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PRODUITS PUTRIDES

dans l'eau, donnant avec les acides des sels ])ien crislallisés, se combinant également avec le chlorure platinique. Cette neurine est un poison violent pour certaines espèces animales, le chat en particulier, tandis que le cobaye se montre réfractaire à son action. Sur le chien, on observe les phénomènes suivants : abolition de rexcito-mbtricité, diminution de fréquence et d'intensité des mouvements respiratoires; le nombre des battements du cœur augmente, puis diminue irrégulièrement; tout se passe comme si le cœur lui-même était soustrait à Faction du pneumogastrique. L'intestin est le siège de mouvements péristaltiques qui s'accompagnent de diarrhée profuse, d'émissions involontaires d'urine et de sperme. Cette action a été comparée par les auteurs tantôt à celle du curare, tantôt à celle de la muscarine.

La c/co/»?e C-^H'^AzO^=:L2TT,/^TT/Az(OH), hydrate de triméthylhydroxéthy-

lène-ammonium, est un sirop alcalin, rencontré par Brieger, Bœcklisch et d'autres clîimistes dans plusieurs matières putréfiées. La chaleur la dédouble en glycol, C-H'*(OH)^ et en triméthylamine, Az(CH')^; elle est moins toxique que la neurine; mais son action est de même ordre, à l'intensité près.

La muscarine C^H^^AzO"' = V.jtj '" ) Az(OH, découverte en 1870 par Schmied-

CH.(OH)^ berg et Koppe(') dans la fausse oronge, Agariciis mi(scarh(S, a été extraite par Brieger de la chair de poisson putréfiée. Cette base, dont Schmiedberg et Hartnack ont réussi à faire la synthèse en oxydant l'alcaloïde précédent (-), la choline, est un corps solide, cristallisé, déliquescent, réducteur du ferricyanure de potassium. Cette muscarine est très toxique; son action se rapproche beaucoup de celle de la neurine : rétrécissement pupillaire, arrêt du cœur, diarrhée, émission involontaire d'urine et de sperme.

G. Pouchet (') a isolé, des eaux résiduaires provenant du traitement industriel des déchets d'os et de viande, deux bases en CH'^Az-O'' et C°H'Wz-0\ cristal-lisées l'une et l'autre ; ces deux alcaloïdes sont toxiques et agissent en paralysant les mouvements réflexes.

Citons également un certain nombre d'aminés de constitution plus ou moins simple que Gautier et Mourgues, Brieger, Bœklisch, Ladenburg, Udransky, Hoffe, OEschner de Coninck ont retirées des milieux où s'était exercée l'activité microbienne : ce sont, avec les diverses méthylamines. la hutylamine^ C^H^.AzFP, huile volatile à 86°, stupéfiante, convulsivante à dose élevée; r««?î//«mme, C^H'^AzH^, liquide bouillant à 98°, très toxique, excitant la sécrétion urinaire. — h\HJiylè7iediamine., C^H*(AzH-)^ dilate les pupilles, excite les sécrétions nasale et oculaire: tue à petites doses; Vhydrotoluidine^ CH'^Az, huile alcaline, bouillant à 199", est tétanisante, etc., etc.

En dehors de ces nombreuses substances, il convient d'aborder l'étude des alcaloïdes toxiques fabriqués par des microbes pathogènes bien déterminés ou élaborés dans les tissus ou les liquides de l'économie au cours des maladies infectieuses; il y a lieu toutefois d'observer, au sujet de ces alcaloïdes, que leur présence dans l'organisme infecté n'implique nullement qu'ils sont les produits directs des microbes. Bien ne prouve, par exemple, que les alcaloïdes trouvés

(*) Ber. der deutsch. chem. Gess., 1870, p. 281.

(-) Schmiedberg et Hartxack, Chemisches Centralblatt, t. VU, p. 281.

(^) G. PouciiET, Monit. scient, de Quesneville, 1884, p. 255.

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