, périt d'accident trois ou quatre jours après. Sans changer la technicjue, en diminuant simplement les doses, j'ai, d'ailleurs, obtenu des survies indéfinies; je pensais à l'origine que des proportions considérables étaient indispensables : le détail est des plus accessoires.
Vers 1885, Salmon et Smith, à la vérité, avaient par ce procédé augmenté la résistance du pigeon, au point de le préserver du choléra des porcs. Ces expériences, pourtant remarquables, en raison surtout des données du moment, étaient demeurées sans écho, ne suscitant pas ce mouvement d'adhésion ou de confirmation qui devait se produire quelque temps après : plusieurs raisons peuvent expliquer ce défaut d'influence. En premier lieu, l'animal choisi, le pigeon, possède souvent l'immunité naturelle; il est, d'après les auteurs euxmêmes, à la limite de la réceptivité. En second lieu, ces expérimentateurs n'avaient chauffé qu'à 58", sans lyndaliser; or, cette chaleur ne suffit pas pour