MORPHINISME CHRONIQUE ET MORPHINOMANIE
L'abus des piqûres de morphine engendre un empoisonnement chronique, inconnu il y a une trentaine d'années, mais qui tend à se généraliser de plus en plus en Occident. Il y a lieu de distinguer, avec Bail, cet empoisonnement chronique, ou morphinisme, de la morphinomanie. « Par morphinisme il faut entendre l'ensemble des accidents produits par l'abus prolongé de la morphine. La morphinomanie au contraire est, au point de vue de l'opium, ce que la dipsomanie est au point de vue de l'alcool. La morphinomanie existe quand l'individu éprouve le besoin irrésistible de prendre de la morphine. C'est donc une maladie indépendante, ayant sa physionomie propre. Mais, de môme que la dipsomanie conduit à l'alcoolisme, de même la morphinomanie mène inévitablement au moi'phinisme. » (Bail.)
Généralement c'est pour combattre la douleur que la première injection de l'injection de morphine est pratiquée. Chez certaines personnes tout se borne là, elles n'éprouvent d'autre sensation que la suppression de la douleur. Chez d'autres individus, au contraire, la piqûre détermine une sensation de bien-être et de béatitude « que ne produit pas le sommeil, mais au contraire une sorte de réveil d'esprit ». Ce sont ces individus Cjui sont surtout prédisposés à devenir morphinomanes.
Chez certains morphinomanes, astreints de par leur profession à des efforts intellectuels, les injections sont nécessaires pour déterminer de l'activité cérébrale.
La morphinomanie s'observe surtout dans les classes aisées, et particulièrement chez les médecins. Il y a là, ainsi qu'on l'a fait remarquer» une sorte de prédisposition professionnelle.
SYMPTOMATOLOGIE. — Troubles cérébraux.— hQs premiers effets du poison portent tout d'abord sur les fonctions cérébrales. Il y a chez tous les morphinomanes une sorte de paralysie de la volonté, une indifférence à to'it ce qui les entoure. Celle torpeur est parfois assez