ROLE DES CAUSES SECONDES
apporté un germe du dehors; il n'a pas produit la solution de continuité par où aurait pu pénétrer l'une de nos bactéries familières; en revanche, il est parvenu à modifier les plasmas ou à troubler la série des actes mis en jeu par les cellules lymphatiques pour arrêter, détruire les microbes pathogènes, nos commensaux, quand ils tentent de forcer les barrières, de passer de nos surfaces tégumenlaires dans nos tissus, dans nos humeurs. Plusieurs fadeurs sans doute interviennent; néanmoins, la réalité de cette dernière intcrprélation a été établie expérimentalement par le professeur Bouchard; d'autre part, avec Gastets, Lambert, etc., on sait que les abaissements thermiques perturbent la circulation, le fonctionnement du rein, de certaines glandes, accroissant ainsi la toxicité des humeurs.
Il est facile de vérifier l'exactitude de cette affirmation de Pasteur, à savoir que le sang normal ne renferme pas de micro-organismes; toutefois, on réussit à provoquer, sans vulnération, leur apparition rapide dans la circulation d'animaux sains, en soumettant ces animaux à l'application des causes qui sollicitent, chez l'homme, le développement des maladies parasitaires dites spontanées, de celles qui sont engendrées par ces agents pathogènes habitant nos cavités, restant inoffensifs jusqu'au jour où quelque facteur banal rend possible leur pénétration, leur pullulation.
Il serait aisé de multiplier l'énumération des causes propres à faire fléchir l'organisme, à aggraver le pronostic. La chaleur est de ce nombre, à la condition d'être élevée; celle qui ne va pas au delà de 59 ou 40 degrés n'agit point dans un sens défavorable; Maurel, qui a étudié la vie des leucocytes en les soumettant à des températures très variables, a reconnu que les mouvements de ces organites faiblissent beaucoup plus rapidement si on dépasse positivement la normale, au lieu de la dépasser négativement. Or, qui altère la cellule altère la défense et rend indirectement plus sévère la prognose de l'infection. Filehne, Lipari, Lode, etc., ont vu le froid faire évoluer des germes latents. — Les oscillations thermiques influencent l'action des poisons, partant des toxines; on sait que le curare agit moins sur la grenouille chauffée ; inversement la vératrine, la muscarine sont plus actives en été; la digitale arrête le cœur des batraciens en systole, s'ils ont froid, en diastole, s'ils ont chaud; les abaissements thermiques ont une influence marquée sur l'intermittence de la malaria, ou, à d'autres points de vue, sur la digestion, l'irritabilité des nerfs, etc.
Le surmenage (*), le surmenage qui d'après Abelous livre plus de poisons, la fatigue de l'économie entière ou d'un appareil, les troubles des différents systèmes, l'épuisement nerveux, l'absence de réparation, la faim rendent aussi les infections plus redoutables. « La faim, dans les années de famine, ainsi que l'a rappelé le professeur Proust, en dehors de ceux qu'elle tue directement, crée une pathologie spéciale. » La famine, comme on l'a vu aux époques de la guerre de Trente Ans ou de la Fronde, amène des perturbations qui ne ressortissent pas seulement au manque de nourriture; le système nerveux entre en scène. — L'ozone agit également, en partie en réduisant la capacité respiratoire : on peut accuser aussi l'électricité, la lumière, les rayons chimiques ou autres. Ihumi-
(*) Voy. pour la question du surmenage, le chapitre in. — Voy. aussi larticle de Marfan (vol. I). — Défaut de repos, de sommeil, entraînement, etc.; épuisement nerveux; autointoxications; désordres circulatoires, digestifs, sécrétoires, mentaux, fièvre; troubles du cœur, des vaisseaux, des poumons, des muscles, de la nutrition; surmenages locaux; surmenage général ; surmenage des appareils, etc. : tels sont quelques résultats, quelques causes.