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LÉSIONS ARTÉRIELLES PAR PARASITES ANIMAUX

Otto parle iT/njclatides artérielles observées chez l'homme, mais aucun autre auteur n'en fait mention.

En revanche, chez l'animal, certains strongles peuvent déterminer des lésions artérielles. Chez le cheval et l'Ane, les larves du sfrongijlus armatus minor peuvent, en s'arrèlant dans les artérioles, surtout celles du mésentère, amener l'altération de leur paroi et la formation d'anévrysmes vermineiix (Waycr). Chez le chien, les œufs du slrongi/his vasorum, en se fixant dans les ramifications de Tarière jjulmonaire, déterminent une prolifération cellulaire intra et périvasculaire, et donnent lieu ainsi à une variélé de pseudotuberculose, parfois même à de véritables anévrysmcs (Laulanié).

(1) Tr.issii-u, Th. de Paris, 180 5.

(2) Ii-i'E, Th. St-l\'lorsh., 1892.

(3) Vissman, Th. de Berlin, 1802.

PAR

É. BOINET

Médecin des hôpilaux,

Asrégé des faciilU's,

Professeur à llicole de Médecine de Marseille.

ANEVRYSMES DE L'AORTE

ANÉVRYSMES ORDINAIRES

HISTORIQUE. — Les premiers cas ont été observés par Fernel (1554), André Vésale (1557), Baillou (1575), G. Riva, Malpighi. Valsalva (1710) et Alberlini (1731) préconisent la diète et les larges saignées. Lancisi (1728), Haller (1749), Hunter (1758) rapportent de nouveaux faits. Morgagni (1760) fait, dans ses xvii* et xviii» lettres, une critique des travaux antérieurs, il donne une bonne description des lésions des parois anévrysmales, il indi(iue les divers modes de terminaison de ces anévrysmes, il signale leur rupture dans le péricarde, enfin il insiste sur les troubles fonctionnels dus à la compression des organes voisins. Au commencement de ce siècle, Corvisart fait connaître quelques signes chniques et décrit l'anévrysme kystogénique. Scarpa (1808) admet que des lésions destructives entraînant la rupture des tuniques interne et moyenne, précèdent toujours la formation du sac anévrysmal, qui ne serait constitué que par la couche celluleuse de l'aorte. Avec Fabrice de Hilden, Sennert, Barbette, Diemerbroeck, Monro, il combat donc les idées de Fernel, qui attribuait l'anévrysme 'à' [la simple dilatation des trois tuniques. Hogdson (1815) établit une distinction bien nette entre la dilatation et l'anévrysme et insiste sur l'importance du rôle des caillots fibrineux dans la guérison spontanée des anévrysmes. Laënnec appelle l'attention sur l'anévrysme disséquant, signale la valeur diagnostique des symptômes de compression. Bouillaud recommande l'iodure de potassium. D'importantes études cliniques sont publiées en France, par Bégin (1829), J. Franck (1830), Chomel (1833), Gendrin (1844) ; en Angleterre, par Greene (1836), Hope (1839), Law (1843), Bellingham (1848), Lyons (1850), Stokes, Byrom-Bramwell. Thurnam (1840) consacre un excellent mémoire à l'anévrysme artérioso-veineux. Mentionnons encore

lorf travaux importants de Cruveilhier, Lebert, Rokitansky, Broca. Cornil et Ranvior montrent ({lic l'anévrysme tient à la destruction de la tunique moyenne et à la distension consécutive des autres tuniques modifiées par l'inflammation. Au moyen de la méthode graphique, Marey, F, Franck ont précisé le diagnostic et ont élucidé la physiologie pathologique dejces anévrysmes. Les heureuses applications de la radioscopie et de la radiographie ont permis de déceler les anévrysmes latents de l'aorte. Enfin, la thérapeutique n'a retiré que des avantages médiocres de l'acupuncture (Velpeau, C. Paul), de la filipuncture (Moore, Loreta, Baccelli), de l'électropuncture (Petrequin, Pravaz, Ciniselli, Anderson, Dujar<lin-l>caumetz}, de la ligature des gros troncs artériels qui partent de la crosse de l'aorte, etc.

ÉTIOLOGIE. — Elle comprend l'exposé des causes prédisposantes, clélerminanles ou occasionnelles qui favorisent ou provoquent l'artériosclérose, font disparaître la tunique moyenne, diminuent la résistance de l'aorte qui se laisse d'autant mieux distendre, que l'hypertension artérielle existe habituellement en pareil cas.

Causes prédisposantes. — ^Q^- — Dans 28 cas inédits, dont 12 sont personnels, nous trouvons que l'anévrysme aorlique s'est développé à vingt-huit ans, 1 fois ; de trente-cinq à quarante ans, 4 fois ; de quarante à quarante-cinq ans, 8 fois; vers cinquante ans, 3 fois; aux environs de cinquante-cinq ans, 3 fois; à soixante ans, 5 fois; vers soixante-cinq ans, 3 fois.

Nous avons publié (1) un cas d'anévrysme artérioso-veineux de l'aorte et de la veine cave supérieure survenu brusquement chez une femme de soixante-quinze ans.

Les anévrysmes de l'aorte sont très rares dans l'enfance. On aurait vu sur un fœtus un anévrysme de l'aorte abdominale assez volumineux pour devenir une cause de dystocie. D'après Thoma (2), quelques anévrysmes développés dans la premièr'î enfance résultent de la traction exercée sur la paroi antérieure de l'aorte par le canal de Botal. L'anévrysme aortique a été observé chez un enfant de quatre ans (Willett), de quatre ans et demi (MacKeen), de cinq ans (Jacobi). Ce dernier cas était consécutif à des lésions tuberculeuses aiguës des parois aorti([ues. Jacobi a recueilli dans la littérature médicale 30 observations d'anévrysmes de l'aorte dans l'enfance. Citons encore les faits que Broca, Breschet, Crisp, Roger, Ilervieux, Pendin ont constatés sur des enfants âgés de dix à quatorze ans. Enfin des anévrysmes aorliquesont été signalés par Smith chez un boy de dix-huit ans, parThi])iergc chez une jeune filh^ de dix-sept ans, par Sahli chez un jeune homme de vingt-huit ans. Lorsque l'anévrysme de l'aorte se développe dans la première moitié de l'existence, la syphilis est

(1) Uevue de médecine, 1897, p. 151, 371, et 1898, p. 126, 50D.

(2) TiioMA, Arch. f. palh Anat. CX.\II, 3, 1890.

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habituellement en jeu. Il est probable que la syphilis congénitale intervient dans la genèse de la plupart des anévrysmes de l'enfance. La syphilis était indéniable dans les cas d'anévrysmes aortiques observés par Tuflnel, Rabbe, Laveran sur des sujets de dix-neuf, vingt-cinq, vingt-neuf ans. L'anévrysme apparaît plus tôt lorsqu'il est d'origine syphilitique. Sur 185 cas, Etienne (1) a trouvé que de trente à quarante ans, les syphilitiques étaient dans la proportion de 39/14 pour tomber à 20/24 après cinquante ans. L'époque d'apparition des anévrysmes serait de quarante et un ans pour les syphiUtiques et de quarante-sept pour les autres malades (Etienne). Lorsque l'anévrysme aortique est lié à une artério-sclérose d'origine infectieuse (syphilis, impaludisme), ou toxique (alcoolisme), il apparaît entre trente-cinq et ([uarante-cinq ans; il se montre plus tardivement quand ces influences toxiques n'entrent pas enjeu. C'est à cette dernière catégorie de faits que se rapportent les statistiques de Lebert, dans lesquelles l'anévrysme est plus fréquent après cinquante-cinq ans qu'avant quarante-cinq, et sur 59 cas cet auteur relève 14 anévrysmes entre cinquante et soixante ans, 9 entre quarante et quarante-cin([ ans, 8 entre trente-cinq et quarante ans. D'après Broca, l'anévrysme de l'aorte thoracique existe dans la proportion de 15 p. 100 audessous de trente ans, de 29 p. 100 de trente à trente-neuf ans, de 35 p. 100 de quarante à quarante-neuf ans, de 43 p. 100 de cinquante à cinquante-neuf ans, de 50 p. 100 à soixante ans et au-dessus. Exceptionnellement l'anévrysme aortique apparaît dans l'extrême vieillesse. Le malade de Corvisart avait quatre-vingts ans

Sexe. — D'après Crisp, il est cinq fois plus fréquent chez l'homme que chez la femme. Dans notre statistique de 28 cas, nous trouvons 5 femmes et 23 hommes.

Lebert indique la proportion suivante : 18 femmes pour 59 hommes. Gerhardt n'enregistre que 8 femmes pour 17 hommes. Selon Servier, les anévrysmes de l'aorte abdominale sont douze fois plus rares chez les femmes. Sur 240 cas d'anévrysmes, Etienne n'en signale que 27 dans le sexe féminin ; la syphilis était évidente chez 20 de ces malades; elle existait donc dans l'énorme proportion de 75 p. 100. Aussi les prostituées sont-elles particulièrement atteintes d'anévrysme aortique (Byrom-Bramwell, Etienne).

Professions. — Les professions pénibles, fatigantes, nécessitant de violents efforts musculaires, exposent surtout à l'anévrysme de l'aorte. C'est ainsi que les 28 malades qui composent notre statistique étaient pour la plupart chargeurs, ouvriers de quais, boulangers, corroyeurs, charretiers, chauffeurs, marins. Deux étaient joueurs de piston, de trompette. Cette dernière profession était déjà incriminée par Morgagni et Lancisi. Richter (1885), Bierraer ont

(1) Etienne, Annales de Derm. et de Syphil., 1897.

surtout rencontré l'anévrysme de l'aorte chez les ouvriers dont le métier exige des elTorts musculaires considérables. Souvent, ils étaient alcooliques. D'après Benedikt, de Vienne, une existence pénible et agitée favorise le développement des anévrysmes aortiques.

La fréquence de ces anévrysmes dans les armées anglaises a été signalée par Costelloe et Slraker (1859), Myers (1869), Welch (1876), Lawson, Byrom-Brannvell. Elle est attribuée à l'action delà syphilis, de l'alcoolisme, aux fatigues musculaires, aux efforts soudains, (pii augmentent considérablement la tension artérielle, surtout lorsque l'équipement serre démesurément le thorax (Welch, Byrom- Bramwcll).

Jince. — La race anglo-saxonne est sujette aux anévrysmes non seulement dans son pays d'origine, mais encore aux États-Unis. Les races latines en sont moins souvent atteintes. Il faut moins incriminer l'influence de la race que les habitudes vicieuses, l'alcoolisme, la fréquence de la goutte, le genre d'alimentation, le mode d'existence propres à chaque nationalité. Du reste, la diminution du nombre des anévrysmes est proportionnelle à la prospérité des Sociétés de tempérance du P. Malhew. Les anévrysmes seraient fréquemment observés à Charleston, sur les races de couleur, en particulier (Guiteras), ainsi que chez les Européens résidant au Japon (Eldrige).

Causes déterminantes. — Intoxications. — Alcoolisme. — Curshman, Biermer signalent, à Hambourg, la fréquence des anévrysmes chez des ouvriers peu âgés, adonnés à l'eau-de-vie. La moitié des gens qui présentent des anévrysmes sont des ivrognes avérés (Lancisi). Le rôle de l'alcoolisme était bien net dans le quart de nos observations. Lécorché insiste sur son importance étiologitiue. Cependant sur 240 cas d'anévrysmes, Etienne ne relève que '2S fois des antécédents alcooliques. Le tabac, vivement incriminé par Peler, n'a qu'une médiocre action éliologique (Potain, Huchard). Le saturnisme prédisposerait à l'anévrysme ; le plomb agirait directement sur les parois artérielles (Desplanchos, Lancereaux). Guérin et Martin (1895) ont constaté plusieurs anévrysmes chez un saturnin.

DiATHÈSEs. — C'est en déterminant l'artério-sclérose et l'aorlile chronique avec atrophie de la tunique moyenne, que Varl/iritisme, Vlierpélisme, le diabète, toutes les maladies par ralentissement de la nutrition exposent à l'anévrysme aortique. La goutte mérite une mention spéciale, elle est aux artères ce que le rhumatisme est au cœur (Iluchard). Rendu (1892) insiste sur les relations qui existent entre la diathèse urique et le développement de l'anévrysme. Le rhumatisme chronirjue ïa\ovisc la formation de l'anévrysme (G. de Mussy). Son rôle étiologique est établi par lescasdePowell, Legroux, Schmey. îiur 25 observations d'an-évrysme, le rhumatisme a été noté 8 fois (Gerhardt). Mentionnons encore le rôle de Yhérédité (Trousseau, Byrom-Bramwell), de Vaorlisme héirditaire (Huchard), de la sénilité

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précoce^ delà vieillesse anticipée, du surmenage physique, intellectuel et moral, du chagrin, des émotions tristes, déprimantes. « A mauvais organisme, mauvais endothélium, » disait Peter. L'action du système nerveux est prouvée par l'expérience de Giovanni, qui constate des plaques d'athérome sur l'aorte de chiens dont il avait sectionné, plusieurs mois avant, les cordons du grand sympathique. Souvent les fortes émotions hâtent l'évolution de l'anévrysme, comme dans le cas de Legroux et dans une observation personnelle. Rendle rapporte que deux prisonnières présentèrent un anévrysme de l'aorte peu de temps après le prononcé de leur sentence : l'une d'elles avait une tumeur anévrysmale huit jours après, l'autre mourut d'une rupture aorlique quarante-huit heures plus tard : il existait certainement une aortite ancienne.

Infections. — Elles peuvent entraîner des lésions aortiques suivies d'atrophie de la tunique moyenne. Ces altérations sont bien rarement la conséquence de la fièvre typhoïde (5/240), de la variole (2/240), de la scarlatine (1/240), du rhumatisme articulaire aigu (7/240), de \di pneumonie (2/240), deVérysipèle (Etienne). La grippe a déterminé, chez un malade de Iluchard atteint depuis un an d'aortile chronique, la formation rapide d'un anévrysme de l'aorte ascendante. Nous avons publié un cas analogue (1). Fiessinger, Gultmann, Leyden ont décrit aussi des aortites avec dilatation d'origine grippale. Ces lésions d'origine infectieuse prédominent surtout au niveau des vasa vasorum ; elles sont suivies d'un processus scléreux qui aboutit à la dégénérescence et à l'atrophie de la tunique moyenne, condition « sine qua non » de la formation des anévrysmes.

La syphilis et V impaludisme (Lancereaux) méritent une mention spéciale, car ils provoquent des aortites en plaques, localisées, limitées, souvent indépendantes de l'artcrio-sclérose. La localisation et la profondeur de ces lésions aortiques sont des conditions éminemment favorables au développement des anévrysmes de l'aorte.

Syphilis. — I. — Lancisi, Plaucus, Morgagni (2), Scarpa, Hogdson, Gendrin, Cruveilhier avaient déjà signalé ce rôle étiologique de la syphilis sur lequel Wilks (1863), Aithen (1870), Welch (1875) ont, de nouveau, attiré l'attention. La syphilis existerait, d'après Welch, dans une proportion de 46 p. 100 chez les malades atteints d'anévrysme de l'aorte. De nombreux cas d'anévrysmes syphilitiques ont été publiés depuis 1876. Verdie en a réuni 30 dans sa thèse de doctorat (Paris 1884) ; il incrimine la syphilis dans le cin-

(1) Revue de médecine, février 189R, p. 126. {Chez un homme de cinquante ans que nous avons traité avec le D'' Cousin par la méthode de Lancereaux, une atteinte de fjrippe a encore précipité la marche d'un anévrysme de l'aorte ascendante ; il a rapidement perforé les deuxième et troisième espaces intercostaux gauches et, comme dans le fait précédent, il fait une forte saillie à gauche du sternum, audessus du cœur.)

(2) MoRGAGM, Lettre XXVJ

quième des cas. Citons encore la thèse de Dupret (Paris 1880), les cliniques de Jaccoud, la revue de Thibierge (1889). A celle époque, on pouvait recueillir dans la littérature médicale une centaine d'anévrysmes syphiliticiues. En consultant les Bulletins de la Société anatomiqae, on trouve que la syphilis est notée dans la moitié des cas d'anévrysmes aortiques où elle a été rechercliée. Karl iMahnsIcn (1888) doimc la même proportion, elle s'élève à 80 p. 100 dans sa seconde statistique qui ne comprend que 20 cas.

Kirmisson (1893) considère l'alcoolisme et la syphilis comme les facteurs principaux des anévrysmes spontanés. Fraenkcl a constaté Texislcnce de la syphilis, 47/100 ; dans une nouvelle stalistique, il déclare qu'elle était indiscutable 11 fois sur 30 anévrysmes aortiques. Celle proportion est de 10/iO pour Klemperer (189G), elle atteint 50/100 (Thibierge), 87/100 (Heiberg), 53/100 (Gcrhardt (1897). Senator soutient, depuis dix-huit -années, que la syphilis est une des causes principales de l'anévrysme, surtout si le sujet n'a pas quarante ans.

Sur un total de 2 008 anévrysmes, dont 133 siégeaient sur l'aorte, Etienne (1897) a relevé la syphilis 69 fois sur 100; la moyenne des slatisliques fournies par les divers auteurs lui donne une proportion de 70 p. 100.

II. — Souvent ces anévrysmes rentrent dans la catégorie des lésions parasyphililiques ; leurs altérations ne sont spécifiques que loi-squ'elles se manifestent sous la forme de petites gommes, comme dans les cas de Laveran, Letulle et Brault, Wilks, Spillmann, Kalindero et Babès. Elles donnent habituellement naissance à des anévrysmes cupuliformes (Dieulafoy). La syphilis déterminerait, en outre, de l'endartérite chronique (Aithen), de l'aortite fibroïde, prélude des anévrysmes syphilitiques (Welch), une aorlite localisée avec lésions scléro-gommcuscs et formation sur la tunique interne de taches éparses, rondes ou irrégulières (Rendu 1895). Ces altérations syphilitiques envahiraient rapidement les trois tuniques pour produire unepanartérite (Schmaus, Letulle). Pour Heilberg, Rusch, Baumgarten,Lancereaux, la lésion la plus constante est une péri-artérite avec infiltration embryonnaire localisée ou plus abondante autour des vasa vasorum qui sont souvent altérés. Ces amas embryonnaires se transformeraient, suivant Dowse, en tissu cicalriciel se substituant à la tunique moyenne, qui subit habituellement (k'S altéralions passives secondaires; En résumé, les infillrations embryonnaires, les lésions formalives prédominent sur les altérations dégénératives. La tunitjue interne est fré(iuemment alleinte d'endartérite proliférante dilfuse nodulaire avec dégénérescence athéroniatcuse inconstante.

III. — ()n a donné comme signe caractéristique de rané\rysme sy[)lulili(iue, l'heureuse inlUience de l'iodurc de potassium, mais elle

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s'exerce aussi dans les cas où la syphilis n'est pas en jeu. La multiplicité des anévrysmes plaide en faveur de leur origine syphilitique. Jonas en a compté 9, Dieulafoy, 7; Vallin, 4. D'après Etienne, la syphilis existait 24 fois sur 31 cas d'anévrysmes multiples, c'est-àdire dans une proportion de 77,7 p. 100. L'anévrysme lié à la syphilis apparaît ordinairement avant l'âge de quarante ans, une douzaine d'années après l'infection", surtout si aucun traitement spécifique n'a été suivi.

Dans 68 cas relevés par Etienne, le début de la syphilis remontait de un à cinq ans, 10 fois; de cinq à dix ans, 18 fois ; de dix à vingt ans, 24 fois; de vingt à vingt cinq ans, 10 fois; de vingt-cinq à quarante ans, 16 fois. Enfin, Lewer a signalé le développement d'un anévrysme aortique en pleine période secondaire : c'est une simple coïncidence. Spillmann a vu un anévrysme aortique apparaître onze mois après le chancre induré.

Le meilleur signe de l'origine syphilitique des anévrysmes est encore la coexistence ou le reliquat d'accidents caractéristiques d'une syphilis ancienne.

Parmi les accidents tertiaires qui ont été constatés en même temps que l'anévrysme de l'aorte, on peut citer la perforation du voile du palais (16 fois, Jaccoud), des exostoses du tibia (Vallin, Blachez), une périostose de la clavicule (Lécorché), des cicatrices caractéristiques (Guinard), des lésions destructives du nez et de la face (G. Paul), des gommes disséminées avec du rupia (Ensor), des gommes du myocarde (Lorain), des gommes avec une orchite spécifique (Laveran, Gelons), des lésions syphilitiques du rein (Jaccoud), du foie, du testicule (Ruehle, Busch et Kôster), du tabès (Raymond, Hampeln), de la choroïdite syphilitique (Lunn).

Gependant, sur 240 anévrysmes divers, parmi lesquels figurent 16 anévrysmes de l'aorte, Etienne ne relève que 28 fois la coexistence de stigmates syphilitiques (soit 11p. loO). Ce rôle étiologique est encore établi par les cas d'anévrysme se développant sur des conjoints atteints de sypiiilis. Jaccoud rapporte un fait dans lequel le mari et la femme moururent, à six mois de distance, d'un anévrysme de l'aorte. Le siège de prédilection de ces anévrysmes syphilitiques est l'aorte ascendante et la portion transverse de l'arc aortique; ils en occupent surtout la paroi postérieure (Jaccoud). D'après LetuUc, les grands anévrysmes qui arrivent sans rupture à un fort développement, reconnaissent souvent pour cause la syphilis. Dieulafoy vient de publier trois leçons cliniques sur les lésions syphilitiques de l'aorte; il insiste sur les grands anévrysmes, les anévrysmes type récurrent et les petits anévrysmes multiples cupuliformes, d'origine syphilitique.

Impaludisme. — D'après Lancereaux, l'impaludisme jouerait un rôle important dans le développement des anévrysmes, en détermi-

liant, surtout au niveau de la première portion de raorlc, des lésions en plaques disséminées, localisées au début dans la tunique externe et s'étendant ensuite à la couche interne.

Cette aortile en plaques, distincte de Tartério-sclérose, aboutirait d'autant mieux à la formation d'un anévrysme, qu'elle est plus circonscrite, plus localisée et plus profonde. C'est par la fréquence de 1 intoxication palustre que Lancereaux explique la forte proportion d'anévrysmes observés en Angleterre. Il vient de communiquer un cas d'anévrysme aortique dans lequel l'impaludisme était le seul facteur étiologique. Cependant, pendant deux ans de séjour au Tonkin, où j'ai ausculté des centaines d'Européens et d'Annamites civils ou militaires, atteints d'impaludisme aigu ou chronique, je n'ai pas rencontré un seul anévrysme de l'aorte et j'ai été frappé de la rareté des aortiles palustres. Du reste, Laveran, Le Roy de Méricourt, Fayrer, Kelsch et Kiener, Rendu, Huchard doutent même de l'existence de cette aortite. Cornil ne pense pas que la localisation des lésions à l'aorte indique une origine palustre. Cependant, des cas d'aortite palustre ont été observés par Féréol (1878), par Hervé (1) ; d'autres ont été publiés dans les Pathological Transactions de Londres. L'impaludisme existait dans les antécédents de trois de nos malades atteints d'anévrysme de l'aorte ; mais il était combiné deux fois à d'autres facteurs étiologiques plus importants, l'alcoolisme et la syphilis. Nous venons de voir un vaste anévrysme de l'aorte ascendante avec saillie extra-thoracique chez un marin de soixante ans, qui n'a pour antécédents pathologiques que des fièvres intermittentes contractées, en 1859, dans la campagne de Chine.

Le début de cet anévrysme remonte à dix-huit mois ; pendant six mois, il ne faisait qu'une saillie grosse comme une noix : à la suite d'une violente colère, la tumeur s'est rapidement accrue; actuellement, elle a le volume d'une tête d'enfant.

Enfin, sur 240 cas d'anévrysme, Etienne n'a trouvé que 8 fois l'impaludisme dans les antécédents. L'opinion de Lancereaux est donc exagérée.

Causes occasionnelles. — L — L'hypertension artérielle qui accompagne habituellement l'artério-sclérose constitue encore un important facteur étiologique. Elle existerait dans tous les cas d'anévrysmes spontanés (Paltauf). L'augmentation delà tension artérielle résultant d'une vie active, explicjuerait la prédominance des anévrysmes pendant la première période de l'âge moyen (Coats et Auldj. Roy et Adamy ont provoqué de l'inflammation vasculaire en augmentant expérimentalement la pression artérielle chez des animaux. Levaschew (1885) a observé sur des chiens la dilatation et l'amincissement de la. partie de l'aorte située au-dessus du point

(IJ IIerviî;, Thèse de Montpellier, 1885.

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qu'il comprimait chaque jour. Patzki (1885) a vu un anévrysme aortique survenir après la compression exercée sur un anévrysme de l'artère axillaire gauche. \\'hite (1886) cite un cas de rupture d'un anévrysme de l'aorte abdominale consécutif à la gucrison d'un anévrysme de la sous-clavière traité par la ligature. L'hypertension artérielle a joué un certain rôle dans la production de ces anôvrysmes secondaires.

II. — C'est par l'augmentation rapide et soudaine de la tension artérielle que les efforts excessifs provoquent la formation des anévrysmes. Ils peuvent succéder à des secousses imprimées par un cheval fougueux (Vésale), à de violents vomissements (Corvisart), à des efforts excessifs pendant l'accouchement (J. Franck), ou à de pénibles travaux manuels (Bamberger, Greenhor, Servier, Polain, Byrom-Bramwcll). Le traumatisme direct est encore une cause d'anévrysme aortique.

Cette affection est survenue à la suite d'un coup de timon, d'un choc produit par la chute d'une pile de livres (Polain), d'une forte pression contre les parois d'un wagon (Litten), d'une blessure profonde (Pellelan, Gualtani), de la présence d'une balle enchatonnée dans la cavité thoracique (Iluguier).

Dans le cas de Frcyhani (18'J3), une balle de revolver se loge dans les parois de l'aorte sans perforer ce vaisseau, provoque rindammation des parties voisines et le développement consécutif d'une poche anévrysuiale située au-dessus des valvules sigmoïdes. Glïick (1882) a vu aussi un anévrysme se développer sur la partie latérale gauche de l'aorte thoracique, après une blessure par balle de revolver. L'anévrysme aortique peut encore être occasionné par un accident de railway (Grant), par une chute dans la rue (Pel), de bicycle (Eames), de cheval (Barth), d'un lieu élevé (Dujardin-Beaumetz), contre la rampe d'un escalier (Greene). D'après Gibs, une vitesse de chute de 17 mètres produit la rupture d'une aorte saine, qui subit alors une forte compression thoracique et la traction énergique qu'exercent les viscères abdominaux par l'intermédiaire du diaphragme et des insertions aorliques du péricarde.

D'autres cas d'anévrysme traumatique ont été publiés par Delaharpe (1853), Allen (1879), Spitz (1882), Willard (1885), Combemale (1892), Baeza (1896). On trouvera dans le Médical Age (janvier 1896) un exemple très curieux de cette variété d'anévrysme. Si on parcourt le détail de la plupart de ces observations, on est bien tenté d'admettre l'existence antérieure d'altérations latentes des parois aorti(iues.

Eppinger (1887) croit que sous l'influence des coups, des chutes et même des émotions, les deux tuniques internes peuvent se rompre et donner lieu à des anévrysmes appartenant à la variété mixte externe de Scarpa.

Traité de mkdecinb. VI. — 37

E. liOirsET. — MALADIES DE L'AOKTE.

III. — Enfin, l'aorle présente une série de conditions anatomiques ei physiologiques qui permettent d'expliquer la fréquence des anévrysmes à son niveau et leur siège de prédilection sur divers points. Ainsi, les anévrysmes aorliques figurent dans la statistique de Crisp dans la proportion de 42 p. 100. Sur un total de 915 anévrysmes de toutes les artères, il trouve 382 anévrysmes de l'aorte thoracique et 105 anévrysmes de l'aorte abdominale. Ils occii})ent de préférence la partie convexe, antérieure et supérieure de l'aorte ascendante, la partie convexe de la crosse, le point où elle se recourbe pour devenir descendante (44/73, Etienne), la partie postérieure de l'aorte thoracique, le voisinage du tronc cœliaque (52/92, Lebert), de la mésentérique supérieure et des rénales.

Le tableau suivant résume la proportion des anévrysmes sur les divers points de l'aorte.

AORTE

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