SUBSTANCES ALCALOIDIOUES DES CULTURES
dans riiiLeslin ou dans l'urine, chez des malades allcinls de fièvre lyphoïde, sont les malériaux de sécrétion du bacille d'Eberlh ; ils peuvent dériver des cellules de l'économie, dont l'agenl pathogène a modifié le cJiimismc.
Le tétanos devait attirer Tatlention des expérimentaleiirs, à cause de la netteté des réactions physiologiques que semblaient devoii- fournir les loxines fabriquées par le bacille de Nicolaïer, — Brieger n'a pas isolé moins de quatre bases bien distinctes des bouillons de ce microbe; malheiu'eusement, de son |)ropre aveu les cultures n'étaient pas pures, iuqjureté qui enlève beaucoup de |)orlée à ses recherches : la chimie du tétanos est d'ailleurs des plus com- })li(pu''es.
L'auteur allemand a d'abord décrit sous le nom de télanine une base en C'^IP''Az'^0'', à chlorhydrate déliquescent; de très petites quantités de cette toxine provoquent d'abord un abattement marqué, bientôt suivi de convulsions tétaniques mortelles.
La tétanotoxine en C^'IP'Az, peut-être identique avec la pentaméthylène-imine (Gir^)''AzH, est un liquide d'odeur désagréable, bouillant à 100"; elle accélère d'abord, puis ralentit la circulation, la respiration : elle détermine des frissons, de l'angoisse, finalement des convulsions tétaniques.
A côté d'une troisième base tétanisante, la spasmotoxinc, ce chercheur décrit une quatrième substance, qui ajoute à ses propriétés convvdsivantes une action sialogène des plus marquées; ce principe ne passe pas dans les urines pendant la vie.
Brieger, poursuivant ses recherches, a étudié les toxines du choléra; il s'est adressé aux milieux de culture du bacille-virgule de Koch.
Il a extrait la onéthylguanidine ou méthyluramine C^H''Az"% qui a été retrouvée également parmi les produits solubles soit du microbe de la septicémie des souris, soit du vibrio proteus; cette base est une substance blanche, cristalline, très déliquescente, de saveur caustique, ammoniacale, convulsivante à faibles doses. — Il a isolé un alcaloïde en C-tPAz^ peut-être l'éthylène-diamine, qui exerce une action spasmodique énergique, puis, à côté de ce composé, un principe alcalin non défini auquel il faut reporter, semble-t-il, la pathogénie des symptômes les plus caractéristiques du choléra : algidité, diarrhée, paralysie ('), etc., etc.
A ces travaux se rattachent tout naturellement les recherches, antérieures, du reste, de G. Pouchet, qui a retiré par le chloroforme, des fèces d'un cholérique, une substance huileuse, oxydable, énergiquement réductrice du ferricyanure de potassium, du chlorure d'or et du chlorure de platine : elle paraît appartenir à la série pyridique. Cette toxine exerce sur l'organisme une action des plus marquées : sensation de froid, nausées, embarras gastrique persistant chez l'homme; chez les animaux, on observe le ralentissement des mouvements du cœur, et, après la mort, la rigidité précoce.
Pouchet a retrouvé des traces de cet alcaloïde dans le bouillon de culture du microbe (^). Peut-être est-il identique à l'un des alcaloïdes de Brieger, ou à la base à odeur d'aubépine extraite par Villiers du contenu intestinal de deux cholériques (^) ou encore aux poisons isolés par Rietsch et Nicati(^) des déjec-
(') Gautier, Chiin bioL, p. 270. Paris, Savy, 1892.
(*) G. Pouchet, Comptes rendus, t. C, p. 220 et t. CI, p. 510.
(^) ViLLUiRS, Comptes rendus, t. XCIX cL C.
(*) Rietsch et Nicati, Recherches sur le choléra. Paris, 188G, p. 79.
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