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FONCTIONS DE LA MUQUEUSE INTESTINALE

considérer ces cellules inleslinales comme des cellules glandulaires, comme des cellules physiologiques, comme celles du foie, par exemple; leur dégénérescence, suivant Klemperer, -leur nécrose ont en matière de pathologie de graves conséquences. — Le séjour des toxines au contact de cet intestin lavé avec soin, ou même non lavé, peut les modifier; dans ces conditions les parties spécifiques, vaccinantes ou morljifiques, demeurent parfois plus ou moins longtemps dans le protoplasma des cellules.

Quelques-uns de ces effets dépendent de la nature colloïde des principes qui par suite de leur composition se trouvent retenus pendant un temps, il est vrai, variable, comme le prouve l'analyse des changements intimes ; cette muqueuse agit sur les albumines bactériennes aussi bien que sur les protéines alimentaires qui, peptones en deçà, ne le sont plus au delà; de récentes expériences de Charrin, Cassin et de Nittis tendent à mettre en évidence l'existence dans cet épithélium de corps antitoxiques. En somme, le foie intervient pour modifier les poisons bacillaires solubles dans l'alcool, plus ou moins alcaloïdiques; l'intestin, de son côté, exerce son action sur les principes microbiens albumosiques.

Cette fonction est d'autant plus importante que l'intoxication, on le sait, favorise l'infection; le professeur Bouchard, en particulier, a établi que les toxiques nés dans le tube digestif hâtent l'évolution des pyogènes. Il en résulte que cet épithélium protège l'économie soit en transformant les toxines des agents pathogènes qui sécrètent dans la cavité de l'iléon, soit en métamorphosant les substances nuisibles issues de la vie des ferments putrides, substances qui, résorbées sans avoir subi de modification, pourraient faire naître une affection de nature infectieuse; peut-être même cet épithélium est-il capable d'avoir une action sur des composés empruntés au monde extérieur. En tout cas, ces observations nouvelles mettent en lumière, une fois encore, et les obstacles que rencontrent, au niveau des portes d'entrée, les ennemis de l'organisme, et la portée des processus antitoxiques, processus dont l'histoire est si récente.

En réalité, tout microbe qui part des milieux ambiants pour aller attaquer les tissus, pour s'introduire dans les viscères, pour créer la maladie, se heurte successivement à différents groupes de défense, qui correspondent aux diverses phases de cette attaque.

En premier lieu, ce microbe éprouve l'influence débilitante des agents atmosphériques, plus spécialement de l'oxygène, de la température, de la lumière; il atteint les revêtements cutanés ou muqueux à un instant où il est déjà frappé. Au niveau de ces surfaces il subit le contact des acides gras s'il est placé sur la peau, celui du mucus s'il s'introduit dans les voies respiratoires, celui des sécrétions vaginales, de l'urine s'il pénètre par l'appareil génito-urinaire; ce parasite, cet agent pathogène est soumis à l'action de la salive, de l'acide chlorhydrique, de la bile, des sucs intestinaux, des produits pancréatiques, des composés aromatiques, ammoniacaux, sulfurés, des toxines, des ferments putrides, des gaz hydrogénés, s'il entre dans le tube digestif, s'il choisit le chemin le plus fréquemment suivi, mais aussi un des mieux gardés. Ces principes l'affaiblissent, le rendent impropre à franchir la barrière épithéliale qui le sépare de la circulation; si quelques unités parviennent à passer, les phagocytes les englobent, les plasmas les anéantissent.

En raison de leur nombre, de leur vigueur, en raison des variations de la

[i4. CHARRIN. 1

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