‹ Traité de médecineChapitre 84 sur 207 · MODIFICATIONS DE LA MARCIIK · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE LA MARCIIK

rinfluence de la supprossion (runc parlic des micropliyle.s ou de leur aHaiblisseinent partiel, sous rinfluence de la mise en jeu des procédés de suppléance, de vicariance, etc., sous ces diverses influences, l'infection peut, de la forme rapide, passer à la forme chronique. — Ce passage se réalise de préférence, lorsque cette infection sévit sur un terrain âgé, scléreux, arthritique, à réactions émoussées, par exemple, chez les vieillards, lorsqu'elle est sous la dépendance de microphytes spéciaux : la tuberculose offre assez souvent des exemples de ces transformations.

La lenteur d'apparition de tel ou tel désordre est en rapport avec la nature du poison morbifi(iue. Les perturbations fonctionnelles dues aux sécrétions directes des germes éclatent promptcment; toutefois, les troubles nutritifs qui relèvent de ces sécrétions, de leurs combinaisons avec le protoplasma, les accidents déterminés par les composés nés des tissus influencés par les toxines, ces différents éléments sont plus tardifs.

Ce qui est chronique le plus ordinairement dans les infections, c'est l'évolution des suites, des conséquences de ces infections; germes et toxines ont disparu, mais les cellules lésées sont impuissantes à reprendre leur forme, leur structure, leur fonctionnement; elles continuent leur évolution morbide (') dans le sens de la sclérose, de la dégénérescence graisseuse, granuleuse, muqueuse, amyloïde; on voit persister des néphrites, des hépatites, des myélites, des névrites, des myocardites, des endocardites, des artérites, des phlébites, des pleurésies, des arthrites, des gastrites, des entérites, etc. La pathologie cellulaire a repris ses droits; elle se déroule, comme elle se déroule à la suite de l'action de l'alcool, du mercure, des chocs, des émotions, etc.

La chronicité, la lenteur dans la marche, dans la diminution de gravité, sont parfois influencées par les moyens mis en jeu pour obtenir la guérison ; ces moyens sont du reste nombreux. — On excite le fonctionnement du foie par les principes générateurs de glycogène, par l'abaissement de la température; on facilite la destruction des poisons, leur oxydation, leur élimination; on restreint les fermentations putrides, principalement celles de l'intestin. On veille à la conservation des protections naturelles qui résultent de l'intégrité des épithéliums, des sécrétions de la salive, des sucs gastriques, de la bile, du mucus nasal, bronchique, génital, de l'activité des phagocytes ; on aide à l'apparition de la diapédèse, à la dérivation des microphytes en un point donné, d'une dignité physiologique médiocre; on utilise la révulsion. On demande aux antiseptiques, aux spécifiques, aux toxines, aux humeurs des réfractaires, les secours qu'ils peuvent prêter; on s'adresse au besoin aux extraits organiques, aux sécrétions internes, aux matières bactériennes ; on met en action les agents atmosphériques, la lumière, l'électricité ; on pratique la saignée ; on pare aux complications, etc. Grâce à ces divers procédés, on parvient à enrayer une évolution trop prompte, parfois suraiguë.

Les affections nerveuses, les affections de nutrition ont, elles aussi, des marches à allure variée; elles ont leurs crises, leurs cycles, leurs intermittences; toutefois, la lenteur, la chronicité se rencontrent plus aisément dans ces catégories.

C'est que, là, les agents pathogènes sont nos propres cellules, cellules moins promptes à se développer, à pulluler, à fonctionner, à sécréter, que les cellules

(*) Voy. chap. iv.

[X. CHARRIIf.J

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