‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 3)Chapitre 61 sur 133 · CYANOSE OU MALADIE BLEUE · texte numérisé non relu

CYANOSE OU MALADIE BLEUE

Elle peut rester latente jusqu'à la fin d'une existence quelquefoislongue, ou donner lieu à des phénomènes de cyanose intermittente et tardive. La symptomatologie se réduit le plus souvent aux signes physiques : souffle sy stolique avec ou sans frémissement cataire de la partie moyenne du cœur ; légère augmentation de la matité transversale à droite.

Le souffle, dit souffle de Roger, s'entend à la partie interne du troisième espace intercostal gauche ou de l'articulation sternale du quatrième cartilage costal gauche. Il est intense, rude, à tonalité haute, semblant se produire directement dans l'oreille d'arrière en avant (Potain). Il est syslolique, dû au passage d'une certaine quantité de sang du ventricule gauche dans le ventricule droit pendant la systole, et occupe tout le milieu de la région précordiale, se propageant transversalement. Le frémissement cataire senti à la main n'est pas constant. Lçs caractères particuliers et surtout l'invariabilité du souffle ne permettent pas de le confondre avec les souffles extracardiaques. II se distingue du souffle du rétrécissement pulmonaire par sa propagation transversale et non vers la clavicule gauche ; du souffle de l'insuffisance mitrale par son siège et sa non-propagation dans l'aisselle et dans le dos.

La cyanose manque ou est tardive. Elle n'a été notée que 5 fois sur 14 cas réunis par Reiss : le sang passant du ventricule gauche, où sa pression est plus élevée, dans le ventricule droit, c'est le sang artériel qui se mêle au sang veineux, et il n'en peut résulter aucun trouble. La cyanose ne se produit que d'une manière intermittente à l'occasion d'une maladie intercurrente ou d'une émotion, ou tardivement sous l'influence de la tuberculose pulmonaire qui gêne la circulation dans le cœur droit et change le sens du courant interventriculaire.

La /a6ercu/osejo«/monai>e se développe très facilement chez les sujets atteints de communication interventriculaire. Dans tous les cas oh l'examen du poumon a été fait chez des adultes morts avec la maladie de Roger, on a trouvé des lésions tuberculeuses (Reiss).

PRONOSTIC. — La communication interventriculaire est une anomalie et non une maladie. Elle favorise le développement de l'endocardite secondaire rencontrée dans près de la moitié des cas par Reiss, et de la tuberculose pulmonaire. En l'absence de ces complications, son pronostic est bénin. Toutefois Reiss note comme survie la plus longue quarante-deux ans, et c'est avec quelque réserve qu'il faut enregistrer le cas de H. Roger observé chez une dame âgée de soixantetrois ans, mais sans vérification anatomo-pathologique.

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