GENÈSE DE LA SUPPURATION. — DÉGÉNÉRESCENCES
d'alcalis albuminales qu'on les efTectuo; on obli(Mil ces extraits en faisant digérer les cadavres microbiens avec 0,5 pour 100 de lessive de soude, en s'aidant de fortes pressions, 500 à 500 atmosphères. Ces extraits, suivant la virulence, peuvent déterminer une série de lésions dégénéra tives, parmi elles la suppuration, de véritables processus de nécrose.
On sait clairement, aujourd'hui, que cette suppuration n'est pas autre chose que le résultat des détériorations, de la mortification que subissent les corps mobiles sous l'influence de diverses substances. Scheurlen avec de l'extrait de viandes pourries, Grawitz, Behring avec la cadavérine, Leber avec la phlogosine de l'aureus, Janowski, W'yssokowicz, une foule de bactériologues, en particulier Buchner, avec les protéines de dix-sept espèces, ont produit cette sup[)uration.
A l'aide des matières d'un ordre tout différent on aboutit au même résultat. Si Goodard, d'Arcet, Gunther, Sédillot, Castelnau, Ducrest, Cruveilhier, etc., ont utilisé des techniques défectueuses, si Hueter, Dembezack, Rauche, Halbaner, Straus, Klemperer ont échoué totalement, si Knapp, Tricomi, Zuckermann, Nathan ont eu des demi-succès, en revanche, Riedel, Councilmann, Uskoff", Grawitz, de Bary, Cohnheim, Christmas, etc., ont créé du pus en se servant du mercure, de l'huile de croton, de l'essence de térébenthine, du nitrate d'argent, du chlorure de zinc, de la glycérine, etc.
Ces expériences prouvent donc que constater la présence de ce pus n'autorise pas à affirmer absolument la nature parasitaire du mal ; elles prouvent, d'autre part, que les infiniment petits, en bouleversant la nutrition, sont peut-être capables de faire apparaître des substances propres à déterminer une dégénérescence particulière, puisque des corps, qui ne sont pas nés de la vie de ces infiniment petits, jouissent de cette propriété.
Il n'est que juste, toutefois, de reconnaître que Tétendue, l'importance, l'inoculabilité, la contagiosité d'une suppuration, constituent des caractères qui distinguent, le plus souvent, le pus de nature microbienne de celui qui a une autre origine. Même, entre le produit purulent de tel microphyte et celui de tel autre, il existe des nuances, quoique l'organisme qui, pour sa part, réagit et rend l'apparition de ce liquide plus ou moins facile, puisse atténuer ces nuances. Ces distinctions tiennent à ce que les agents pathogènes, pyogènes par essence ou susceptibles de le devenir à l'occasion, sont très ditïérents les uns des autres; ils sont nombreux; à ceux que Rosenbach a décrits, d'autres, parfois anaérobies, suivant Lubinski, Veillon, etc., doivent être ajoutés; Lemière estime que c'est là, pour ces agents, une faculté contingente.
A la suite des staphylocoques, des streptocoques, de l'albus, de l'aureus, dont les toxines, d'après Salvioli, jouissent d'intéressants attributs physiologiques, à la suite du flavus, du citreus, du csereus, du viridis, du flavescens, prennent place les bacilles de la morve, de la tuberculose, de la fièvre typhoïde, de la pyocyanine, le gonocoque de Neisser, de simples saprogènes ; puis, à côté des bactéries, se rangent les levures, l'oïdium albicans, les vers pour Leick, etc. Tous ces ferments figurés, par eux-mêmes ou leurs toxines, sont aptes à causer un phlegmon, un abcès, avec ses lésions nécrosiques, sa diapédèse, sa prolifération, sa phagocytose, ses cellules géantes à pathogénie si diversement interprétée, son tissu de granulations, sa membrane pyogénique ; ils peuvent entraîner la néoformation d'organites épithélioïdes issus soit des leucocytes uni- ou polynucléaires, soit du parenchyme propre, soit des clasmatocytes, des élé-
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