G. ROQUE
Professeur agrégé à la Faculté de médecine de I.yoa Médecin des hôpitaux.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES ET HISTORIQUE. — Dans la médecine ancienne, sous le vocable général de rhumatisme, on englobait les afTections les plus diverses, arbitrairement groupées au gré des doctrines régnantes ; ainsi le cadre des affections rhumatismales comprenait tout d'abord la totalité des arthropathies.
C'est Baillou (1) qui commença le démembrement du rhumatisme et le sépara nettement de la goutte ; mais, tandis que la goutte est devenue, grâce aux progrès de la pathologie, une maladie générale à dyscrasie bien nettement définie, avec une caractéristique histochimique spéciale, le rhumatisme est resté longtemps la désignation commune de tout un groupe d'affections morbides mal limitées, et mal différenciées.
Les recherches modernes se sont attachées à réduire de plus en plus son domaine.
Répudiant tout lien diathésique avec le rhumatisme, c'est dans le cadre des maladies infectieuses que sont venues se ranger les arthrites de l'érysipèle, des oreillons, de la diphtérie, de la variole, de la scarlatine et de la blennorragie ; et ce groupe nouveau des pseudorhumatismes infectieux s'accroît chaque jour d'acquisitions nouvelles.
En même temps, le démembrement du rhumatisme se poursuivait d'un autre côté, et les neuro-pathologistes réclamaient, pour les ranger dans le cadre des maladies nerveuses, les arthrites d'origine cérébrale des hémiplégiques, les arthrites consécutives aux maladies de la moelle, spontanées ou traumatiques (plaies de la moelle, paralysie
(1) Baillou (1570-1616). Œuvres posthumes. Opéra medica omnia. Paris, 1685.