MODIFICATIONS DU MICR0I5E ET DU TERRAIN
vemenls de terrain qui aident à la dilïusion des toxiques volatils ou des agents conservés à l'abri de la sécheresse réveillent les épidémies.
L'ozone a une action bien inférieure à celle de l'oxygène; Christmas Ta reconnu; je l'ai constaté, avec d'Arsonval, bien que nous ayons eu aussi, au cours de ces essais, des résultats positifs. Si on procède, par fdtration, par contact intime, on obtient des effets l^acléricides dus pour une faible part à l'ozone môme, mais à la divisibilité infinie des licpiides qui permet à l'air, à ses composants d'agir; ce corps atténue aussi les toxines.
A côté de la chaleur, et peut-être avant elle, parmi les agents atmosphériques propres à influencer la marche des virus, leur gravité ou leur bénignité, prend place la lumière. Arloing, Roux, Straus, l'ont prouvé pour la bactéridie; Palerme pour le vibrion cholérique, Janowski pour le bacille d'Eberth, Ledoux-Lebard pour celui de Lôftler, Buchner pour celui du côlon ou le prodigiosus, Bordoni- UfTreduzzi pour le pneumocoque, Chmielewsky, Lubbert pour les pyogènes, d'Arsonval et Charrin pour le germe du pus bleu; Geisler, Raspe, Kotliar, Downes et Blunt, JMarshall Ward, Tyndall Pansini, Tizzoni, Cattani, Duclaux, Frankland, Uffelmann, etc., ont également étudié le rôle du spectre. — Si une couche de liquide un peu épaisse, de quelques centimètres, entoure les germes, d'après Wesbrook, cette action est diminuée, annulée.
En présence de ces données, dont le nombre le dispute à la précision, on voit combien les agents atmosphériques sont capables d'agir sur les agents pathogènes, de les atténuer, il est vrai, plus encore que de les exalter, à ce point que l'on a eu recours au spectre pour s'opposer à l'évolution des pustules varioliques; Juhel-Renoy, après Finsen, a indiqué ce procédé qui vient d'Angleterre; malheureusement, on a choisi les couleurs les moins actives. Grâce à ces faits, on saisit les conséquences qui dérivent de ces notions, pour la compréhension du mécanisme de la bénignité ou de la gravité des infections; dès lors, avec Berger et d'autres, on se fait une idée de l'antique et mystérieux génie épidémique.
Si un virus déterminé, celui de la fièvre typhoïde, par exemple, a longuement subi l'action de la chaleur, de la sécheresse, de l'aération, de la lumière, on conçoit que si, d'aventure, il vient à pénétrer dans un organisme, à moins que cet organisme ne soit particulièrement en état de réceptivité, l'affection, qui en sera la conséquence, revêtira les caractères les plus estompés; le contact de l'air a paru, dans plusieurs cas, amender la bacillose du péritoine, d'après Tschégolefï'C). — Il y a plus. — • Les virus sont des poisons ; or, on sait que la température influence les efï'ets des corps toxiques; c'est ainsi qu'en été l'atropine atténue les effets de la muscarine, de l'aconitine, plus encore de la pilocarpine; durant l'hiver cette atténuation est à peine marquée; la thèse de Saint-Hilaire renferme à cet égard d'intéressants détails.
Il convient cependant d'avouer que les choses ne sont pas aussi simples qu'elles le paraissent tout d'abord, et cela par la raison que si la cellule bactérienne est soumise à ces influences, la cellule de l'économie, nous l'avons indiqué, ne leur échappe pas. On sait, en particulier, d'après Hénocque, que l'alimentation, que la chaleur, que l'exercice, etc., accélèrent l'activité de réduction de l'oxyhémoglobine, alors que le jeûne, le froid, le surmenage, etc., l'abaissent.
Quand on saisit quelles modifications les agents aériens impriment aux virus, comme à nos tissus, on comprend que la grippe, que la pneumonie, que la
(') Voy. Trav. de Kischensky, de GalLi, de Carlo, etc. Cent. f. allg. P.. 1895, et Rif. med., l?9i.
lA. CHARRIN.]