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LES GERMES DES SURFACES

la tuberculose travaillent des bactéries diverses; Spengler, Schabad, Maragliano, Petruscky, Stern, Ilirschler ont rendu manifestes des combinaisons de germes dans la pneumonie, la phlisie, la fièvre puerpérale. — Aujourd'hui, ce ne sont plus uniquement des affections banales, qui, pour évoluer, réclament la mise en jeu de plusieurs infiniment petits; ce sont encore des maladies considérées comme spécifiques : c'est le choléra, la dothiénentérie, la diphtérie, le tétanos, la peste, la lèpre, etc. ; dans un récent rapport, Lôfller prétend que la résorption des produits putrides issus de la vie des hôtes des cavités respiratoires ou digestivcs facilite la pullulation du germe qui porte son nom ; il y a longtemps que le professeur Bouchard a mis en évidence le bien fondé de cette opinion pour l'aureus, facteur de la furonculose (^). « Rien n'est un; tout est plusieurs » : Gœthe a raison.

Une maladie infectieuse poursuit son évolution ou même elle touche à sa -fin ; la convalescence a commencé : que faut-il pour que sur elle se greffe une infection secondaire ou mixte, suivant l'heure tardive ou prompte de l'association? Il faut évidemment, avant tout, un microbe venu du dehors, plus fréquemment du dedans. Or, nos tissus profonds, comme les végétaux, sont fermés aux milieux ambiants par des revêtements muqueux ou cutanés, revêtements que les microphytes ne franchissent que difficilement. Il n'y a pas, comme chez les Invertébrés, communication entre ces tissus et le monde extérieur, dont les germes, sauf exception, ne pénètrent pas dans l'intimité.

C'est sans doute pour cette raison que nous voyons les déterminations parasitaires secondaires suivre de préférence les maladies du tube digestif, des voies respiratoires, ces parties de nous-mêmes qui, nous l'avons rappelé, continuent, suivant l'expression de Cl. Bernard, à faire partie du monde extérieur, ce monde si riche en microbes. Les infections cutanées, celles des organes génito-urinaires, pour de pareils motifs, figurent également parmi les troubles qui créent le plus volontiers ces infections secondaires : aussi est-ce autour de ces quatre points de repère que se groupent les principales de ces infections. — Les angines ouvrent la voie aux septicémies, de même les entérites, les ulcérations de la dysenterie, de la fièvre typhoïde, de même les bronchites, les broncho-pneumonies, les uréthrites, les cystites, de même, avec plus de fréquence encore, les affections cutanées.

Pour qu'une maladie infectieuse prenne naissance, il faut un microbe et un terrain sur lequel ce microbe puisse se développer librement. Si ce parasite appartient aux spécifiques, il s'installera victorieusement dans l'organisme, alors même que cet organisme n'aura été antérieurement ni débilité, ni modifié: c'est le cas, dans une certaine mesure, pour le virus syphilitique; si, au contraire, on se trouve en présence d'un bacille doué d'une spécificité médiocre, il faudra en quelque sorte lui venir en aide. — • Quand on injecte les agents figurés de la suppuration sous la peau d'un animal, souvent on n'obtient que des résultats négatifs; mais, lorsqu'on dilacère le tissu cellulaire par une injection de liquide assez considérable, lorsqu'on affaiblit les cellules soit mécaniquement, soit en diluant leurs matériaux nutritifs, les tentatives ont chance de réussir; elles auront aussi chance de réussir, si, au lieu d'une ou deux gouttes, on inocule de grandes quantités de culture, puisque, d'après

(*) Ces associations sont nombreuses; pourtant, plusieurs écliappent, à ne tenir compte que des techniques usuelles; on varie peu les moyens de culture; aussi on ne recueille guère que les agents qui poussent sur les milieux employés; les anaérobies souvent ne sont pas recuellis; habituellement, on cultive seulement au contact de l'air.

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les expériences de Ghauveau, Walson-Cheyne, Bouchard, etc., le nombre importe.

Or, précisément, nous l'avons remarqué au début, la plupart des agents des inleclions secondaires ne possèdeni, à Télat naturel, qu'une faible spécificité; ils ont l)esoin d'être soutenus dans leur lutte; c'est ce soutien que leur prête pour ainsi dire le mal primitif. Par quels procédés? C'est ce qu'il faut voir.

L'infeclion i)rimilive modifie la chimie de l'organisme, et cela pour plusieurs raisons. En premier lieu, les ferments figurés parasitaires fabriquent des produits solubles qui se mélangent aux humeurs normales; en second lieu, l'économie attaquée, envahie au cours de la maladie, n'élabore plus physiologiquement la matière. Les recherches du professeur Bouchard ont, en elfel, établi que ces produits solubles nouveaux s'éliminent par les reins, fait qui implique leur existence dans l'intérieur du corps; Tanalysc a de plus révélé que bien souvent le sucre, l'oxygène, les sels du sang diminuent, que bien souvent aussi le pouvoir germicide, la puissance phagocytaire subissent des atteintes. D'autre part, si on étudie aux émonctoires, en particulier dans l'urine, l'état des déchets de la nutrition, on trouve, au point de vue des substances extractives, de l'urée, de l'acide urique, des albumines, etc., des modifications qui mettent en évidence les troubles survenus dans la vie des organites eux-mêmes. Dès lors, ces transformations pourront changer le bouillon de culture d'une façon heureuse pour le bacille à venir; elles pourront imposer des variations au pouvoir bactéricide ou antitoxique des plasmas.

Il faut également savoir que l'infection primitive débilite nos éléments anatomiques ; il suffit, pour en avoir une preuve grossière, de considérer, en dehors des altérations viscérales, ce 'qui se passe parfois du côté des ongles, des poils, des cheveux, après la fièvre typhoïde, du côté de l'épiderme, à la suite de la scarlatine, etc. Rien ne nous empêche d'admettre qu'une déchéance analogue frappe celles d'entre les cellules qui, suivant la théorie de Metchnikoff, sont plus spécialement chargées de la lutte contre les envahisseurs; l'expérience prouve, en effet, que, chez les infectés, ce mode de protection est en souffrance. — D'ailleurs, l'hématologie ne nous montre-t-elle pas les altérations fréquentes de quantité, de qualité, portant sur les globules, sur les leucocytes?

En outre, les éléments nerveux qui régentent la nutrition ne subissent-ils pas l'atteinte des sécrétions bactériennes (') ? La preuve, c'est que des toxines agissent sur les vaso-moteurs, sur le cerveau, sur la moelle, sur les troncs périphériques ; grâce à ces actions, ils régentent l'excitabilité musculaire atïaiblie ou accrue, les réactions des plexus, sans excepter ceux du cœur, etc. On conçoit par là de combien de façons le terrain de culture pourra être préparé, sans parler des effets d'exaltation directe, comme on en voit in vitro : aureus et bacille de Pfeifer, tuberculine et streptocoque, toxine tétanique et divers germes chromogènes, etc.

. La maladie première, grâce aux bronchites, aux entérites, aux dermatites, etc., fréquemment facilitera ou réalisera la chute des barrières protectrices; par ces brèches passeront les nombreux bataillons qui sont à demeure au sein de nos cavités digestive, respiratoire, génilo-urinaire, à la surface de nos téguments;

(*) C'est à l'aide du virus pyocyanique qu'a été réalisé le premier accident nerveux dû à des toxines; de même, c'est en agissant sur le bacille du pus bleu qu'on a démontré expérimentalement l'influence du névra.xe sur l'infection. — Ces découvertes de Charrin et Rt'itTer ont reçu de nombreuses confirmations (Helman, Roger, Bourges, Vim:ent, V.\ill.\rd, Roux, Yeksin, etc.).

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