LEIVTIGO MALIN DES VIEILLARDS
Cette dermatose a été décrite pour la première fois par Jon.
CHLOASMA. — TRAITEMENT. 837
Ilulchinson (1). Elle commence par une tache pigmentaire qui siège à la face, soit à la partie supérieure de la joue, soit sur la paupière, soit sur la conjonctive. On peut observer ainsi une ou plusieurs taches, d'étendue variable, devenant plus foncées ou plus claires» disparaissant en certains points.
Le lentigo malin persiste pendant des années; puis, sur la tache ou autour d'elle, se montre un épithélioma qui ne tarde pas à s'accroître rapidement. Si on enlève cette tumeur, elle récidive presque fatalement; les ganglions finissent par se prendre.
Bien que le lentigo malin atteigne en général les vieillards, Dubreuilh (2) a observé, chez une femme de quarante ans, une tache qui aurait débuté à l'âge de dix-huit ans.
CÏILOASMA.
DESCRIPTION. — Il est constitué par des taches pigmentaires auxquelles certains auteurs (Hardy) ont aussi donné le nom à'éphélides. Ces taches se développent surtout sur le front, sur les tempes, mais peuvent se rencontrer sur d'autres parties de la face, sur les parties latérales des joues, sur le menton. Ce ne sont pas des taches petites comme celles du lentigo, mais des plaques plus ou moins grandes, de forme irrégulière, de couleur jaune brun, à bords nets ou diffus. Sur le front, le chloasma s'étend en haut jusqu'à la racine des cheveux. Cette affection se rencontre exclusivement chez les femmes, et se montre le plus souvent pendant la grossesse {masque des femmes enceintes) ; la face se pigmente comme l'aréole du mamelon, la ligne blanche de l'abdomen et d'autres régions du corps. Toutefois des femmes n'ayant jamais été grosses peuvent être atteintes de chloasma ; elles présentent alors fréquemment une affection utéro-ovarienne. Le chloasma disparaît souvent, mais pas toujours, après la grossesse, il s'atténue au moins; il s'efface en général à la ménopause.
TRAITEMENT DU LENTIGO ET DU CHLOASMA. — Les personnes prédiposées au lentigo feront bien de porter, dans la saison chaude, des voiles et des gants et de ne pas s'exposer au soleil. Le traitement curatif du lentigo est assez difficilement applicable à cause de la multiplicité des taches, il est d'ailleurs le même que celui du chloasma. Il consistera à faire tous les soirs des lotions avec le mélange de Hardy, pur ou coupé avec de l'eau chaude : eau distillée, 250 gr. ; sublimé, 1 gr. ; sulfate de zinc, 2 gr. ; acétate de plomb, 2 gr. ; alcool, Q. S. On s'arrête quand la desquamation est assez intense; le jour, on applique de la pommade à l'oxyde de
(1) .Ton. Hutchinson, Archives of Surgery, t. III, p. 319 et t. V, p. 253.
(2) DuDHiîuiLH, Bull, de la Soc. de dermat., aoùl-scpt. 1894.
zinc. Si cela ne suffit pas, on se sert d'une solution plus forte ou on applique la nuit des bandes d'emplâtre de Vigo. Kaposi emploie un moyen plus énergique, qui consiste à mettre le soir, sur les plaquedes compresses trempées dans une solution de sublimé à 1/100 qu'oi laisse en place pendant quatre heures ; il se forme une phlyclène qu'on crève et qu'on panse avec une pommade à l'oxyde de zinc. On peut aussi essayer des applications journalières de solution de borax ou des badigeonnages avec la teinture d'iode pure ou étendue d'alcool. Unna a imaginé, pour faire disparaître ces pigmentations cutanées, un traitement assez douloureux qui consiste : 1" à appliquer une pâte à la résorcine à 50 p. 100 pendant trois ou quatre jours; 2" cette pâte étant enlevée et la peau nettoyée, à recouvrir les parties d'une colle à la glycérine et à la gélatine qui adhère à l'épiderme et forme une sorte de masque. Au bout de quelques jours, en arrachant le masque, on enlève en môme temps l'épiderme sous-jacent (1).
N^VI PIGMENTAÏRES.
On appelle nseviis toute altération congénitale de la peau, caractérisée par le développement exagéré des vaisseaux cutanés ou par une production anormale de pigment; cette altération est ordinairement permanente et limitée à une région du corps. Certains nsevi peuvent se développer tardivement, plusieurs années après la naissance.
D'après cette définition, les nœvi se divisent en deux grandes classes : les nseui pigmentaires et les nœvi vasculaires ; ceux-ci se subdivisent en sanguins et en lymphatiques, suivant qu'ils sont formés par la dilatation des vaisseaux sanguins ou celle des vaisseaux lymphatiques (2). Nous n'étudierons dans ce paragraphe que les nsevi pigmentaires. "
DÉFINITION. — Les nœvi pigmentaires sont constitués par des ta- J ches de pigment, avec ou sans épaississement de la peau sous-jacente. ^
DIVISION. — On subdivise les nsevi pigmentaires en : a) nsevi lisses; 6) nsevi verruqueux ; c) nsevi hypertruphiques. (Kaposi.)
a. Les nœvi pigmentaires lisses sont de simples taches à surface lisse, sans participation du derme sous-jacent. De forme arrondie, ovalaire ou irrégulière, leurs dimensions varient depuis la grandeur d'une lentille jusqu'à une plaque plus ou moins large; de couleur café au lait, quelquefois brun noir, ils sont rarement uniques, plus souvent multiples, mais alors disséminés. Enfin ils sont glabres ou recouverts de poils {nœvi pilaires).
(1) Van IIoorn, Traile.nentdit par ccorchement {Progrès méd., 1893). — Gauchkii, leçons ^ur les maladies de la peau, 1895, p. 355 et 361. (2j Voy. plus loin, p. 840.