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INFLUENCE DE LA PORTE D'ENTREE

dothiénentérie, que le choléra lui-même soient pour une part sous la domination de ces agents. — Wcillinger a montré à quel degré le bacille du côlon, facteur de tant de maux, ressent ces influences, influences d'autant plus puissantes qu'elles s'exercent et sur la graine et sur le terrain (').

On ne saurait trop insister, d'ailleurs, sur les ressemblances sans noml)re qui rapprochent les unes des autres ces deux cellules. — Le polymorphisme les caractérise; les éléments figurés du sang sont sphériques à la manière des coques; les épithéliums, pour la plupart, sont allongés à la façon des bacilles; les fibres élastiques sont enroulées à l'exemple des vibrions. Les unes et les autres de ces cellules consomment de l'oxygène, de l'azote, exhalent de l'acide carbonique; les unes et les autres sont soit aérobies, soit anaérobies; les unes et les autres possèdent un noyau ou en sont dépourvues. Les unes et les autres, en dehors des albumines, des alcaloïdes, des diastases intimement unies au protoplasma, fabriquent des acides, des gaz, des poisons du sang, de la lymphe, du bulbe, des nerfs, des muscles, etc. ; les unes et les autres, troublées dans leurs fonctions, dans leur nutrition, promptement, passagèrement, au plus fort de la lutte, ou plus tard après la mêlée, donnent naissance à des corps qui engendrent la dyspnée, l'entérite, des convulsions, des oscillations thermiques, des corps générateurs de désordres morbides, des corps toxiques, comme aussi des principes antitoxiques. D'ailleurs, suivant la conception du professeur Bouchard, il n'y a pas deux biologies, etc.; on peut, à cet égard, remarquer, avec Maragliano, que, si les toxines changent le sérum, les produits cellulaires, Fabrine, la ricine le modifient également (-); c'est ainsi qu'il devient globulicide dans la chlorose.

Les conditions qui régissent la gravité ou la bénignité des maladies virulentes tiennent soit aux germes, soit à l'économie; une seule est pour ainsi dire intermédiaire : celle de la nature de la porte d'entrée choisie par ces germes pour s'introduire.

L'injection dans les vaisseaux constitue le procédé qui rend leur diffusion la plus prompte; grâce à cette promptitude, les microbes se répandent dans tous les tissus avant d'avoir eu le temps de s'atténuer. Si la majorité d'entre eux est transportée dans des viscères dont la composition offre à leur évolution des éléments de médiocre qualité, il en est toujours quelques-uns qui rencontrent l'organe de prédilection.

Au cours de recherches, poursuivies avec Duclert, j'ai pu montrer combien un même bacille se développe différemment, suivant qu'on le dépose sur du foie, de la rate, du rein, du poumon, du cerveau, des muscles, de la moelle des os, sous le périoste, etc. Ces différences tiennent à ce que l'organisme est composé d'une série de milieux distincts justaposés, d'une collection de tubes de cultures renfermant des aliments divers, que les microbes par nature ou par habitude connaissent plus ou moins; ces différences tiennent aussi à ce que dans le canal alimentaire, le sang, les tissus, se rencontrent des principes nuisibles aux microphytes : Roger a classé les viscères par ordre de réceptivité suivant les bactéries.

Dans quelques circonstances, la porte d'entrée, suivant qu'elle est vasculaire

{'■) Voy. pour les détails relatifs aux agents aériens, aux agents physiques, chimiques, le chapitre m. Voir aussi les articles de d'AnsoNVAL, Lejars, Le Noir; de même pour les portes d'entrée, voir le chapitre m.

(-) Faits del'abrine, delà ricine (Eiuilich).— Exp. inéd. (Bouchard) avec des sels de potasse.

QUANTITÉ, QUALITli DU VIRUS. 1157

OU cutanée, fera qu'un virus sera préservalii' ou morlcl; c'est l'histoire du charbon symptomatiquc, de la gangrène gazeuse; leurs germes probablenaent rencontrent trop d'oxygène dans le sang. — Il est admissible que ce soit encore l'histoire de certaines résistances, de certaines immunités partielles que l'on décèle chez des individus, chez des animaux passant leur vie dans des milieux d'hôpital ou de laboratoire; pour une très faible part, les substances vaccinantes ou du moins quelques substances vaccinantes, sont peut-ôtre volatiles, à l'inverse de celles que l'alcool précipite; dès lors, à noire insu, les voies respiratoires peuvent les absorber par doses infimes mais répétées : je poursuis, avec de Nittis, des expériences propres, si la chose est possible, à éclairer ces questions.

La pathologie humaine nous offre des exemples typiques de ce rôle de la porte d'entrée. La variole congénitale est plus grave que la variole acquise; la première pénètre, au travers du placenta, dans le sang du fœtus; la seconde est obligée, avant d'infecter l'économie, de franchir le plus ordinairement l'arbre aérien. Et la syphilis héréditaire, que de distance entre elle et celle que contracte un adulte! Le chancre ne se v^oit pas; en revanche, accidents secondaires, accidents tertiaires, accidents cutanés, accidents viscéraux, tous sont confondus. Le virus, qui est entré librement par les vaisseaux, a eu vite fait de contaminer l'être entier; il n'a subi aucune étape dans les ganglions ou autres points préposés à la défense de l'organisme. — Injectez, comme l'ont fait Chauveau, plus récemment Straus, Saint-Yves Ménard, Chambon, le virus vaccin dans les v^eines d'un animal; il en résultera de la fièvre, des éruptions plus ou moins diffuses, et non des boutons localisés.

Les facteurs qui régissent les tensions superficielles, osmotiques, l'absorption, la dilatation des capillaires, l'état de leurs parois, la vitesse, la pression du sang, etc., entrent ici en ligne de compte; pour des toxiques, pénétrer plus ou moins aisément est chose importante.

Il est également permis de remarquer que plusieurs toxines, au cours des associations microbiennes surtout, agissent parfois en même temps; elles peuvent s'annuler, se neutraliser, ou, le plus souvent, se fortifier mutuellement : il y a là des questions de dose, de proportion, comme aussi des conditions d'attributs spéciaux. — Les lois des toxiques s'appliquent à ces composés; malheureusement, on les connaît trop peu pour déduire leurs effets nocifs de leur poids moléculaire, de leur poids atomique, en se basant sur les recherches de Poluta, Mendelejeef, Richet, etc.

Ainsi la qualité, la quantité du virus jouent un rôle dans les processus intimes qui gouvernent le pronostic. Le choix de la porte d'entrée, qui conduit au terrain que va gagner ce virus, intervient aussi. Il s'agit de voir si la vitalité de ce terrain, suivant les vraisemblances, exerce une influence ; si cette influence existe, il faut établir quels mécanismes sont capables de la mettre en action.

Déjà nous avons vu que les oscillations thermiques font varier la nutrition, la résistance de l'économie (^). — Hippocrate savait, et c'est une notion qu'il avait reçue en héritage de ce qu'il appelait déjà l'ancienne médecine, que le froid est cause des maladies aiguës, fébriles, des maladies infectieuses : amygdalites, pneumonies, pleurésies, arthrites, etc. Ce froid, dans ces conditions, n'a point

(') Voy. pour ces questions de climat, comme pour colles qui ont trait aux professions, aux maladies antérieures ou associées, l'article de Bouucy (vol. I). Voy. aussi chapitre m. — La malaria, par exemple, est plus intermittente dans les pays froids. — La tenq)érature agit sur les nerfs, la circulation, la peau, la digestion, etc., etc. — Voy. Exp. d'UscaiNSKi.

[A. CHARRIN.}

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