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SÉCRÉTIONS SPÉCIALES. — TOXINE DIPHTÉRIQUE

nomène trhvtlradation: la pepsino. les diastases pancréatiques, rémiilsine. la myrosine fixent de l'eau sur la molécule des corps quelles dédoublent, rien de plus; nous ne les voyons jamais provoquer une décomposition moléculaire profonde, rappelant celle qu'accuse le dé^ap^ement gazeux de l'expérience dArloing. A coup sûr, ce dégagement constitue en soi un phénomène qui témoigne d'une activité chimique tellement puissante, si éloignée de tous les mécanismes diastasiques, qu'une autre explication peut être invoquée, en faisant intervenir des éléments cellulaires du testicule. Si on admet que la substance isolée par Arloing est susceptible de fermenter au contact des cellules de l'économie plus ou moins modifiées, les résultats de l'expérience s'expliquent aisément: ils rentrent dans le cadre habituel des actions chimiques occasionnées par les éléments figurés; ils établissent également que, parmi les substances phlogogènes, il en est qui, au lieu de jouer le rôle de ferment, ne sont que des corps fermentescibles. dont la fermentation entraîne des processus de phlogose, compliquée ou non de dégagement gazeux.

Avec les toxines pyocyaniques Charrin a reproduit les principaux accidents. — Roux et Yersin(*) ont obtenu, avec les produits solubles du bacille de Klebs et Loffler, une série d'effets toxiques: les animaux en expérience ont des selles diarrhéiques, du tremblement: la respiration est anxieuse, la mort survient rapidement: à l'autopsie, on constate des épanchements dans la plèvre, des congestions généralisées des viscères: les espèces, qu'une forte dose de bacilles n'affecte pas, montrent aussi une remarquable résistance à ce produit : les souris sont de ce nombre. — Ce poison diphtéritique ne développe toute son énergie que dans les milieux alcalins: des doses modérées d'acide entravent son action: l'air, la lumière paraissent également la diminuer: une température de [()(}" C. suffisamment prolongée la fait disparaître. Cette toxine est soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool ; les précipités d'alumine ou de phosphate de chaux l'entraînent; elle dialyse lentement; elle provoque à très faible dose des accidents mortels. Ces résultats sont à rapprocher des toxines alcaloïdiques extraites par Villiers et Griffiths des organes et de l'urine des diphtéritiques; toutefois ces recherches de Griffiths demandent des confirmations.

Des bouillons de culture de YOrchiococcus urethrœ, Hugounenq et Éraud ont extrait une substance solide, amorphe, jaunâtre, sans odeur ni saveur, soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool fort: ce principe réagit comme une peptone vis-à-vis des réactifs habituels : réactions du biuret, de Millon, d'Adamkiewicz, acides nitrique, picrique, phosphotungstique, sublimé, acétate de plomb, tannin, iodures doubles, etc., etc. Cette matière se différencie pourtant des peptones et par l'absence de soufre, et par sa faible teneur en azote (llr^^^ au lieu de 15 pour 100): elle s'en distingue, d'ailleurs, encore plus nettement par ses propriété phlogogènes; inactive dans les autres tissus, elle détermine dans le testicule, surtout chez les jeunes animaux, une fonte purulente de l'organe qui ne laisse après elle, à la place du testicule, qu'un petit noyau atrophié, raccorni (^).

(*) Roux et Yersix, Artn. de l'Irtst. Pasteur, 2" année, n'^ 1-2. décembre 18S8. p. 629; 1889, p. 273; 1890, p. 585.

(*) Hugounenq et Ér.vud, Comptes rendu». 1891 et 189.3.

LE POISON CIIOLKHIOUi:. — XATURP: DES TOXINES. '2(19

La chimie pathologique du choléra est encore très confuse. Plusieurs aulciirs, tels que Brieger, Nicati et. Rietsch, Pouchet, Yilliers, Klehs, avaient isolé des toxines alcaloïdiques des bouillons de culture du bacille virgule, aussi bien que du sang ou du contenu intestinal des cholériques; ces recherches avaient eu pour point de départ l'opinion de Koch qui veut que, le vibrion pathogène ne pénétrant pas dans l'organisme infecté, ses efîets généraux soient mis sur le compte d'un produit soluble et dilTusible, d'un poison chimique (^). Les recherches de Brieger, Klebs, Nicati et Rietsch démontrèrent bien l'existence de plomaïnes prévues par le bactériologiste allemand, mais ces bases avaient trop peu d'activité pour rendre compte des phénomènes toxiques de l'infection cholérique.

Brieger et Frœnkel reconnurent alors, dans les milieux de culture où s'était (l(''\eloppé le bacille virgule, l'existence d'une matière albuminoïde insoluble dans l'eau et dans lalcool, inoffensive pour le lapin, toxique pour le cobaye (-). Cette substance, précipitable par le sublimé, l'acétate de plomb, le ferrocyanure acétique, est riche en soufre; elle donne la réaction de ^Nlillon, celle du biuret, etc ; injectée aux animaux, elle produit des abcès ou des pseudomembranes; quand on la chauffe vers 60" C, elle perd son activité. Pétri, au contraire, a isolé une véritable peptone soluble dans l'eau, précipitable par l'alcool, mais non par le sulfate d'ammoniaque; cette substance, que le nitrate mercurique colore en rouge, serait d'ailleurs peu active. Bien que Scholl {') et Hueppe(*) aient confirmé ces assertions de Pétri, ces expériences ne doivent être acceptées que sous réserve, à cause des conditions différentes, peu précises, qui ont présidé à leur réalisation.

L'existence du poison cholérique n'en est pas moins certaine, ainsi que la démontré Bouchard (^), provoquant à l'aide des urines cholériques, chez les lapins, la diarrhée, l'albuminurie, puis l'anurie consécutive, enfin l'algidité ; mais ce poison, qui paraît être énergiquement fixé par les bacilles, comme l'a indiqué Canlani('^), est difficile à isoler; de plus, il est fort altérable.

Pour Gamaleïa('), les toxines proviennent des corps vibrioniens; elles paraissent constituées par une petite quantité de substance insoluble dans l'eau pure, soluble dans les alcalis dilués, précipitable par l'alcool, les acides, le sulfate de magnésie, assez semblable aux toxalbumines de la diphtérie et du tétanos, et comme elles très voisine des nucléoalbumines. En injection intraveineuse, ces toxines déterminent l'apparition des symptômes typhiques du choléra humain. Ce serait là le poison primitif qui préexisterait dans la cellule microbienne; par l'action d'une température élevée, peut-être sous d'autres influences, il fournirait un poison secondaire, insoluble dans l'eau acidulée, soluble dans les alcalis, précipitable par l'alcool, l'acide acétique, l'acétate de plomb: cette substance, qu'une température de 120" maintenue pendant une heure n'altère pas, serait au contraire facilement détruite par les alcalis' bouillants: elle pro-

(*) Gam.vleïa, Ârch. de méd. expér.. 1892, p. 172.

n Brieger et Fr.t-nkel, Berl. klin Woch., 1890, 11= 11 et 12.

(">) ScHOLL, Berl. klin. Woch., 1890, n» 41.

('*) HuEPPE, DeuUche med. Woch., 1891, n" 53.

(') Bouchard, Congrè.-i de Grenoble, 1885. A'oy. aussi Bosc, An)i. Pa.^t., 1805. ^'oy. aussi Bansom.

(6) Cantani, DciUschc med. Woch., 1886, n° 45.

(') Gamaleïa, Ann. de VInst. Pasteur, 1888 et 1892. — Comptes rendus, 1890. — Bull, de la Soc. de bioL, 18li'9.

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[A. CHARRIN.-\

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