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INFILTRATIONS ET DÉGÉNÉRESCENCES ARTÉFUELLES

s'observer sur certaines artères très calcifiées. Les plaques calcaires sont parcourues par des vaisseaux et des espaces médullaires, aux dépens desquels se produit ensuite delà substance osseuse. Cohn a montré que les fragments des plaques calcaires brisées pouvaient être réunis par un véritable cal fibreux, susceptible lui-même de subir l'ossification.

Infiltration amyloïde. — Nous ne pouvons donner ici une étude complète de cette intéressante altération. L'histoire en a déjà été présentée en grande partie dans les chapitres consacrés à la Dégénérescence amyloïde du foie^ de la raie, et des reins. Nous ne ferons que rappeler les caractères généraux de cette lésion, et nous n'insisterons que sur ses rap^)orlsavec lesystème artériel, renvoyant aux chapitres précédents pour tout ce qui a trait à l'état des organes atteints et à la symptomatologie.

Entrevue en 1813 par Portai (1), qui la comparait à du lard, puis signalée par J.-F. Meckel (2), par Rayer (3), qui la comparait à de la cire jaune, la substance amyloïde n'a été nettement différenciée que par Rokitansky (4). Mais c'est surtout depuis la découverte de la réaction iodo-sulfurique par H. Meckel (5) et Virchow (6), en 1853, que celte altération a fixé Tattentiondes anatomo-palhologisLcs, en môme temps qu'elle recevait de Virchow son nom de dégénérescence amyloïde, qui a prévalu contre celui de leucomatose, proposé par Lancercaux (7). Depuis lors, elle a été l'objet de très nombreux travaux, donton trouvera ranalyscdétailléedansunmémoirede Wichmann (8).

La substance amyloïde est une matière amorphe, homogène, réfringente et translucide, de consistance ferme et légèrement élastique. Elle se caractérise par un certain nombre de réactions colorantes. Une solution iodo-iodurée étendue la colore en brun acajou, tandis que le tissu sain reste jaune pâle. Si l'on fait agir ensuite un acide dilué (de préférence l'acide sulfurique), elle passe au bleu verdâtre ou violacé. Le violet d'aniline, puis l'acide acétique étendu, lui donnent une couleur rouge pourpre, qui tranche sur le tissu ambiant resté bleu (Cornil, Jdrgenset Heschl). La safranine colore l'amyloïde en jaune orangé, le reste de la coupe en rose foncé (Cornil).

Contrairement à l'opinion de Virchow, qui la considérait comme analogue à la cellulose et lui a donné son nom en conséquence, la substance amyloïde n'est pas un corps ternaire : Schmidt (0), Frie-

(1) PonTAL, Mal. du foie. Paris, 1813.

(2) J. F. Mnr.KEL, Anat. patli., 1816.

(3) Rayku, Mal. des reins, 1840.

(4) Rokitansky, Anal, palli., t, III, 1842.

^5) H. Meckel, Annal, des Ch.irité-Kmnkenh., 1853

(6) ViucHO-\v, Virchow's Archiv, Rd VI, 1854.

(7) Lancereaux, Anat. path., t. I, 1875.

(8) WiciiMANN, Zictjler's Beitriiç/e, 1893.

^9j Schmidt, ^Hfiat. der Clieinie u. Pharmacie, 1859.

drcicli et Kekulé (1), Kiilino el Rudncir (2), Modrzejewsld (3), en ont établi la nature qualernaire. Elle se distingue cependant des autres matières alburninoïdes par sa résistance aux agents chimiques : non seulement elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, les acides et alcalis étendus, mais elle paraît inaccessible aux diverses fermentations (digestion, suppuration, putréfaction). Toutefois Kostjurin et Ludwig ont reconnu une certaine action au suc gastrique. Plus récemment, Kravkow (4) serait parvenu à extraire de la matière amyloïde un corps non azoté, soluble dans l'alcool, et donnant avec l'iode la réaction caractéristique.

Jaccoud considère l'amyloïde comme une substance albuminoïde pauvre en azole, et en quelque sorte intermédiaire aux hydrates de carijone et aux albuminoïdes, tandis que Wagner y voit une métamorphose régressive de ceux-ci, constituant un produit intermédiaire entre eux et la graisse. Pour Gautier, la matière amyloïde représenterait un albuminoïde en voie de régression, voisin de la kératine et delà conjonctine. Enfin Kravkow la regarde comme une substance analogue à la chitine.

L'amyloïde n'atteint que très rarement les grosses artères (aorte, artère pulmonaire). En général, elle frappe les artères viscérales, et c'est à leur niveau que l'altération des organes débute et conserve toujours son maximum d'intensité. Wagner (5), Mi'inzel, veulent même qu'elle ne frappe jamais que les vaisseaux, ce qui semble exagéré. Tous les organes et appareils de l'économie, sauf peut-être le système nerveux, peuvent être ainsi atteints, et il est de règle d'en trouver plusieurs intéressés simultanément : la rate, le foie et les reins surtout, puis les ganglions lymphatiques et la muqueuse intestinale, la muqueuse gastrique, les capsules surrénales, le pancréas, etc. Plus rarement, l'amylose se localise dans un tissu pathologique (cicatrices syphilitiques, tumeurs fibreuses des voies respiratoires, conjonctive palpébrale enflammée, etc.).

Sur certains points, la paroi artérielle se trouve transformée en blocs homogènes. Ceux-ci, d'abord isolés, se réunissent ensuite, donnant à l'artère une apparence noueuse qui l'a fait comparer à la racine d'ipéca (Grainger Stevvart). Ainsi épaissie, la paroi artérielle a perdu beaucoup de son élasticité, d'où la difficulté (jne l'on éprouve à injecter les organes dont les vaisseaux sont atteints d'amylose. Le calibre de l'artère peut être conservé, mais il est souvent rétréci, el la lumière peutmêmeêtreoblitérée(Ziegler).Lorsqu'elle arrive à ce point, l'altération des vaisseaux amène une véritable nécrobiose des élé-

(1) FniF.nnEicii et Kiîkumî, Virchoiv's Archiv, 1859.

(2) Kliim: et Uui>m;kf, Virchow's Archiv, 1865.

^.3) MoDuzEJEwsKi, Arc/i. fiirexper. Pulh a. Pharm., 1873.

(\) KiiAVKow, nép. aniyloïclo cxpcr. [Arch. de méil. c.ijïcr., ISDû).

(5) WAGMiii, Arch. der IIcUU., ISGl.

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