‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 3)Chapitre 94 sur 133 · E. PARMENTIER · texte numérisé non relu

E. PARMENTIER

Médecin des hûpitaux de Paris.

Avec une vision juste et pénétrante de l'évolution qui allait s'opérer, M. le professeur Hayem écrivait, en 1889, clans la préface de son livre magistral, Z)asa/?5' : « L'avenirappartient à l'hématologie. >♦ Et, huit ans plus tard, M. Gilbert (1) pouvait dire : « Le présent appartient à l'hématologie. »

Après avoir longtemps préoccupé les médecins, le sang avait éié délaissé au profit des organes. Cet abandon semblait légitimé par la difficulté des recherches et leurs résultats contradictoires. La fragilité des hématies et l'insuffisance de technique avaient autorisé les descriptions les plus fantaisistes ; les analyses chimiques, forcément incomplètes, n'avaient aucune signification clinique ; les carac tères macroscopiques du caillot et du sérum étaient à peu près seuls décrits, quand, grâce à des procédés de recherches plus exacts, à une technique meilleure, à une orientation nouvelle des esprits, un grand mouvement se dessina en faveur de l'étude du sang. Nous en bénéficions aujourd'hui.

La sémiologie s'est enrichie d'une série de caractères importants. Les éléments figurés normaux et anormaux du sang, leurs modifications qualitatives et quantitatives, les pseudo-parasites, les réactions histochimiques, l'hyperglobulie, la leucocytose, la crise hématoblastique, le caillot et le sérum pathologiques, l'irrétractilité et la redissolution du caillot, le sérum laqué, ictérique, fluorescent et lactescent, l'analyse spectroscopique du sang, le pouvoir globulicide et bactéricide du sérum, le séro-diagnostic et la séro-thérapie ont servi de thème à de nombreuses discussions. La grande question de la pression osmotique, qui a donné déjà de si précieux résultats dans l'application des phénomènes naturels, transforme maintenant la physiologie pathologique et substitue aux anciennes hypothèses des notions scientifiques, basées sur l'état physique et chimique des humeurs.

De tous ces travaux la pathologie spéciale du sang a tiré grand

(i) Gilbert, Sémiologie du sang, Traite de Pathologie générale, t. IV.

parti. La formule hémalologique des maladies a été mieux précisée; ies formes de la chlorose, les anémies extrêmes, la leucémie aiguë ont été le sujet de descriptions récentes. Enfin une conception nouvelle de la lymphadénie s'impose, qui va démembrer l'ancien type clinique.

L'hématologie est donc en pleine renaissance.

Ainsi se trouve justifiée l'importance attribuée à la pathologie du sang. Qu'on me permette, au besoin, de rappeler cette parole, vieille de plus de trois mille ans : Anima omnis carnis in sanguine est (1).

Dans mon exposé, j'adopterai l'ordre suivant :

L Sémiologie du sang. — 1" Technique et spectroscopie ;2° Sémio logie proprement dite.

II. Pathologie spéciale du sang. — 1° Chlorose ; 1" Anémie pernicieuse progressive ; 3" Lymphadénie et leucémie (2),

(1) BiBLiA Sacra, Vulgatœ editionis, Levilicus, cap. xvii, 14.

(2) Quant aux anémies symptomatiques,ya\ pensé qu'il y avait avantage, au point rie vue clinique, à ne pas leur consacrer des chapitres distincts, mais à rattacher leur étude au diagnostic des maladies spéciales du sang, avec lesquelle.« elles peuvent être confondues.

ELEMENTS FIGURÉS

SÉMIOLOGIE DU SANG

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