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LES ALCALOÏDES DES FIÈVRES

lions de malades atteints de ce choléra asiatique. L'histoire chimique de ces divers principes est trop incomplète, les renseignements fournis par les auteurs sont trop sommaires pour qu'on puisse conclure avec quelque certitude à ces identités.

Du cerveau des chiens enragés, Anrepp a extrait une petite quantité d'un corps alcaloïdique qui, injecté dans le tissu cellulaire sous-cutané, reproduit les symptômes de la rage confirmée.

Gril'fiths a publié dans ces derniers temps toute une série de recherches, exigeant sur plusieurs points peut-être de nouvelles confirmations; il s'agit des bases retirées par lui des urines de malades atteints d'affections contagieuses. La présence de ces bases dans les divers excréta n'implique nullement leur élaboration dans l'économie par l'agent infectieux; nous ne reviendrons pas sur ces réserves nécessaires ; nous nous bornerons à résumer sommairement les travaux de Griffiths(').

De l'urine d'un érysipélateux, il a isolé un alcaloïde en C'^H^^AzO'' qui cristallise en lamelles blanches orthorhombicrues, solubles, fortement alcalines; cette base est pyrétogène, convulsivante.

Dans la fièvre puerpérale, la sécrétion rénale renfermerait un principe alcalin en C-^H'^AzO, susceptible de déterminer la mort au milieu de phénomènes fébriles intenses.

Chez des oreillonneux, on trouve une substance blanche, cristalline, qui se dissout dans l'eau, l'éther, le chloroforme; ce composé, qui paraît être la propylglycocyamine C^H^^Az^O^ est convulsivant(^).

Les cultures pures du Micrococcus scarlatinœ, le liquide urinaire des scarlatineux ont fourni à Griffiths un alcaloïde cristallisé, soluble dans l'eau, de formule G^H'^AzO'^; toutefois, il y a lieu de remarquer qu'on n'est nullement fixé sur la nature du germe pathogène de cette fièvre scarlatine.

De même, on peut retirer des bouillons du bacille de Klebs et Lôffler, aussi bien que de l'urine des diphtéritiques, une toxine alcaloïdique en C'^H''Az-0^ peut-être identique avec la ptomaïne extraite par Villiers des tissus d'un diphtéritique.

Une base en C^H^AzO'' a été extraite du contenu vésical des malades atteints d'influenza ; c'est un corps cristallisé en aiguilles solubles, qui provoque la fièvre et peut déterminer la mort en quelques heures (^).

L'eczéma est une affection de nature mal définie au point de vue pathogénique; toutefois les eczémateux élimineraient par le rein une toxine alcaloïdique, en cristaux solubles dans l'eau, de formule G'H'^AzO ; ce composé, appelé par Griffiths eczémine, est vénéneux : injecté sous la peau, il produit une vive inflammation locale qu'accompagne une forte fièvre.

Certaines maladies de l'appareil respiratoire provoquent également dans l'organisme la formation de toxines microbiennes. Villiers a extrait précédemment, des organes de deux enfants morts de broncho-pneumonie rubéolique, un alcaloïde volatil, sternutatoire, Griffiths a trouvé de même, chez les malades atteints de rougeole, une toxine dont l'injection entraîne la mort avec symptômes pyrétiques des plus marqués. — Dans la toux convulsive, existe-

(*) Griffiths, Comptes rendus, t. CXIII et CXIV, 1892. (^) Griffiths, Chem. Neivs, février 1890.

(') Griffiths et L.\del, Comptes rendus. 1893. — Slosse, Journal de méd , cJ)ir. et pharm. de Bruxelles, 1894.

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