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FOIE ET INTESTIN. — COMPARAISON DES ROLES ANTITOXIOUES

active de la muqueuse. On voit, par exemple, dans les faits de Oueirolo, le sang, les humeurs, les urines devenir plus toxiques lorsque répithélium manque; mais il est permis de se demander si cet excès de toxicité est dû à ce que le poison qui vient de l'iléon n'a pas été modifié, l'agent modificateur ayant été supprimé, ou bien tout simplement à ce que ce poison a passé plus vite, plus abondamment dans le sang, une des barrières mécaniques étant enlevée; or, il n'est pas nécessaire de démontrer que cette couche interne nous protège mécaniquement : on le sait depuis longtemps.

Ce qu'il faut établir, c'est qu'en pathologie ces cellules se comportent comme en physiologie; nul n'ignore leur action sur les peptones, sur les graisses, notions intéressantes à rapprocher de la composition des toxines qui comportent des albumines, des éléments plus ou moins analogues aux diastases.

Les recherches poursuivies par Cassin et Charrin paraissent mettre en lumière cette fonction protectrice active. — En premier lieu, les sécrétions microbiennes sont plus toxiques quand elles pénètrent par les vaisseaux périphériques, la veine porte, la peau, que lorsqu'on les dépose dans l'intestin, même en tenant compte des volumes, aussi bien que des lenteurs de pénétration; en second lieu, la protection hépatique est insuffisante pour expliquer ces faits; en troisième lieu, les accidents sont plus rapides, les lésions varient, lorsque ces toxines arrivent au foie après avoir traversé un intestin dépourvu de sa couche interne, notion propre à établir qu'il n'y a pas là simplement un passage devenu plus aisé par suite d'une diminution d'épaisseur de la paroi à franchir; en quatrième lieu, on vaccine assez facilement — à la condition d'observer une technique spéciale — en injectant ces produits bacillaires par la peau, la veine porte, la veine périphérique, en introduisant le sérum de sujets qui, quelque temps avant, ont reçu ces mêmes produits par ces mêmes voies; on vaccine, au contraire, rarement, plus difficilement, en déposant quelques-uns de ces composés dans l'intestin ou en utilisant le sang, le sérum des lapins qui les ont ingérés ; on est donc conduit à penser que ces produits, au contact de la couche interne, follicules clos, surtout épithélium, se modifient physiologiquement.

Ces derniers résultats, en raison de l'infime quantité nécessaire, d'après le professeur Bouchard, pour accroître la résistance, ne sont pas en faveur de l'opinion soutenue pour l'abrine et la ricine, du moins en faveur de l'application de cette opinion aux travaux de Charrin et Cassin. Il n'est pas facile d'admettre pour ces produits pyocyaniques, dont, il est vrai, certaines parties dialysent mal, qu'il s'agisse uniquement d'une simple lenteur de dialyse; on devrait alors immuniser plus énergiquement; il suffirait d'attendre durant quelques heures, quelques jours.

Dans le mécanisme intime de ces phénomènes, divers processus, la dialyse, des lenteurs, des difficultés d'absorption, la rétention, la fixation de ces toxines, la combinaison de ces procédés, etc., peuvent intervenir; en tout cas, la couche interne de l'intestin exerce vis-à-vis de certains poisons microbiens une protection active, en dehors d'un rôle passif que nul ne conteste, en dehors de l'élimination simple appliquée par Répin ou Ransom au poison tétanique.

La voie digestive est la voie naturelle de pénétration d'une foule de poisons ; l'étendue de son épithélium est considérable ; le péristaltisme place ces poisons en présence de zones successives de sa muqueuse, toutes considérations qui font concevoir l'importance de cette propriété défensive. Il faut, à ce titre,

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