GRADUATION DES OBSTACLES OPPOSÉS AUX BACTÉRIES
proteclion, variations olji'issant, pour une part, aux oscillations du système nerveux, les assaillants réussissent quelquefois à se glisser dans les vaisseaux. — Là, une troisième catégorie d'obstacles se dresse devant eux.
Les humeurs, le sang, les sérosités, les sécrétions, les produits pathologiques, le pus, par exemple, constituent des milieux médiocrement favorables aux germes. Dans la circulation générale, le mouvement, la pression, l'alcalinité, les qualités microbicides du sérum, les attributs phagocytaires des leucocytes, l'oxygène des artères pour les anaérobies, l'acide carbonique des veines pour les aérobies, tous ces éléments, d'autres encore, les obligent à se réfugier dans la profondeur des viscères.
Au sein de ces viscères existent des protéides défensives, des albumoses antitoxiques, protéides, albumoses dont l'abondance change d'un tissu à l'autre, comme change la teneur en sels, en aliments réservés aux infiniment petits, en réducteurs, en oxydants, etc. ; ces différences impliquent de grandes inégalités dans l'évolution suivant le siège du virus.
Si d'un parenchyme au parenchyme voisin on voit varier les procédés, les facteurs de la résistance, à plus forte raison observe-t-on ces variations quand on passe d'une espèce animale à une nouvelle. C'est ainsi que de basses températures sont une garantie pour les batraciens ; une chaleur de 40, 42 permet aux oiseaux de résister; l'hyperthermie de la fièvre, en particulier, d'après Cheinisse, interviendrait dans un sens analogue.
En dépit de ces défenses, le mal quelquefois se développe; les bactéries se multiplient, fabriquent leurs poisons morbifiques : même à celte période, l'économie sait mettre en jeu des procédés d'un autre ordre, jusqu'alors tenus en réserve. Elle ouvre largement les voies d'élimination: à l'aide du rein, de l'intestin, des glandes de la peau, du poumon, elle entraîne au dehors de grosses quantités de ces poisons morbifiques, mélangés à l'urine, au contenu du tube digestif, à la sueur, à l'air expiré. Elle modifie une partie de ces composés bactériens nuisibles par la dialyse, par des combinaisons, par des dédoublements, par le fonctionnement du foie, des capsules surrénales, des épithéliums, etc. Si l'afi'ection se déroule dans une zone spéciale, dans le canal alimentaire par exemple, la muqueuse ralentit l'absorption, métamorphose les albumines offensives, tandis que le parenchyme hépatique amoindrit les attributs des éléments solubles dans l'alcool, moins éloignés que ces albumines offensives des corps alcaloïdiques.
A mesure que le mal évolue, les toxines défavorables à nos propres cellules parfois s'accumulent au point de nuire aux parasites qui les ont engendrées; le phénomène se réalise de temps à autre dans des foyers enkystés. Parfois aussi prend naissance une sorte d'accoutumance, d'insensibilité à ces toxines, et même après la lutte, dans le cas de survie, l'activité cellulaire répare le mal dans la mesure du possible.
Mais les protections les plus efficaces, aux heures de lutte intense, proviennent des modifications rapides imposées soit aux humeurs, soit aux cellules. On ne tarde pas, en effet, à constater l'apparition d'un état bactéricide ou antitoxique; cet état n'est autre chose que le résultat des changements nutritifs provoqués dans les tissus par les sécrétions des agents pathogènes : c'est un début de vaccination, ainsi que l'a clairement établi le professeur Bouchard. En s'accentuant de jour en jour, il met obstacle à la pullulation des infiniment petits; il atténue la toxicité de leurs produits; partant, il fait fléchir et la quan-