MARCHE AIGUË: MARCHE CHRONIQUE
s'être réfugié à l'écart, pour un temps donné, dans un viseère spécial, dans la rate, dans les ganglions, par exemple; d'autres cherchein-s estiment que ces accidents constituent tout simplement une iniection secondaire.
Assurément, il importe de ne pas méconnaître des complications qui au cours d'une convalescence viennent ajouter, à des perturbations en voie d'extinction, des troubles issus de la mise en action d'un virus jusque-là étranger à l'économie; il importe de ne pas les confondre avec des poussées nouvelles qu'une vaccination encore trop incomplète est impuissante à juguler; il n'en demeure pas moins établi que ces poussées nouvelles, dues au même agent en reviviscence, existent nettement. Lorsque la fièvre s'allume à un moment où tout rentrait dans l'ordre, on constate, dans plus d'un cas, que les désordres observés sont engendrés par l'agent qui a créé les perturbations originelles.
Ces invasions bactériennes, anciennes ou récentes, accomplissent leur tâche en une attaque unique ou en plusieurs assauts; elles se conforment à une marche précise, définie, ou vont à l'aventure au gré des influences atmosphériques, au gré des résistances ou des affaiblissements du terrain, au gré des affections propres à s'unir à elles ou à les combattre; suivant ces circonstances, ces invasions bactériennes évoluent tantôt promptement, tantôt lentement.
Si le virus est abondant, si son activité est considérable, s'il pénètre par une porte favorable, s'il rencontre des tissus altérés, en souffrance, si des causes extérieures, le froid, la faim, le surmenage, si l'intoxication, si l'âge, si les diathèses, si d'autres virus abaissent la vitahté de ces tissus, le pronostic s'assombrit; il en est ainsi, lorsque le réflexe qui régit la diapédèse, qui la facilite, fait défaut, lorsque des toxines vaso-motrices s'opposent à la sortie tant des plasmas germicides que des phagocytes, etc. : le mal revêt une forme aiguë, un caractère grave, parfois foudroyant.
Ce mal évolue, au contraire, en se rapprochant à des degrés divers du type chronique, quand, du côté de ce virus, la quantité ou la quahté sont à peine suffisantes, quand les germes pénètrent tout d'abord dans un milieu médiocrement composé pour hâter leur évolution, quand des poussées actuellement guéries ont laissé à leur suite une immunisation plus ou moins accentuée; les résultats sont analogues avec des viscères en parfait état qui détruisent ou éliminent assez énergiquement les poisons, avec une concurrence vitale, avec des sécrétions de parasites antagonistes s'opposant au fonctionnement du microbe qui vient d'ouvrir le feu, etc. En pareille matière, le choix des espèces, tant par rapport aux bactéries qu'aux animaux atteints, joue un rôle considérable. La morve chez le solipède, le charbon chez le mouton, la rage chez le chien, etc., affectent généralement le type aigu; la lèpre, la syphilis, chez l'homme, se déroulent sans promptitude; les parasites relativement élevés, le muguet, l'actinomycose, comme les hydatides, les tœnias, etc., se comportent de même. — Aux formes dénommées en se plaçant au point de vue de la marche, de la durée, on peut opposer des formes symptomatiques, anatomiques, etc. ; la qualité, la quantité du virus, les portes d'entrée, l'hérédité, les causes secondes, le lieu de moindre résistance, les associations, etc., ont action sur ces types morbides, sur ces manières d'être, sur ces localisations. — Si les sécrétions sont anormales, inusitées, si des nitrites, par exemple, comme dans les expériences d'Emmerich et Tsuboï, apparaissent, ces types varieront; les raisons de ces variations sont sans nombre.
Sous l'influence d'un faible degré d'accoutumance ou de vaccination, sous