‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 2)Chapitre 166 sur 173 · PHTIRIASE DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

PHTIRIASE DE LA TÊTE

DESCRIPTION ET ÉTIOLOGIE. — Le pou de la tête vit dans les cheveux de l'homme. Sa forme et ses caractères zoologiques sont bien connus. La phliriase est très fréquente chez les enfants, principalement chez les enfants malpropres ; chez l'adulte les poux n'existent que chez les individus sales et misérables, ils peuvent alors envahir les sourcils et la barbe. Dans la convalescence des maladies longues, à la suite des accouchements, on trouve parfois les cheveux remplis de poux; ceux-ci existaient avant le début de la maladie; au cours de son évolution les parasites s'étaient cachés, n'avaient pu se reproduire, ne révélant leur présence qu'au moment de la guérison.

SYMPTOMATOLOGIE. — Quand ils sont rares, les poux de la têtr ne causent que des démangeaisons très vives, quelques papules de prurigo situées à la nuque et des excoriations produites par le grattage. Mais s'ils sont plus nombreux, ils donnent lieu à des éruptions pustuleuses, fréquentes chez les enfants lymphatiques, déterminées par l'inoculation des microbes pyogènes sur les surfaces excoriées. Chez les enfants, l'impétigo consécutif à la phtiriase est très fréquent [impétigo granulata) ; quand on détache les croûtes impétigineuses et qu'on écarte les cheveux agglutinés par elles, on voit les poux pulluler au-dossous. La suppuration peut être plus profonde cl déterminer de petits abcès du cuir chevelu; l'inflammation peut aussi donner lieu à des engorgements ganglionnaires cervicaux qui

produisent parfois des adénites suppurées. Enfin la séborrhée concrète peut compliquer ces éruptions et coller alors les cheveux entre eux, caractérisant ce qu'on a appelé le trichoma ou la pliqiie polonaise; cette maladie s'observe surtout en Russie, en Pologne et eu Allemagne.

La pédiculose n'est jamais très grave; mais les démangeaisons et les suppurations peuvent amener de l'insomnie, de l'amaigrissement; de plus, chez les sujets prédisposés, l'irritation cutanée peut devenir le point de départ d'un eczéma de la tête.

DIAGNOSTIC. — Il est facile, par la constatation des parasites et des œufs ou lentes collés aux cheveux; on ne confondra pas celles-ci avec les pellicules, ni avec de petits amas séborrhéiques.

TRAITEMENT. — Chez les enfants et chez les hommes, on commencera par couper les cheveux, puis on fera faire des savonnages de la tète. Si cela ne suffit pas, on prescrira des lotions avec l'alcool camphré pur ou avec une solution de sublimé à 1/500 ou à 1/300,. afin de tuer les parasites et de détruire les lentes; puis on savonnera de nouveau la tète.

Chez les femmes, le traitementsera plus long et plus difficile, car on obtient difficilement d'elles le sacrifice deleurchevelure. On commencera par faire des applications d'alcool camphré ou de solution de sublimé et on saupoudrera la tète avec de la poudre de staphysaigre. Un bon moyen pour détacher les lentes, si adhérentes aux cheveux, consiste en des applications de vinaigre au sublimé (1 p. 300), ou de vinaigre chaud. Quand les poux et les lentes auront disparu, on traitera les lésions cutanées secondaires.

PHTIRIASE DU CORPS

DESCRIPTION. — Le pou du corps, distinct de celui de la tète, est d'un blanc sale, plus long et plus large que ce dernier. On le rencontrerarement sur la peau, le plus souvent dans les vêtements qui sont en contact direct avec les téguments. Ces poux s'observent surtout chez les gens misérables, malpropres, âgés ; beaucoup de prurigos séniles ne sont que des prurigos pédiculaires, de même que la maladie des vagabonds n'est autre chose qu'une phtiriase invétérée.

SYMPTOMATOLOGIE. — Les poux, en piquant la peau pour absorber le sang, produisent des papules ; celles-ci provoquent de très vives démangeaisons, qui portent les malades à se gratter [prurigo pédiculaire) . Les papules déchirées par le grattage se recouvrent de croûtelles sanguinolentes ou prennent l'aspect d'excoriations linéaires plus ou moins étendues, recouvertes de sang desséché. Au bout d'un certain temps, ce grattage détermine un certain épaississement des téguments, un étal lichénoïde et une teinte pigmentée de la peau,

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