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STIMULATIONS NERVEUSES. — MATIÈRES MINÉRALES

vaso-moteurs, partant sur la répartition dos plasmas, des sérosités nuisibles aux parasites ou à leurs produits, comme aussi sur celle des hématies, des leucocytes défenseurs; il y a là des antagonismes physiologiques plutôt que des neutralisations chimiques. On comprend, dès lors, pourquoi ces produits qui élargissent les capillaires, rendant aisée la sortie des éléments solubles ou figurés chargés de la protection, se révèlent utiles à l'économie.

Les ressemblances cessent évidemment d'exister, lorsqu'on envisage les modifications réalisées vis-à-vis des germes ou de leurs sécrétions; si, pour une part, ces composés artificiels sont microbicides ou antitoxiques, ceux qui dérivent des réfractaires jouissent de ces qualités, des premières ou des secondes, ou des unes et des autres, à un degré tout spécial infiniment plus élevé.

Il y a autre chose. — En premier lieu, ces sels fixent certaines toxines; en second lieu, beaucoup de sécrétions microbiennes, les albumoses particulièrement, dialysent difficilement. Or, dans l'économie, je l'ai reconnu avec Cassin, à tout instant s'opèrent des phénomènes de cet ordre; des membranes, les séreuses, la plèvre, le péricarde, les synoviales, les coques cellulaires, etc., paraissent propres à remplir ces fonctions de dialyseur. Comme chacun sait que la densité, que la minéralisation d'un liquide font osciller les tensions osmotiques, les processus de cette catégorie, on comprend que l'administration de composés riches en soude, en chaux, en magnésie, en potasse, etc., puisse encore intervenir de cette façon. Or, amoindrir les effets des toxines, c'est concourir à la lutte vis-à-vis des êtres producteurs de ces toxines.

Kitasato, Weyl, d'autres avec eux, ont vu que l'addition soit d'éléments minéraux, soit des réducteurs, des oxydants, de l'urée, avaient une action marquée sur la multiplication des agents pathogènes. C'est, en partie, aux proportions si variables de ces substances dans les organes que des auteurs ont rapporté les dissemblances morphologiques ou fonctionnelles d'une bactérie, suivant qu'on la colore, avec Cardarelli, dans le foie, le rein, la rate, le muscle, suivant qu'on la cultive, avec Bitter, Duclert, Charrin, dans des bouillons préparés isolément avec l'un ou l'autre de ces organes : telle mucorinée, avide de glycogène, pullule de préférence dans le parenchyme hépatique; tel bacille, qui se nourrit spécialement de protéines, de peptones, habite principalement les zones spléniques ou glomérulaires.

A la vérité, on retrouve disséminées çà et là les protéides défensives, les albumoses antitoxiques de Hankin, principes particulièrement abondants dans le milieu splénique ; il est même établi que ces corps ne sont pas étrangers à la genèse des conditions relativement peu hospitalières que les infiniment petits rencontrent dans les sérosités, le mucus, le lait, les larmes, les sécrétions glandulaires, etc. Néanmoins, ces composés ne sont pas les seuls; que le diabète fasse prédominer le sucre, les acides gras, aussitôt dans la bouche, sur la peau, dans les poumons, la flore parasitaire entre en évolution; ces modifications interviennent plutôt en afTaiblissant la résistance des éléments anatomiques qu'en exaltant la virulence.

Ces protections tiennent à la minéralisation des organes, à l'oxygène, à l'acide carbonique des humeurs, aux matières bactéricides ou antitoxiques que la nature crée, que la vaccination développe, comme elle développe la phagocytose; ces protections relèvent du défaut d'alcalinité, des variations de composition des tissus, de leurs oscillations thermiques, de l'agitation du sang, de la lumière qui agit et sur nos cellules pour les fortifier, et sur les germes de nos

[A. CHARBIffi

156 PROTÉINES UTILES. — VARIATIONS THERMIQUES. — ACCOUTUMANCE.

revêtements externes pour les atténuer. Or, à ces protections s'ajoutent quelques autres défenses, à la vérité moins constantes, moins primordiales.

Le froid permet à certains animaux de résister au charbon, à diflerents assaillants. — Chez les oiseaux, la chaleur remplit cet office, et même, chez l'homme, pour Rickhert, Lôwy, Maurel, Nebelthau, une fièvre légère serait utile; Cheinissc a publié sur ce sujet d'intéressantes expériences.

L'épuisement alimentaire entre en ligne de compte dans les expériences faites in vitro ; cet épuisement est exceptionnel dans l'économie, où tout se renouvelle, en dépit de l'inappétence; l'influence des matières empêchantes prédomine. D'ailleurs, invoquer cette défense, c'est supposer que l'ennemi est parvenu à se multiplier, à fonctionner, malgré les obstacles placés aux portes d'entrée, malgré les conditions défavorables qui font que le plus souvent les microbes qui s'aventurent dans l'intimité des viscères ne réussissent pas à se développer.

Dans ces conditions, de la vie même de ces agents dérive, pour l'économie, une nouvelle protection, qui n'est autre que l'action nocive pour leur activité de leurs propres sécrétions : cjuand l'hématozoaire a rempli la circulation de ses produits, sa virulence fléchit, il est contraint de se réfugier dans la rate. Ce qui se passe in vitro, à cet égard, se passe également dans l'organisme.

On a dit encore, avec Boiiaduce, Birmer, etc., que l'accoutumance, que l'insensibilité aux toxines étaient une garantie de notre résistance. La chose, à coup sûr, dans quelques cas est possible; toutefois, il convient de reconnaître que cette accoutumance est une défense de second plan; elle n'entre en scène qu'au moment où ces toxines existent, au moment où l'ennemi a évolué. — On peut en dire autant de l'électricité que quelques auteurs ont invoquée, en rappelant, d'une part, que dans l'intimité des tissus existent une série de courants, en remarquant, d'autre part, que Smirnow, Kruger, d'Arsonval, Charrin, Bonome, Viola, Casciani, Dubois, etc., ont altéré quelques produits bacillaires à l'aide de ce fluide.

A cette heure critique, heureusement, des moyens divers sont mis en œuvre par l'économie pour lutter.

Au premier rang sont les procédés d'élimination. Par le rein, par l'intestin, par la peau, par le poumon pour les éléments volatils, par toutes les glandes, cette économie se débarrasse des substances toxiques fabriquées par les bactéries; plusieurs de ces bactéries disparaissent avec leurs sécrétions, en suivant ces voies d'épuration; de ce chef, la quantité, facteur important, diminue; la phagocytose trouve là un auxiliaire, comme elle en trouve dans l'épuisement rapide de ces êtres microscopiques.

D'autres viscères, le corps thyroïde, le foie, les capsules surrénales, atténuent les efîets nuisibles des poisons bactériens; en dehors des résultats réalisés par les combinaisons, les dédoublements, les hydratations, métamorphoses qui s opèrent dans les actes intimes de la nutrition, ces viscères complètent l'œuvre des humeurs antitoxiques.

Il existe même, pour des infections localisées dans des sphères spéciales, des tissus particuliers doués de qualités pour ainsi dire spécifiques nécessitées par ces localisations; c'est le cas de la muqueuse intestinale, dont je viens de mettre en évidence les fonctions en quelque sorte antitoxiques, fonctions dont le grand nombre des maladies à foyer digestif fait saisir l'importance.

On sait qu'une foule de corps, qui paraissent très toxiques quand on les introduit par les veines ou la peau, perdent, en partie, cette toxicité, si on les

ÉLIMINATION. — MÉTAMORPHOSES. — PORTES D'ENTRÉE ET TOXINES. iôT

fait pcnélrcr par le tube digestif. — En 1887, Charria a prouvé que les sécrétions du bacille pyocyanique Qbéissent h cette loi; cette démonstration a été, depuis lors, réalisée pour -différentes toxines, pour celles de la diphtérie, du tétanos, par exemple. A l'aide d'une série d'expériences poursuivies au laboratoire du professeur Bouchard, qui des premiers a vu l'innocuité relative des produits cholériques déposés dans le conduit alimentaire, Charrin et Cassin se sont efforcés de mettre en évidence les raisons propres à expliquer ces phénomènes.

On rend malade, on tue en injectant dans la circulation des doses toxiques égales à 5, 10, 15; on provoque des désordres le plus souvent inappréciables en administrant par la bouche 20, 50, 50 de ces mômes cultures débarrassées, par la chaleur ou la fdtration, des microbes vivants. On obtient des résultats identiques soit lorsque au préalable on alcalinise l'estomac, soit lorsqu'on dépose ces principes stérihsés directement dans l'iléon, en évitant le passage par cette cavité gastrique; on ne saurait donc mettre en cause les sucs qu'elle contient. On ne saurait, d'autre part, incriminer exclusivement le contenu, ferments, sécrétions, etc., du canal ahmentaire, attendu que les effets sont sensiblement égaux, quand on a eu soin de balayer, pour ainsi dire, ce contenu; son intervention possible ne peut tout expliquer; à la vérité, il se renouvelle, et on doit tenir compte des changements imposés par les attributs digestifs de ces liquides dans le cas où ils sont en suffisante abondance. — D'un autre côté, en emprisonnant environ 15 à 25'='= de toxines dans une anse de 50 centimètres de long, entre deux ligatures, on s'assure que cette dose, au moins en apparence, a disparu soit en partie, soit parfois en totalité, au bout de quelques heures. Or dans ces conditions, les dispositions anatomiques conduisent à invoquer l'intervention du foie ou celle de la paroi intestinale.

Il est certain, comme le fait a été établi en 1888, que vis-à-vis de ces composés pyocyaniques, surtout vis-à-vis de ceux que l'alcool dissout, le tissu hépatique exerce, dans des circonstances spéciales, une protection relative. Si, par exemple, on injecte rapidement, en une fois, par la veine porte ou par celle de l'oreille, des quantités considérables capables de tuer en quelques heures, on note des phénomènes immédiats plus graves, dans la majorité des cas, chez les animaux qui ont reçu ces quantités par la circulation générale; néanmoins, chez les premiers comme chez les seconds, ces désordres sont importants; tous ces lapins succombent à peu de distance les uns des autres.

Ces différences diminuent au point de disparaître, si on vient à procéder différemment; en tout cas, la protection du foie est absolument insuffisante pour expliquer l'immunité observée. Bien entendu, dans ces injections intra-portales, on tient compte de la durée, de la lenteur de la pénétration, des volumes, etc. On arrive donc à faire jouer forcément un rôle à la paroi intestinale. D'ailleurs, si on altère la couche superficielle de cette paroi par le curettage, par la chaleur sèche ou humide à 65-70°, par un courant d'eau, par du tannin, de l'iode, etc., en ayant soin de laver tout de suite après, on reconnaît que la même quantité de toxine introduite dans des anses d'égale longueur tue et plus rapidement et autrement.

Déjà, Stich, Ribbert, Charrin, Fermi, Pernossi, Denys, Répin, Queirolo, etc., plus récemment Tedeschi qui s'est servi de l'abrine, Alcsso Pielriqui a utilisé la toxine diphtérique, ont invoqué ce rôle de l'épithélium; toutefois, des expériences de ces auteurs on ne dégage pas nettement la notion d'une intervention

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