MULTIPLICITÉ DES CATÉGORIES DE T(JXINES
rait une base en C-'H'"AzO^; dans la pneumonie, dans Tauf^ine de poili'ine, on découvrirait un principe alcalin, dont la formule répond à C^^H^^Az^O^.
L'urine des morveux fournit une substance alcaline en C'^II'^\z-0''% dont les effets reproduisent bien les principaux symptômes de la maladie : apparition d'abcès localisés, nodosités dans le poumon et la raie, abcès métastatiques dans les principaux org-anes.
Il faut ajouter ([ue, dans les cultures sur viande de la bactéridie, Iloffa a décelé une base peu toxique; Lando-Landi en a vu une seconde capable de tuer les souris. Je dois aussi mentionner le i)roduit alcaloïdi(pu' retiré par Zulzer des bacilles de la tuberculose.
Il serait trop long- de rappeler toutes les recherches qui, dans ces dernières années, ont fouillé ce domaine, sous l'influence des idées émises par Bouchard touchant le rôle de l'urine comme émonctoire des produits toxiques élaborés dans l'économie par l'activité physiologique des cellules ou le chimisme des agents pathogènes; l'histoire de ces toxines n'est pas complète : elle n'est qu'ébauchée. Plusieurs points sont à contrôler, de plus nombreux encore restent à découvrir; beaucoup d'entre eux auraient déjà été mis à jour si l'attention des chercheurs ne s'était depuis quelque temps dirigée plus volontiers du côté d'un autre ordre de toxines, les toxines albumosiques.
Néanmoins, le terrain est suffisamment déblayé à l'heure actuelle pour qu'on puisse considérer, comme une notion définitivement acquise, la production par les microbes de substances toxiques que la chimie et la physiologie s'accordent à rapprocher des alcaloïdes végétaux; ces analogies sont parfois si étroites que le réactif chimique ou vivant est fréquemment dans l'impuissance absolue de découvrir des différences.
La recherche des alcaloïdes microbiens, dans les milieux de culture où s'étaient développés les agents pathogènes, a fourni une ample moisson de faits nouveaux; toutefois on n'a pas été longtemps sans reconnaître que certains micro-organismes exercent par leurs produits solubles une action pathogénique manifeste, sans élaborer pourtant la moindre trace d'alcaloïde. On a cherché, on a trouvé d'autres composés appartenant à un groupe chimique entièrement distinct : ce sont les toxines de nature albumineuse, si remarquables par l'intensité et la variété de leurs actions.
Arloing ('), en étudiant le bacille qu'il considère comme pathogène de la péripneumonie contagieuse du bœuf, a isolé par l'addition d'un excès d'alcool, aux bouillons de culture une substance azotée, amorphe, soluble dans l'eau, dans la glycérine, insoluble dans l'alcool, ne manifestant aucune réaction colorée par l'iode ou l'acide azotique. Cette substance, injectée dans le tissu cellulaire sous-cutané du bœuf, détermine, en l'absence de tout élément figuré vivant, « une tuméfaction large comme la paume de la main, épaisse, chaude, douloureuse au centre, molle à la périphérie (-) ».
Quelques mois après, de Christmas publie des résultats de même ordre ; des bouillons de culture du staphylocoque, il retire, par l'alcool, une substance provoquant l'œdème de la conjonctive, la décoloration de l'iris, en outre une suppuration légère de la chambre antérieure de l'œil du lapin. « Cette substance, ajoutait l'auteur, est probablement une diastase ressemblant à la
(') Arloing, Comptes rendus, t. CVI, p. 1565 et l'ôO, 7 mai el 18 juin 188S. — Xocard et Roux ont isolé des parasites sous forme de grains des (dus ténus. ► (-) Ar.LOi.NG, Cotnjdes rendus, t. CVI, p. I3GG.
[A CHXBJÎJJV.]
20G ALBUMOSES ANIMALES, VÉGÉTALES, NON MICROIMENNES.
substance pyogène qu'Arloing vienl de trouver dans des 'cultures du microlje de la péripneumonie conlagieuse('). »
Aussitôt après ces premiers travaux, Roux et Yersin(-), Vaillard et ^'incent(^), Brieger et Frankel, Ilugounenq et Eraud(''), Tizzoni et Gatani, Bouchard, Charrin, Hankin, Chitlenden, Koch, Roussy, Buchner, l\Iarmier(*), Courmont et Doyon publièrent sur les toxines albumosiques une sévie de recherches.
Avant la découverte de ces toxines microbiennes de nature albumosique — le fait est digne de remarque — on connaissait des matières albuminoïdes toxiques. En 1883, deux auteurs américains, Weir Mittchell et E. A. Reichardl. avaient isolé des venins du serpent à sonnette et du serpent mocassin une peptone, une globuline, une albumine vénéneuses. Peu de temps après, Norris Wolfenden retirait, du venin sécrété par le cobra capella de l'Inde, d'autres protéines actives ; Robert démontrait la présence de toxalbumines dans quelques araignées; Viron dans certains liquides hydatiques, sans parler des poisons protéiques extraits par divers chimistes des fruits du ricin, du lupin jaune, du iequirity. Ces observations établissent que, loin de constituer une exception spéciale au groupe des microbes, l'aptitude à élaborer des toxines albumineuses est une fonction physiologique d'ordre général pour toutes les cellules vivantes, qu'il s'agisse d'ailleurs de l'un ou de l'autre règne.
De tous les problèmes que soulève cette question des toxines, le premier est celui de leur origine. Dans les cultures où existent des matières protéiques, albumines ou peptones, il est tout naturel de considérer ces substances comme les matières utilisées par le microbe, les albumines vénéneuses provenant des albumines alimentaires; dans tous les cas, on peut toujours invoquer ce mécanisme sans qu'aucune objection valable y vienne mettre obstacle.
Il en est tout autrement des liquides qui ne renferment pas trace de matières protéiques, mais seulement des éléments quaternaires cristallisables, aminés, amides, acides amidés plus ou moins complexes, etc., etc. Placé dans un tel milieu, absolument privé d'albumine, l'agent pathogène est-il capable de construire lui-même l'édifice moléculaire si compliqué de ces toxines albumosiques? Est-il capable, mettant à profit les composés quaterna,ires dont il dispose, d'effectuer par un procès synthétique la reconstitution des matières protéiques? C'est là un problème des plus importants en biologie générale, dont l'intérêt est incontestablement d'un ordre fort élevé; aussi a-t-on cherché de plusieurs côtés à le résoudre sans apporter, de part et d'autre, de solution définitive.
Fermi(^) a cultivé le bacille pyocyanique, le Micrococcus prodigiosus, une série de micro-organismes dans le liquide normal de Nœgeli additionné de glycérine, dans un bouillon par conséquent exempt d'albumine; il a constaté la production de ferments zymotiques, agissant à la façon de la trypsine, liquéfiant la gélatine. Le travail d'Outchinsky est analogue.
Arnaud et Charrin C'), ayant semé ce bacille pyocyanique dans un milieu dépourvu de matières protéiques, ont trouvé plusieurs diastases albumineuses,
(•) De Christmas, Ann. de l'Inst. Pasteur, 2<= année, n° 9, sept. 1888, p. 478.
(») Roux et Yersix, A>in. de l'Inst. Pasteur, 1888, p. 629; 1889, p. 275; 1890, p. 585.
(') Vaillard et Vincent, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1891, p. 1.
(*) HuGOUNENQ et Éraud, Comptes rendus, 1891 et 1893.
(^) Marmier, Annales de l'Institut Pasteur, juillet 1895.
(«) Fermi, Centr. fur Physiol., 1892, p. 481.
{'') Arnaud et Charrin, Bull, de la Soc. de hiol, 1892.
GENKSK l)i:S COMI'OSKS PIîOTKIOUKS. 207
(loiil Tune liydralail ras|)Mra^inc. Ouinochcl C), dc^ son cùlé, a vu le bacille de Lofllei', cullivé sur de riuine noininle, produire les loxines diastasiques que ce microbe donne en bouillon peplonisé.
De ce que les preuves ('hinii([ues ou pliysiol()yi(pies ne nous paraissent. pas jusqu'à présent suffisanles j)our asseoir une conviction, il ne s'ensuit pas qu'on doive refuser aux microbes le pouvoir de réaliser la synthèse des matières albuminoïdes aux dépens des corps azotés cristallisables. Les microbes sont après tout des cellules(-); il n'y a aucune raison pour qu'ils ne possèdent pas les aptitudes fonctionnelles ([ue manifestent les autres cellules. Mais, actuellement, cette démonstration qu'on peut pressentir comme une éventualité probable, n'a pu être faite que pour certains microbes, ainsi que l'a vu Ilugounenq; pour d'autres, elle n'a pas été établie d'une façon complète; elle ne le sera qu'à l'aide de l'analyse quantitative.
La substance retirée des cultures du pneumobacillus liquefacicns bovis est une matière blanche amorphe, soluble dans l'eau, dans la glycérine, azotée, mais non albumineuse; ses effets s'exagèrent àH-80M'; ils s'atténuent au voisinage de + 100° C. Cette substance, qui paraît être enfermée dans l'atmosphère visqueuse de chaque microbe, produit chez le bœuf une tuméfaction épaisse, chaude, douloureuse, rétrocédant lentement, après plusieurs jours.
Des cultures du BaciUus Jieminecrobiophihis, Arloing a extrait une diastase, qui rappelle, par certains caractères, le principe retiré par cet auteur des bouillons où a vécu l'agent qu'il| considère comme générateur de la péripneumonie : c'est un produit blanc, soluble dans l'eau, précipitable par l'alcool, qui, injecté dans le testicule bistourné du bélier, provoque la dissolution du tissu conjonctif, la diapédèse, l'infiltration des régions circonvoisines, la formation de gaz. — Pour 100 volumes, on a :