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ACTION DES ALCALOÏDES DE LA PUTRÉFACTION

d(^ bismulli cl de polassiuiii, ])ar le tannin, le cyanure argenlo-potassique, Tacide |)icri(|uc, les réactifs de Nessler, de Schullze, de Sonnenschein; ces corps se colorent par le réactif de Frôhde; ils réduisent le ferricyanure de potassium, teintent en bleu le mélange de ferricyanure et de chlorure ferrique, ainsi que Selmi l'a vu pour la première fois; cette dernière réaction, qui n'est nullement spécifique (les ptomaïnes, comme on l'avait cru, ne leur appartient pas toujours en propre; elle est due, la plupart du tem[)s, aux impuretés <pii les accompag-nent.

Les alcaloïdes bactériens exercent sur l'économie des effets toxiques variables d'un principe à l'autre : système nerveux central ou périphérique, moteur ou sensitif, tissu musculaire, tube digestif, appareil circulatoire, organes sécréteurs, tous les systèmes de l'organisme, ensemble ou isolément, peuvent être influencés par ces toxines. Ces effets varient, d'ailleurs, suivant les doses, qui elles-mêmes diffèrent notablement pour les divers alcaloïdes. Tels d'entre ces produits, la neurine, la muscarine, par exemple, provoquent chez certains animaux des accidents mortels avec des quantités si faibles qu'on peut placer ces corps à côté des bases végétales les plus actives; en revanche, d'autres manifestent leur activité physiologique à des proportions si élevées qu'on peut à peine les comprendre parmi les poisons.

Au nombre des effets les plus constants des alcaloïdes de la putréfaction on a spécialement noté la dilatation rapide de la pupille, qui se resserre énergiquement peu de temps après, l'affaiblissement, quelquefois l'excitabilité des centres moteurs; on a également enregistré la perte de la contractilité musculaire, de la sensibilité cutanée, précédée d'une courte période de convulsions tétaniques, le ralentissement des mouvements du cœur, la somnolence, la torpeur, etc., etc.

Elaborées par des micro-organismes appartenant à de nombreuses espèces, les toxines de la putréfaction ne peuvent être rapportées à telle ou telle de ces espèces.

Parmi ces alcaloïdes, il en est qui ne manifestent aucune action toxique; d'autres extraits de cadavres humains, de viande de cheval, de poisson, etc., se révèlent actifs.

La parvoUne, CH'^Az, est une base huileuse, bouillant vers 200°, peu soluble dans l'eau, se résinifîant à l'air, tuant l'animal (').

Lliydrocollidine, G^H'^Az, offre une odeur de seringa, altérable à l'humidité, entrant en ébullition à 210°, tétanisante à faible dose(-).

La mydaléine, de formule inconnue, extraite par Brieger (^) de la viande putréfiée, a été l'objet d'une étude chimique fort incomplète ; son histoire physiologique est plus avancée. Injectée sous la peau d'un chien, cette mydaléine provoque une hypersécrétion des muqueuses, des glandes salivaires et lacrymales; la pupille se dilate; les vaisseaux de l'oreille s'injectent, la température s'élève de 1° ou 2°; les battements du cœur, d'abord accélérés, se ralentissent ; l'animal ne tarde pas à succomber.

La. neurine C^H'^AzO = J^,pj-/ ^ Az(OH), ou hydrate de triméthylvinylammo-

nium, a été rencontrée par Brieger et d'autres auteurs dans les produits de la putréfaction cadavérique (^); c'est une base sirupeuse, alcaline, très soluble

(*) Gautier et Étard. Comptes i^endus, t. XCII et XCI\'.

(-) Gautier et Étard, Loc. cit.

(^) Brieger, Untcrsuchungen iibcr Plomaïne. Berlin, Ilirsclnvald.

(*) Elle paraît provenir de la décomposilion des lécithines, combinaisons de la neurine avec un corps gras soudé à l'acide phosphorique. Les lécilhines sont très répandues dans l'économie et tout spécialement dans le tissu nerveux.

lA. CHABRIN 1

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