‹ Traité de médecineChapitre 43 sur 207 · IMMUNITÉ. — GENÈSE DES VACCINS SOLUBLES · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ. — GENÈSE DES VACCINS SOLUBLES

cU'lruiro sûi'omonl lous les niicrol)os, suiloul, les spores; ce cliiflVe est celui des essais de Toussaint; c'est la températur»; cjue Pasteur a jugée avec raison conuiie Irop faible, d'aulant ])lus ([u'en pareille matière luie dislance de 2" est insigniliante; un mCune iufinini(>nt petil, suivant sa vitalité, supporte des difl'érences beaucoup plus marquées, qui font qu'il succombe, par exemple, tantôt à 56", tantôt à 65". — On a pu faire valoir que quelques gouttes du licpiide chauffé, semées dans du bouillon, n'ont rien produit; malheureusemenl, celte quantité par trop minime a pu laisser de côté des parasites; en outre et surtout pour accepter cette remarque, valable en apparence, il faudrait ignorer les expériences de Maximovitch que j'ai jadis analysées dans les Annales de rinslIlKl Pasteur \ ces expériences prouvent, en effet, que si on se borne à pousser l'atténuation dans une mesure à peine suffisante pour détruire à la limite^ comme on dit, à des degrés qui parfois tuent, parfois se bornent à abaisser l'énergie vitale; dans ces conditions, l'ensemencement dans des milieux inertes peut être stérile, alors que l'inoculation fournit des résultats positifs. Il faudrait aussi, pour admettre pleinement la rigueur de cette démonstration, supprimer ces faits aujourd'hui classiques, qui nous apprennent que la chaleur, que des agents chimiques, le sublimé entre autres, coagulent autour des microbes des coques albumineuses capables de s'opposer à l'évolution de ces êtres affaiblis, si on les dépose au sein des liquides inertes ; en revanche, lorsqu'on introduit ces germes sous la peau, les phagocytes, les humeurs ont tôt fait de dissoudre ces coques, qui dès lors ne restreignent plus leur libre pullulation. L'enveloppe fdîreuse d'une tumeur enkystée paraît agir d'une façon plus ou moins analogue: supprimez cette enveloppe, l'adénome devient épithéliome; si vous brisez le tube de verre capillaire rempli de bactéries, glissé dans un parenchyme, aussitôt ce parenchyme est infesté. — Mais, supposons que 58° soit une élévation suffisante, supposons que ce bacille, en dépit de quelques avis contraires, n'ait pas de spores, supposons que l'ensemencement en bouillon ait, pour prouver la stérilité d'une culture, la valeur démonstrative d'une inoculation, admettons ces différentes données, d'autres encore. Dans ces conditions, je me demande, en toute sincérité, si on a établi d'une façon irréfutable, irréprochable, qu'un liquide vaccine, quand, après avoir échoué sur le porc habitat naturel du germe étudié, on ne réussit que sur le pigeon qui, suivant Salmon et Smith, suivant Cornil et Babès {Traité de Bactér., t. I, p. 528), est naturellement immunisé 75 fois sur 100! Il me paraît véritablement difficile de savoir comment on doit procéder pour être assuré que les animaux préparés ont dû leur résistance aux injections, pour être certain qu'ils n'appartenaient à cette catégorie des 75 pour 100 naturellement résistants !

Sans doute, des proportions excessives de virus triomphent de ces résistances naturelles ; mais il en est ainsi de toutes les immunités possibles, comme l'a prouvé Ghauveau à propos des moutons d'Algérie. Il faut s'entendre, il faut admettre, d'accord avec l'opinion générale, qu'un sujet est réfractaire, s'il supporte aisément 0,10 à 1 cent, cube d'une culture capable, à cette dose, et même à une dose 2 ou 5 fois moindre, de tuer promptement les autres animaux. Ces moutons d'Algérie sont à bon droit réputés doués de cet état réfractaire vis-à-vis du charbon bactéridien, parce que les quantités habituellement mortelles pour les êtres de cette espèce les laissent indifférents; toutefois, on surmonte ces immunisations acquises ou congénitales soit en élevant ces quantités injectées, soit en affaiblissant l'organisme par l'inanition, la saignée, le surmenage, etc.

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