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LES PRODUITS DES BACILLES DE NICOLAÏER, DE LOFFLER

voquc chez les animaux une inflammation exsudative intense au point d'inoculation, des convulsions et la mort : il s'agirait, d'après Gamaleïa, d'une nucléine dérivée de la nucléoalbumine primitive, dont le dédoublement facile rendrait compte de la pluralité des toxines et, par voie de conséquence, de la mulliplicité des résultats.

Parmi les maladies infectieuses, une des mieux étudiées, au point de vue du mécanisme intime de sa pathogénie, est certainement le tétanos. Aux résultats publiés par Brieger, il faut joindre les recherches de Kitasato et Weyl ; ces auteurs considèrent, comme poisons du tétanos, des toxines alcaloïdiques dont ils ont déterminé la formule et étudié les propriétés; ces données contestées de divers côtés ont défînill rement été reconnues inexactes par Brieger lui-même qui avait opéré, au cours de ses premiers travaux, sur des cultures impures. Knud Faber (*), a démontré que ce poison tétanique, loin de se rapprocher des alcaloïdes, était au contraire une matière albumosique, un ferment soluble.

Tizzoni et Catani, puis Vaillard et Vincent (^), ont confirmé ces résultats de Knud Faber; ils ont établi que la substance active des bouillons de culture du bacille de Nicolaïer est amorphe, ambrée, inodore, soluble dans l'eau, peut-être susceptible de liquéfier la gélatine; difficilement dialysable, précipitable par l'alcool en flocons grisâtres, elle se laisse entraîner par le phosphate de chaux ou l'alumine ; elle est incapable de digérer l'albumine, d'intervertir le sucre ; elle agit à cet égard comme la toxine diphtérique, qui, du reste, offre avec elle d'étroites analogies.

Une température de +65°, l'action de la lumière, celle de l'air détruisent l'activité de cette toxine, dont l'extraordinaire puissance est une des particularités les plus curieuses ; Vaillard et Vincent ont pu établir que cette matière, que ce précipité alcoolique, provoque la mort du cobaye à la dose de 0s%00025, alors que, chez la souris, il suffit d'introduire 0s'',0000002o. Comme cette matière insoluble dans l'alcool est certainement impure, que peut-être même elle ne contient que des traces de substance active, il s'ensuit que la quantité de toxine pure qui tue est représentée par un chiffre infinitésimal, tout à fait hors de proportion avec la dose mortelle des composés les plus violents, digitaline cristallisée, bases de l'aconit, ouabaïne.

C'est là un point qui n'est pas sans importance, d'autant que le mécanisme invoqué par Vaillard et Vincent pour expliquer la genèse du tétanos a été critiqué par Courmont et Doyon (^) ; ces auteurs ont substitué à la théorie du toxique direct la théorie du ferment soluble, la doctrine des intoxications secondaires provoquées par ce ferment.

Dans les fausses membranes de la diphtérie, Tangl a décelé une toxalbumine ; dans les cultures du bacille de Klebs-Lôffler, Proskauer et Wassermann ont rencontré deux albumoses de toxicité différente, une jaune et une blanche; Lôffler a montré qiie la glycérine permet d'extraire une partie de ces poisons diphtéritiques.

Volkow, Gamaleïa, Brtïhl, en étudiant le vibrion avicide, ont reconnu que les principes vaccinants peuvent être volatiles. — Dans les bouillons du bacille

(1) Knud Faber, Berl. klin. Woch., 1890, n» 51.

(•^) Vaillard et Vincent, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1891, n" 1, p. L

(3) Courmont et Doyon, Bull, de la Soc. de biol., décembre 1892, mars, juin et octobre 1893.

rch. de physiol., janvier 1893. — Comptes rendus, mars 1893. — Revue de méd., janvier 1894.

Nicolas, Bull, de la Soc. de biol., octobre 1893.

KHCHKTFONS MICROBIENNES VARIÉES. 211

vii'^iilc cholérique, Scholl a Irouvc des corps aromatiques ('); Pelri, de la Ivrosine, des toxopeptones; Emmerich, Tsuboï, des nilriles. — Dans les liquides où a pullulé le bacille du coloji, destructeur de nitrates, on découvre de l'hvdrou^ène sulfuré, du métliylmercai)tan, d'après Karploï. — Les cultures du microbe de la morve contiennent la malléine, puis un corps brun, suivant Finger, Bromberg-, etc. — A l'aidiî des principaux dissolvants, éther, alcool, chloroforme, ammoniaque, etc., Auclair, outre la tuberculine, a retiré divers produits des milieux où avait vécu le germe de la tuberculose; il n'a obtenu que des poisons.

Beaucoup de bactéries fabriquent des piii;-ments, pigments rouge, vert, bleu, jaune, noir; d'autres, principalement des anaérobies, engendrent des gaz; plusieurs produisent des acides, des acides gras, comme des moisissures de l'acide citrique; la plupart consomment de l'oxygène, émettent des éléments azotés, en grande partie ammoniacaux, etc., etc. — Bécemment, Charrin et Desgrez ont isolé une substance mucinoïde, insoluble dans un excès d'acide acétique, réduisant la liqueur de Fehling après action des acides, contenant du soufre; Weyl, Lepierre, Behring, Babès, etc., ont indiqué quelques-uns de ces caractères.

Il importe, pour expbquer les intoxications d'origine microbienne, de tenir compte de la diminution de l'oxygène par concurrence vitale, de la disparition d'une série d'éléments, dont, par le fait de cette concurrence, les tissus sont privés . Il faut aussi se préoccuper de l'apparition des principes ordinaires de l'évolution des bactéries, des substances ammoniacales, des acides gras, de l'acide carbonique, de l'acide lactique, etc., des corps aromatiques, des gaz, etc.

— Parmi ces composés, il en est qui agissent sur le cœur, d'autres sur le névraxe, sur le poumon, sur les sécrétions. Or, supposez que les corps générateurs de troubles cardiaques, corps souvent solubles dans l'alcool, à l'inverse des matières qui se montrent habituellement les plus actives, soient les plus abondants, puisque ces sécrétions varient, le mal revêtira la forme cardiaque, forme que la porte d'entrée, que l'état des viscères, etc., peuvent influencer : il y a là des conséquences intéressantes (=').

Toutefois, les accidents sont surtout attribuables aux sécrétions spécifiques, aux alcaloïdes, aux albumoses, aux diastases, aux nucléines, aux nucléo-albumines, etc. Parmi ces sécrétions, on rencontre donc des corps morbifîques; on y rencontre aussi ceux qui plus ou moins directement font naître l'immunité. — Connaissant le microbe, les causes propres à lui permettre d'agir, les symptômes, les lésions qu'il crée, les éléments capables, avec les associations bactériennes, d'influencer la gravité ou la bénignité, la marche, l'évolution de ces troubles, connaissant la nature, les propriétés des toxines que ce microbe utilise pour engendrer la maladie, il importe de rechercher s'il est possible de prévenir l'infection.

(') Voy. aussi travaux do R.snsom.

{^) Les travaux de Phisalix et Bertrand ont montré les analogies qui rapproclient les principes des venins de ceux des toxines; un venin peut comporter des substances multiples ; echidnase, echidnotoxine, echidnovaccin, etc. — On ne sait au juste les rapports de ces difrérents éléments, comme on ne sait au juste les relations des toxines et des autotoxines.

— Il y aurait lieu également d'étudier, avec Arnaud et Charrin, les produits usuels de la vie des bactéries, en particulier 0*, CO-, Az, etc.

[il. CHARRIlf.J

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CHAPIÏRK X

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