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ANÉMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE. — PRONOSTIC

si importants du début ne sont connus que par les renseignements anamnestiques relevés par le médecin, à une époque où la maladie est souvent très avancée (troubles digestifs, faiblesse, anémie).

Une fois nettement déclarée, la maladie tend à faire des progrès assez rapides. Addison, Biermer et les premiers observateurs l'ont décrite comme ayant une marche régulièrement progressive.

D'après Botkine, il y a quelquefois des rémissions très marquées, avec atténuation notable de tous les symptômes. Le plus souvent ces améliorations inespérées ne sont que temporaires; bientôt une rechute survient et se termine par la mort. Ce type discontinu serait considéré par Rumberg comme caractéristique.

Chacune de ces périodes d'amélioration est de deux à trois mois au plus, et la maladie tout entière parcourt habituellement son cycle dons l'espace de moins d'une année. Les cas d'évolution plus longue paraissent se rapporter à l'histoire des anémies symptomatiques (Hayem).

La durée varie de deux à huit mois. La mort peut arriver brusquement à la suite d'une complication ultime; mais le plus souvent le malade s'éteint peu à peu, tombe dans la somnolence et meurt par « impuissance de vivre >>. Quelques heures ou quelques jours avant la mort, on note une élévation de température ou une véritable hypothermie (25»,8, Millier).

La guérison est-elle possible? Pour Addison et Immcrmann, la forme dite essentielle serait caractérisée à la fois par son origine spontanée et par son issue funeste. Cependant Ouincke, Hansen, Laache et quelques autres ont publié des cas de guérison qui semblent se rapporter sans conteste à la même maladie (Hayem).

L'anémie pernicieuse progressive peut-elle se transformer en d'autres maladies ? Litten et Waldstein l'ont vue précéder une leucémie myélogène, Grawitz la sarcomatose des os, Eichhorst la dégénérescence lymphosarcomateuse des ganglions mésentériques réiro-péritonéaux, dans un cas, et le cancer du pylore, dans un autre. Le même fait aurait été observé par Klebs. Comme l'anémie datait d'une année et que le carcinome était tout à fait à son début, regarder l'anémie comme secondaire au cancer eût été forcer la conclusion, ajoute Eichhorst. Sans doute, au cours de l'anémie une affection incidente peut apparaître; mais on ne peut s'empêcher de remarquer que ce sont justement les affections précédentes qui réalisent le mieux le tableau de l'anémie progressive secondaire.

Anémie pernicieuse progressive des femmes enceintes. — Cette variété (1) trouve bien souvent dans une clilorose ancienne ou une anémie chronique du deuxième ou du troisième degré, consécutives à des infections antérieures, à des troubles digestifs, à des Hémorragies, à la fatigue, aux privations, des conditions favorables

(1) Plicot, Contribution à l'ctudc de la pathop^cnie et du diagnostic de l'anémie pernicieuse progressive des fcainies enceintes. Tli. de Paris, 1805.

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à son développement. Les accouchements répétés, les vomissements incoercibles, les hémorragies puerpérales, l'allaitement, de nouvelles conditions physiques et morales finissent par provoquer l'anémie pernicieuse, qui est alors attendue comme un syndrome terminal presque fatal.

Fréquemment l'accouchement est prématuré : l'accouchement a lieu au plus tôt à six mois et demi, au plus tarda huit mois et demi. Deux enfants sont nés vivants et bien portants, à huit mois et demi et à neuf mois. Quant à la mort du fœtus, elle se produit tantôt avant l'expulsion (douze jours), tantôt à la naissance, tantôt enfin dans les jours suivants. Une seule fois la femme mourut sans être entrée en travail (Plicot).

L'accouchement est ordinairement normal, et, malgré l'absence habituelle d'hémorragie, il semble le plus souvent donner un coup de fouet à l'affection. Ne sait-on pas, en effet, que la femme perd en moyenne un million de globules du fait de son accouchement, proportion énorme pour un organisme si profondément débilité (Tarnier). Chiara a pourtant obtenu une guérison en provoquant l'accouchement à sept mois et demi ; mais ce fait exceptionnel ne saurait faire oublier l'observation de Gusserow (accouchement provoqué à sept mois : mort deux jours après) et les deux observations de Tarnier (avortement provoqué à quatre mois : mort ; accouchement provoqué à sept mois et demi : mort le lendemain).

La guérison n'est signalée que trois fois. La mort survient tantôt peu après l'accouchement (quelquefois le jour même), tantôt de un à cinq mois après la délivrance.

La durée moyenne de la maladie est de trois à huit mois ; elle est au minimum d'un mois et demi (Burger).

A titre de complication, on a signalé la phlegmatia alba dolens (Hayem) et la broncho-pneumonie (Lépine).

PRONOSTIC. — Quels sont les éléments du pronostic de l'anémie pernicieuse progressive?

Pour Sorensen, la terminaison funeste est inévitable, quand le chiffre des globules rouges atteint un demi-million. On a vu cependant l'amélioration survenir après une chute des hématies à 300 000 (Laache), et môme la guérison à la suite d'une transfusion, alors que leur nombre ne dépassait pas 143000 (Quincke).

D'après M. Hayem,- il faut distinguer les cas d'anémie extrême prolopalhique des cas secondaires.

Dans les anémies secondaires^ l'état des malades doit être considéré comme très grave lorsque le nond^re des globules est inférieur i\ un million, quelle que soit la valeur globulaire. En général, il ne descend guère au-dessous de 700 000. La diminution du noudjre absolu des hématoblastes, non d'une manière passagère, mais d'une manière

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