‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 2)Chapitre 35 sur 173 · IV. ABSINTHISME ET ALCOOLISME HÉRÉDITAIRES · texte numérisé non relu

IV. ABSINTHISME ET ALCOOLISME HÉRÉDITAIRES

Les boissons alcooliques, dont les manifestations se localisent spécialement au système nerveux, ont, par cela même, de la tendance à se propager par hérédité. Les accidents qui on résultent sont de trois ordres : un besoin inné d'user des liqueurs fortes ; des troubles nerveux purement dynamiques; des désordres matériels des centres cérébro-spinaux.

1° La tendance innée à faire usage et à abuser des boissons alcooliques est chose commune chez les descendants de buveurs, à la condition que ceux-ci se soient adonnés de bonne heure à l'usage des liqueurs spiritueuses ; c'est ordinairement entre quinze et vingt-cinq ans que cette tendance se manifeste chez les garçons aussi bien que chez les jeunes filles. Un jour, par hasard, le malheureux prédestiné entre chez un marchand de vin, d'une façon pour ainsi dire inconsciente, il boit un verre de liqueur sans penser à mal, il en trouve le goût agréable, il recommence, et peu à peu l'habitude est prise, le besoin est créé et l'intoxication est proche. Telle est l'une des conséquences les plus fâcheuses des excès continus de boissons alcooliques, et cette conséquence, si elle était bien connue, devrait suffire à retenir sur la pente tout individu qui s'adonne à ces boissons.

Les faits de ce genre sont des plus nombreux, et, pour s'en convaincre, il suffit de consulter la statistique que j'ai donnée autrefois, du dépouillement, au point de vue du lieu de naissance, de 813 observations de buveurs, recueillies dans les hôpitaux de Paris, de 1868 à 1875, au hasard et sans parti pris. Sur ce chiffre :

180 malades sont nés à Paris.

60 — — dans l'Ile-de-France.

79 — — en Normandie.

51 — — dans la Picardie et l'Artois.

44 — — en Bretagne.

53 — — en Lorraine.

33 — — en Champagne.

21 — — dans le Maine et l'Anjou.

19 — — en Flandre.

27 — — en Savoie.

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