LENTE ET PROGRESSIVE
Mais parfois les accidents éclatent avec soudaineté, annoncés par une dyspnée subite et intense, quelquefois même une crise douloureuse rappelant l'angine de poitrine. L'asystolie se déclare en quelques heures avec la série des phénomènes liés à la dilatation cardiaque et à la rétrostase veineuse, d'emblée menaçante pour la vie. C'est I'asystolie aiguë.
L — Si l'on envisage la multiplicité de ces accidents, il est possible d'en dégager un syndrome constant et caractéristique de l'insuffisance et de la dilatation du cœur, se retrouvant dans tous les cas, que l'asystolie soit légère ou intense, récente ou ancienne, simple ou compliquée. Il se compose de trois ordres de signes : 1° la dyspnée, indiquant la gêne de la petite circulation ; 2° les modifications du pouls et la diminution des urines, qui traduisent l'asthénie cardiaque et la stase veineuse du rein ; 3° l'augmentation de la matité cardio-hépatique accusant la dilatation du cœur droit et la stase dans les veines sus-hépatiques.
1"* La dyspnée, ce cri de détresse du myocarde (Sansom), est le premier signe révélateur de l'asystolie. Elle est essentiellement caractérisée par .sa continuité et son exacerbation sous l'influence du déçu-
P. MERKLEN.
bilus vcspôral. A son degré le plus léger, c'est une simple anhélation qu'exagère le moindre mouvement, mais qui ne devient pénible que le soir et la nuit, obligeant le malade à s'asseoir pendant plusieurs heures avant de trouver le repos. Quand l'asystolie est plus ancienne, compliquée dhydropisie, c'est la dyspnée continue avec obligation de rester nuit et jour dans un fauteuil. Enfin, dans l'asystolie aiguë, c'est encore l'orthopnée, mais avec angoisse, grande fréquence des mouvements respiratoires, cyanose et sueurs de la face. Quelle que soit d'ailleurs son intensité, la dyspnée continue trouve son explication dans la stase veineuse pulmonaire. Celle-ci se manifeste par une diminution de la sonorité et du murmure respiratoire aux deux bases, souvent aussi par des râles crépitants et sous-crépitants dus à la coexistence d'un certain degré d'œdèmc pulmonaire, à certains moments par des sibilances trachéo-bronchiques. L'excès de tension dans la petite circulation et la stase veineuse diminuent le champ de l'hématose et l'expansion pulmonaire, soit par effacement plus ou moins complet de la lumière des alvéoles, soit par suite d'une véritable rigidité alvéolaire due à la distension des petits vaisseaux (von Basch).
2" L'apparition de la dyspnée asystolique est accompagnée et souvent précédée de modifications du côté du pouls et des urines. Le