ANEMIE PERNICIEUSE PROGRESSIVE. — ANATOMIE
habituelle, rend le pronostic immédiatement très grave. Enfin l'apparition des globules rouges à noyau est un signe de mort prochaine.
Dans les cas d'anémie extrême, prolopathique, la diminution dans le nombre des hématoblastes et la présence de quelques rares globules rouges à noyau, peuvent s'observer bien avant que le chiffre des hématies soit inférieur à un million. L'affaiblissement du processus de sanguifîcation par les hématoblastes a donc une grande valeur au point de vue du diagnostic, sans comporter un pronostic aussi sombre que dans les anémies secondaires. Si l'on voit, sous l'influence du traitement, les globules rouges à noyau disparaître et en même temps les hématoblastes se relever, on pourra porter un pronostic favorable, quand bien môme le chiffre des hématies paraîtrait extrêmement faible. Par contre la maladie s'est terminée par la mort dans tous les cas où le caillot était non rétractile (Hayem).
D'autre part, si l'on accepte les cas de guérison, le pronostic est plus grave chez les femmes en couches, car c'est surtout chez l'homme et chez la femme, en dehors de la puerpéralité, qu'on a signalé le retour à la santé.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — De petites hémorragiesdisséminées à la surface ou dans la profondeur des organes, des signes de dégénérescence graisseuse viscérale, telles sont les lésions le plus communément observées à l'autopsie.
Le cadavre est d'une pâleur intense, sans taches livides, sans marbrures au niveau des parties déclives. Amaigri quelquefois, plus souvent ayant conservé son pannicule adipeux, le corps présente des traces d'œdème aux paupières et aux malléoles. Dès qu'on l'ouvre, on est frappé par la décoloration générale des tissus et des organes qui paraissent absolument lavés.
Le cœur, petit ou dilaté, plus rarement hypertrophié, est flasque, mou, d'un jaune pâle. Les muscles papillaires, du ventricule gauche surtout, les parois, le septum, montrent un piqueté jaune ouont un aspect marbré, avec de petits points hémorragiques dans leur épaisseur. Au microscope, les fibres musculaires sont troubles, sans striation nette, chargées de granulations. Certaines d'entre elles, de nature graisseuse, sont localisées autour du noyau; elles peuvent envahir l'élément tout entier.
On a parfois constaté les lésions de l'endocardite chronique ou de l'athérome, ou, ce qui est plus intéressant, une hypoplasie cardinvasculaire manifeste : l'aorte ne mesurait à son origine que 5 ou 4 centimètres de circonférence.
Le cœur et les veines ne contiennent qu'une infime quantité de sang pâle, très fluide.
Les poumons ne présentent que des altérations sans intérêt et survenues à titre de complications : emphysème, œdème, congestion hy-
postatique, tubercules crétacés, noyaux de bronchopneumonie.
Les séreuses, la plèvre et le péricarde, sont semées à leur surface de petits points ecchymotiques ; elles renferment un peu de sérosité.
Le mésentère et Tcpiploon sont encore riches en graisse.
h'eslomac est ordinairement altéré, comme le prouve l'examen microscopique. On a signalé la dégénérescence graisseuse (Biermer, Schumann), l'amincissement de la muqueuse avec raréfaction des glandes (Quincke), l'atrophie avec destruction des tubes sécréteurs de la plus grande partie de l'organe (Fenwick, Henry et Osier, Brabazon, Nolen). Nothnagel décrit trois sortes de lésions : 1" l'atrophie glandulaire simple; 2" la cirrhose interstitielle sans altérations glandulaires graves; 3° la cirrhose de la paroi combinée à l'atrophie des glandes. M. Hayem a constaté tantôt une gastrite mixte, tantôt une transformation muqueuse de l'épithélium glandulaire, avec ou sans atrophie de la muqueuse de l'estomac.
L'intestin peut présenter des altérations identiques : atrophie, dégénérescence graisseuse ou muqueuse des glandes de Lieberkûhn et même atrophie du plexus nerveux d'Auerbach et de Meissner (Sasaki, Jûrgens et Blasko), sur la valeur de laquelle on n'est pas fixé.
Les ganglions lymphatiques sont ordinairement normaux. On a cependant remarqué la tuméfaction d'un certain nombre d'entre eux, ceux du mésentère en particulier (Weigert).
Les reins, d'une grande pûleur, présentent quelquefois au microscope une légère infdtration graisseuse ou même des lésions banal(>s de néphrite diffuse ou interstitielle. Dans un cas de Hanot et Legry, il existait un certain degré de tuméfaction de l'épithélium glomérulaire, de petits exsudats intertubulaires et une légère artérite.
L'utérus et les annexes ont toujours été trouvés sains.
Il en est de môme des capsules surrénales et du pancréas. Dans une observation de MM. Cornil et Lépine, il y avait bien une atrophie graisseuse du pancréas; mais M. Lépine se demande s'il s'agissait réellement d'une anémie pernicieuse.
Le foie, pâle comme tous les organes, garde son volume et s'infdtre de graisse. Hanot et Legry ont trouvé dans les lobules hépatiques des îlots plus ou moins étendus de cellules ayant à peine le tiers ou le quart du volume normal, mais présentant la même constitution protoplasniique (jue les autres éléments du foie. Le noyau de ces cellules résiste presque toujours à l'action des réactifs colorants. D'après Quincke, les cellules de la périphérie du lobule contiendraient du fer.
Grohé, Striihlen, après avoir traité les coupes microscopiques par le sulfocyanure d'ammonium et le ferrocyanure de potassium, a trouvé également un dépôt de fer dans le foie, la rate, souvent môme dans les reins et quel((ucfois dans la mixilU*, des os.
L'examen chimique du foie a du reste permis de constater l'aug-