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ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE. — SYMPTOMES

Quelquefois les téguments présentent une teinte grisâtre ou brunâtre et les sclérotiques une légère teinte subictérique.

Les sécrétions cutanées sont diminuées; la peau, sèche à la vue et au toucher, a de la tendance à desquamer.

Les ongles sont épaissis, fendillés, friables ; les cheveux, ternes, cassants, tombent parfois rapidement.

Chose singulière, Y amaigrissement est loin d'avoir l'importance qu'on s'attend à constater ; s'il est parfois considérable, il est aussi peu accusé dans bien des cas, et même l'embonpoint peut être conservé jusqu'à la fin.

Par contre, Vœdème est fréquent. On le trouve aux extrémités inférieures, aux parties déclives, aux grandes lèvres, au niveau des paupières et de la conjonctive, même dès le début. Variable, léger à la première période de la maladie, il devient permanent et plus intense dans la suite. La bouffissure du visage, le gonflement des extrémités s'accompagnent souvent alors d'un épanchement hydropique peu abondant des cavités séreuses (plèvre, péricarde, péritoine), à peine appréciable pendant la vie.

Les hémorragies cutanées sont précoces ; elles apparaissent de bonne heure aux membres inférieurs sous forme de pétéchies, plus rarement d'ecchymoses, ou de raies (vibicesj, au niveau de la pression exercée parles vêtements, au niveau du siège. Ces mômes taches hémorragiques, petites ou grandes, se retrouvent sur la muqueuse de la langue, desjoues, des conjonctives. Les épistaxis, les gingivorragies accompagnent quelquefois les taches purpuriques des téguments ; les métrorragies, les hématémèses et le mœlena sont plus rares.

Depuis Biermer, on attache une grande importance aux hémorragies rétiniennes. On les rencontre dans la majorité des cas. Elles ne constituent pas un signe pathognomonique, comme on l'a prétendu; car on les observe aussi dans le purpura hémorragique et dans les anémies extrêmes symptomatiques. Ces hémorragies rétiniennes, ne troublant pas la vue en général, doivent être recherchées à l'aide de l'ophtalmoscope. Plus ou moins nombreuses suivant les cas, parfois d'une telle abondance qu'on en a compté sur le cadavre plus de 120 sur un quart de rétine, elles siègent de préférence autour de la papille et aifectent une forme allongée, rayonnante. Leurs dimensions sont variables, leur couleur passe progressivement du rouge rubis au rouge brunâtre et au jaune clair. Elles apparaissent rapidement et persistent pendant deux ou trois semaines ou davantage.

On a signalé également des taches jaunes rangées en étoile autour de la macula lutea, comme dans le mal de Bright.

Plus rarement que les hémorragies, se produisent au niveau de U rétine et de la papille optique des phénomènes de stase. La rétine

prend une teinte gris rougeâtre, voilée, avec des limites confuses. La papille devient proéminente ; les veines rétiniennes sont fortement distendues et tortueuses, tandis que les artères, extraordinairement rétrécies, cessent môme d'être visibles par places (Eichhorst).

Le pouls est mou, petit, parfois filiforme, accéléré par intervalles ou d'une façon permanente.

Les carotides sont animées de battements. La jugulaire est le siège d'un pouls veineux vrai ou faux, et quelquefois d'un bruit de mouche. La jugulaire interne permet d'entendre un bruit de diable et un frémissement cataire. Il existe aussi assez souvent, au niveau du bulbe de la veine crurale, un souffle veineux qui, à l'opposé de celui de la veine du cou, faiblit à l'inspiration et se renforce à l'expiration.

Les malades se plaignent toujours de palpitations par accès, survenant sans cause apparente, ou à l'occasion de la moindre fatigue, de la plus légère émotion. Il n'est pas rare d'observer une légère dilatation du cœur droit et d'entendre un souffle systolique au premier temps, à la pointe ou à la base, quelquefois à tous les orifices ; exceptionnellement on perçoit un souffle diastolique cardio-pulmonaire.

Ces signes cardio-vasculaires, qui rappellent ceux de la chlorose, sont moins constants que dans cette maladie ; ils disparaissent, pour peu que l'airection ait une certaine durée, car la tension sanguine devient insuffisante. Aux accès de palpitations se joignent fréquemment des accès de dyspnée, spontanés ou provoqués par l'eflort, qui ne trouvent leur explication dans aucune lésion matérielle des poumons.

Les troubles digestifs, qui bien souvent marquent l'cclosion de l'anémie pernicieuse, prennent une importance de plus en plus grande, à mesure qu'elle évolue. L'inappétence est absolue, surtout pour les viandes, et l'haleine est fétide. Quelques malades ont une faim exagérée et une soif très vive. La plupart se plaignent de pesanteur cpigastrique, de douleur, d'une sensation de constriction, de renvois acides, de ballonnement du ventre. Les vomituritions sont fréquentes, les vomissements peuvent aller jusqu'à une véritable intolérance gastrique, qui contribue pour une large part à accélérer la marche de la maladie. La diarrhée est signalée dans presque toutes les observations. Séreuse et incoercible parfois, elle est d'ordinaire intermittente, à répétition, ou encore elle n'apparaît qu'à la période terminale.

D'après Gahn et von Mcring, l'acide chlorhydrique fait défaut dans le suc stomacal. M. Ilayem a constaté dans tous les cas, sauf un, une hypope|)sie intense, voisine de l'apcpsie.

Le foie et la rate ont un volume normal. On a déjà constaté cependant une légère hypertrophie du foie avec sensibilité à la pression et un certain degré d'hypcrmégalic splénique.

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