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PROTECTIONS DANS LES ^■OIES URINAIRES, RESPIRATOIRES

mécaniques et chimiques, la phagocytose très active dans la zone des amygdales, tous ces facteurs concourent à rendre plus rares les attaques suivies de succès. L'air qui est puisé au dehors entre chargé d'infiniment petits, tandis qu'il ressort pur : ainsi l'a proclamé Tyndall, et ceux qui venus après ont inutilement recherché des parasites dans l'expiration des tuberculeux, comme Gi^ancher, Charrin, ou dans celle de l'homme sain, à l'exemple de Sti'aus et Wurtz, etc., n'ont fait que confirmer celte importante notion. D'ailleurs, le rôle de ces fosses nasales est mis en évidence par la fréquence relative des angines, des bronchites, chez ceux qui, pendant le sommeil surtout, respirent par la bouche.

Ces cavités, le nez, la bouche, le pharynx conduisent à l'arbre aérien ou au tube digestif, c'est dire qu'elle permet à nombre de microbes de s'introduire plus avant: transportés en quelque sorte avec les gaz atmosphériques, ou fixés sur les aliments, sur les solides, sur les liquides, sur les objets de toilette, sur les ustensiles de cuisine, sur tout ce qui peut venir au contact de la muqueuse buccale, etc., ces microbes pénètrent de préférence par le canal intestinal.

Dès leur entrée, dès leur arrivée dans ce long tractus, ils subissent les effets de la salive, humeur que de nombreux auteurs considèrent comme parfaitement impropre à atténuer les parasites variés qu'elle renferme. Sans doute, ces parasites appartiennent à des espèces multiples; mais, à l'état normal, ces espèces trouvent dans cette salive un milieu qui les laisse exister, sans aller jusqu'à faciliter une reproduction rapide, un fonctionnement actif. S'il en était autrement, nous serions sans cesse en butte aux attaques des pneumocoques, des streptocoques, des staphylocoques, etc. ; nous serions constamment sous le coup de ces affections isolées ou combinées. Or, le plus habituellement, il n'en est rien; en général, il est môme nécessaire de pratiquer et cultures et passages pour obtenir des types virulents. Aussi sommes-nous portés à attribuer à ces sécrétions, à l'exemple de Sanarelli, quelques qualités nuisibles aux agents pathogènes, qualités évidemment relatives qui n'ont rien de comparable aux attributs du bichlorure de mercure. A vrai dire, si ces humeurs étaient antiseptiques au degré de ces sels de mercure, nos tissus seraient les premiers à en subir les conséquences. — Hugenschmidt fait intervenir les qualités chimiotactiques des liquides buccaux.

Au niveau des amygdales, les germes plus qu'ailleurs peut-être font effort pour pénétrer dans la circulation; divers médecins, en Angleterre principalement, estiment que les maladies infectieuses rencontrent là une porte qu'elles parviennent à forcer; quelques virus même s'installeraient dans ces organes, faisant de ces amygdales le siège, l'habitat, d'où partiraient, comme dans la diphtérie, les poisons microbiens; ces poisons se rendent aux centres nerveux, au rein, à l'intestin, au foie, au cœur, pour créer la fièvre, l'albuminurie, l'entérite, une série de symptômes ou de lésions.

D'innombrables phagocytes veillent heureusement autour de ce point vulnérable; Rûfl'er les a saisis, les a fixés dans leurs phases de combat, comme il les a saisis, fixés dans toute la longueur du conduit alimentaire, toujours plus abondants, plus vivaces dans les sphères lymphoïdes.

Cette défense n'exclut pas l'intervention du mucus qui par ses propriétés agglutinatives maintient les ferments figurés à la surface, tandis qu'il les détériore par ses vertus bactéricides. — Sur tout le trajet de l'œsophage, une pareille protection, associée à l'épithélium assez épais dans ce canal, rend les inoculations positives très rares dans cette partie des voies digestives.

DÉFENSES AU NIVEAU DE LA 1U)LCIIE, DU l'IlAP.YNX, DE L'ESTOMAC. 1",

Dans rcstomac, les processus Loxifjiies, ou i)lulôL chimiques, passent au premier rang^. Peul-ôlre, cependant, a-t-on exagéré le rôle de l'acide chlorliydrique, l)ien qu'il soit difficile d'apprécier, in vitro, la part d'un principe qui, dans l'organisme, se Irouve associé à une série d'éléments variés. 11 nen demeiu-e pas moins élabli (pie l'intégrité fonctionnelle de cette muqueuse gastri([ne consei'\e son importance; si cette intégrité fléchit, l'infection devient plus frécjuenle; d'un autre côté, l'expérimentation enseigne que, pour favoriser l'évolution d'un virus, il est bon d'alcaliniser les sucs stomacaux.

La bile, elle aussi, étudiée isolément, apparaît douée de qualités antisepticpies médiocres; Charrin, Roger, Bufalini, Gley, Lambling, etc., ont élabli le fait. Pourtant, la clinicjue proclame que les fermentations putrides s'accroisseni chez les ictériques.

Il est, du reste, permis d'appliquer à cette sécrétion, comme à celle du pancréas, des glandes de Brunner, de Lieberkuhn, les remarques formulées à propos des produits de l'estomac; il est clair que, dans le tube digestif, une foule d'associations, de combinaisons, de dédoublements, de décompositions peuvent se réaliser; ces opérations font absolument défaut, quand on agit extérieurement, dans un ballon, dans un tube de culture. Il convient, en outre, de remarquer que les canaux biliaires amènent dans l'intestin, près de l'origine de l'iléon, un volume d'eau considérable; cette eau entraîne mécaniquement d'énormes proportions de bactéries. Il n'est que juste de compter avec ce mouvement d'expulsion que les purgatifs accentuent notablement, ainsi que l'ont prouvé Gilbert et Dominici,

Cette protection, d'essence physique, est encore plus accentuée lorsqu'on prend en considération les voies d'excrétion de telle ou telle glande. — Que la salive cesse de balayer le canal de Sténon, que la bouche, que le cholédoque, que le conduit deWirsung, que les uretères soient desséchés, des parolidiles, des angiocholites, les infections du pancréas, du rein, par une sorte d'ascension, ne tarderont pas, le plus souvent, à se manifester.

Dans l'intestin, les microbes rencontrent des principes plus ou moins nuisibles, des corps ammoniacaux, de l'hydrogène sulfuré, des acides gras, de l'indol, du scatol, du phénol, des composés aromatiques: l'oxygène fait défaut pour les aérobies; la concurrence vitale, les toxines fabriquées par une série de ferments putrides, tous ces facteurs, d'autres avec eux, constituent pour les germes des conditions médiocrement favorables.

Aussi, le plus ordinairement, ces germes n'ont pas la vigueur nécessaire pour s'échapper, pour franchir les parois, pour pénétrer dans le milieu clos, dans le milieu intérieur. Ce passage s'effectue, en dehors des instants de l'agonie, quand des accidents, des intoxications, des modifications diverses, telles ([ue la congestion, l'étranglement, les ulcérations, etc., viennent à se réaliser : Ettlinger, Sittmann, Beco, Wurtz, Phulpin, Achard, Charrin, etc. l'ont démontré.

Cependant, moins rarement qu'on ne l'a cru, la loi de Pasteur, qui proclame stériles le sang, les viscères profonds, subit des exceptions; au moment de la digestion, d'après Desoubry et Porcher contredits par Neisser, sous l'influence des oscillations thermiques, des fatigues légères, des privations, des commotions nerveuses, etc., les agents pathogènes s'introduisent dans la circulation.

Lorsque les défenses, que la nature a placées au voisinage des portes d'entrée le plus habituellement suivies par les parasites, ont été insuffisantes, lorsque ces parasites, en dépit des protections situées au niveau de la peau, des voies génilo-

[A. CHARRIN.I

154 ÉLÉMENTS INTESTINAUX GERMICIDES. — PLASMAS ET RÉSISTANCE.

urinaires, do l'appareil rcspiialoirc, du lubo digestif, ont pénétré dans l'intimité des tissus, ces tissus sont-ils à cette période livrés à ces ennemis venus du dehors, sans possibilité de résistance?

Il est heureusement permis de répondre que ces tissus ne sont pas dépourvus de tout moyen d'action. Pour s'en convaincre, il suffit de constater combien le contenu vasculaire est peu hospitalier pour les bactéries; ces bactéries, sauf aux heures finales, ne trouvent pas dans ce contenu, du moins le plus souvent, des conditions facilitant leur pullulation, leur fonctionnement; elles passent; elles gagnent promptement la rate, la moelle des os; elles ne s'installent pas dans les vaisseaux.

L'acide carbonique des veines nuit aux aérobies, l'oxygène des artères aux anaérobies; le sérum renferme des albumines plutôt hostiles à l'évolution des microbes; la pression, la vitesse, le mouvement interviennent dans des proportions minimes, quoique réelles; les leucocytes exercent une phagocytose d'autant plus active c|ue sous l'influence des autres facteurs les infiniment petits ont déjà subi un affaiblissement marqué.

Launder-Brunton, Maragliano, etc., ont vu l'état bactéricide osciller avec levS proportions des sels, du chlorure de sodium en particulier. Fodor a soutenu que l'alcalinité du sang joue un rôle notable; il a conseillé l'usage du bicarbonate de soude ; Calabrese a insisté sur cette donnée : peut-être faut-il tenir compte de cette notion pour interpréter quelc|ues-uns des effets des sérums, surtout des sérums artificiels. — .Je suis convaincu du rôle de la minéralisation des tissus : les conceptions de Gaube, du Gers, les remarquables travaux de Bertrand sur la constitution des ferments oxydants, principes qui apparaissent comme des composés à base minérale, manganèse ou autre corps, sont des plus suggestifs. Dans ces derniers temps, j'ai poursuivi, avec Cassin, des expériences qui ont mis en lumière l'efficacité de différents sels, dans une certaine mesure toutefois, au cours de la lutte contre l'infection. Fréquemment, nous avons vu ces sels retarder la mort des animaux inoculés à l'aide du bacille pyocyanique, ou intoxiqués par ses toxines comme par celles de la diphtérie. Les résultats complètement heureux, les guérisons se sont montrés rares; on ne les a enregistrés que dans les cas où on a employé un virus peu énergique; en revanche, il est plus commun de voir des lapins, des cobayes résister durant deux, quatre, six jours quand ils ont reçu ces sérums artificiels, alors que les témoins succombent en vingt-quatre heures.

Pour moi, je pense qu'il convient d'admettre ces données, en les rapprochant, dans leurs grandes lignes tout au moins, des faits avancés par Chéron, de Fleury, Hutinel, etc., etc.; je crois à l'utilité de ces composés ou plutôt à celle de leurs attributs, aussi bien qu'à l'efficacité des liquides puisés chez les êtres immunisés; IcjS différences se traduisent avant tout par la rapidité, par l'intensité des résultats.

Les mécanismes mis en jeu par ces produits si divers pour assurer la défense offrent, à plusieurs points de vue, et des analogies et des ditférences. Tous stimulent la vitalité cellulaire ; tous incitent le système nerveux, s'opposent à la paralysie des centres dilatateurs, à la généralisation du mal, etc. ; j'estime l'avoir prouvé, avec le professeur Bouchard, à propos des principes empruntés aux vaccinés; j'estime que nous avons, à cet égard, remplacé des affirmations par des notions positives, notions que Denys, grâce à des expériences de premier ordre, a placées hors de contestation. — Ces incitations du névraxe agissent sur les

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