LA BACTÉRIOLOGIE ET LES SUBSTANCES CHIMIQUES
mac, que les tissus dos sujets ayant succombé à une mort nalurcllc contenaient des substances de tous points idenli<iucs avec les alcaloïdes \(''g(''taux, l'étude des ptoDiaïnes passa au premier plan de Tactualité; les travaux se multiplièrent. C'est à cette date qîi'il faut rapporter les recherches de Brouardel et BoutmyC), de Gianetti et (-orona(^), de Spica(^), de Pouchet(^), d'Ogston(^), de KochC), de (iuareschi et Mossof), de Morelle(*), de BouchardC"), de Lépine et Aubert(*"), de R. Wiirtz, de Villiers(»'), de Marino Zuco('-), de Rœcklisch ('■'), de i\Iorigg-ia("'), de Charrin('').
Ces auteurs avaient étendu le champ des recherches ouvert par Sehiii et Gautier; aucun d'entre eux cependant n'avait appliqué dans toute leur rigueur les méthodes précises de la chimie générale. — L'existence des alcaloïdes bactériens toxiques ou jitomaïnef; était irrévocablement démontrée; leur analogie chimique, bien mise en évidence, leur action sur l'organisme étudiée, approfondie. Il était réservé à Gautier et Étard('^), à Nencki(''), à Brieger, à Ladendurg, à OEchsner de Coninck, à GriffithsC*) et à quelques autres savants, d'isoler ces bases putréfactives, d'en faire l'analyse élémentaire, d'en déterminer la formule, quelquefois même d'en effectuer la synthèse, en un mot, de donner à l'histoire des ptomaïnes la précision, la rigueur qu'on impose à bon droit aux données classiques de la chimie pure.
Jusqu'à présent, les auteurs qui ont attaché leur nom à l'étude des ptomaïnes s'étaient peu préoccupés des conditions biologiques de leur formation, S 'adressant à des produits putrides, c'est-à-dire envahis par des micro-organismes de toute espèce, ils n'avaient vu dans l'histoire des bases putréfactives qu'un chapitre nouveau de la chimie organique. Cependant, des découvertes d'une importance capitale modifiaient l'orientation des sciences biologiques : la microbiologie s'était constituée. Les travaux de Pasteur, d'abord ^ignorés ou méconnus d'un grand nombre de médecins, avaient fini, après quelque résistance, par recueillir des adhésions de plus en plus nombreuses, par bouleverser la pathologie de l'étiologie à la thérapeutique, de fond en comble par conséquent, entraînant la médecine dans une révolution telle qu'elle n'en a jamais connu de pareille.
« Combien ne seraient pas nombreuses les occasions où les germes, s'ils existaient dans l'économie, pourraient se multiplier? Vraisemblablement, avec de pareils hôtes, la vie deviendrait promptement impossible; témoin le cortège
(*) Brouardel et Boutmy, Ann. cVhyg. et de méd. lég., ù" série, t. IV, p. 555, 1880.
(-) Gianetti et Coroxa, S. alcaL cadaver o ptom. del Selmi. Bologne, 1880.
(3) Spica, Gaz. chim. ital., p. 492, 1880.
(*) PoiciiET, Thèses de Paris, 1880.
(^) Ogston, Brit. med. Journ., 1881.
(6) KocH, Mittheil. ans dem kais. Gesundheilsamt, t. I.
(') GuARESCHi et Mosso, Arch. ital. di biol., 1882.
C*) MoRELLE, Thèses de Paris, 1886.
(9) Bouchard, Bull, de la Soc. de biol., p. 665, 1884.
(*") LÉPINE et Aubert, Comptes rendus, juillet 1885.
(*M ViLLiERS, Comptes rendus, 1884.
(1-) Marino Zuco, Ber. der deutsch. chem. Gesell., p. 1045, 1884.
C) BoECKLiscH, Ber. der deutsch. chem. Gesell., p. 86 et 1922. 1885.
('^) MoRiGGiA, Expériences de physiotoxicologie sur l'hydrate de tnaiélhylaniylainmoniiua et le chlorhydrate de triméthylamine. Rome, 1885.
('^) Charrin, Bull, de la Soc' de biol., 1882 à 1897.
(^^) Gautier et Étard, Comptes 7'endus, 1883.
('^) Nencki, Journ. fiir prakt. Chem., t. XXVI, 1882.
(**) Les recherches d'OEchsner de Coninck et celles de Griffiths figurent aux CumiHes )'endus. — Brieger a publié ses travaux dans plusieurs brochures éditées par Hirschwald i^i Berlin. — Les recherches de Ladenburg ont paru dans les Berichte der deutschen chemischen Gesellschafl.
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