‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 3)Chapitre 97 sur 133 · BACTÉRIOLOGIE · texte numérisé non relu

BACTÉRIOLOGIE

ques gouttes d'acide acétique et on y laisse tomber un fil. Le sérum se prend d'abord en une masse gélatiniforme. On laisse reposer le tout sous cloche dans un lieu sec, autant que possible à l'abri des trépidations, pendant trente-six à quarante-huit heures. On peut alors constater, à l'aide du microscope, que des cristaux rhomboédriques d'acide urique se sont déposés le long du fil. Si le sérum est trop desséché, il se forme des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, qu'il faut dissoudre dans l'eau pour déceler les cristaux d'acide urique. D'après Garrod, des cristaux abondants sur le fd supposeraient la présence de 3 à 5 milligrammes d'acide pour 65 grammes de sérum ; il y aurait plus de 10 milligrammes, si des cristaux nageaient dans la sérosité.

Ce procédé n'est pas assez sensible pour indiquer les traces d'acide urique qui existent à l'état normal. Mais dans la goutte aiguë, sauf exception, les cristaux sont manifestes, tandis qu'ils manquent dans le rhumatisme articulaire aigu.

BACTÉRIOLOGIE. — L'examen bactériologique du sang comprend trois opérations : 1° l'examen microscopique ; 2" la culture; 3° Tinoculation.

Pour recueillir le sang, on a recours tantôt à la piqûre du doigt, tantôt à la ponction capillaire d'une veine superficielle, tantôt à la ponction d'un organe profond (rate, foie, poumon).

La piqûre du doigt esl un procédé peu recommandable. Rien n'est plus simple que d'avoir des instruments stériles; mais rien n'est plus difficile que de faire une piqûre du doigt aseptiquement. Il faudra netloyer le doigt à la brosse, avec savon et eau chaude, laisser ensuite pendant une dizaine de minutes un tampon de coton hydrophile imbibé d'une solution à 1 p. 100, laver à l'alcool pour enlever les traces de sublimé, enfin à l'éther, ou bien, après l'application du sublimé, laver à l'eau stérilisée et sécher au moyen de papier buvard stérilisé.

L'aspiration directe dans une veine superficielle a été préconisée par Slraus. Il expose à moins de causes d erreur et donne plus de sang, avantage à considérer, étant donnée la faible quantité de microorganismes circulant dans le sang infecté. Après voir placé une bande au-dessus du coude de manière à gêner la circulation et à rendre les veines plus saillantes (lieu d'élection), on désinfecte la peau soigneusement. Puis, avec une seringue stérilisée, on pique la veine choisie, en dirigeant l'aiguille vers l'avant-bras. On remplit la seringue paraspiration. Enfin la bande est enlevée, l'aiguille retirée et la piqûre fermée avec un peu de collodion.

La ponction des viscères, de la rate, des poumons, du foie su'*lout, permet de recueillir également du sang. Il est bon d'appliquer une pointe de feu où l'on enfoncera l'aiguille.

A Taulopsie, on peut faire, à l'aide d'une pipette, une prise de sang dans le cœur, les artères ou les veines. On pratiquera la pirjùre après avoir brûlé la surface du point choisi. L'envahissement du sang après la mort par les bactéries a été la cause de nombreuses erreurs.

Le sang recueilli sert à la fois àla culture, à l'inoculation, à l'examen hislologique.

Pour certains parasites (filaire, hématozoaire), l'examen d'une préparation de sang frais peut suffire. Il en est de même pour les spirilles de la fièvre récurrente, pour le charbon.

Pour la plupart des bactéries, il est indispensable de faire une préparation de sang sec et de l'examiner après coloration (Voy. p. 820).

Les hématoblastes et les granulations de certains leucocytes peuvent être confondus avec les microcoques. Mais les hématoblastes se colorent très difficilement; les granulations éosinophiles ou neutrophiles se reconnaissent sans peine. (Juant aux granulations basophiles, qui prennent toutes les couleurs basiques d'aniline (fuchsine, violet de gentiane et de méthyle, vésuvine, bleu de méthylène, safranine), on les distinguera des microcoques, en se fondant principalement, comme le fait remarquer M. Gilbert (1), sur leur coloration plus Icnle, leur décoloration plus facile, sur leurs limites moins nettes, leurs contours moins réguliers, et enfin sur l'inégalité de leur diamètre.

SPECTROS COPIE. — L'analyse spcctroscopiquc, appliquée d'abord à l'étude du sang dilué, de rhémoglobine et de ses dérivés (Hoppe- Seyler, Stokcs, Cl. Bernard, etc.), peut servir également à l'élude des transformations de l'hémoglobine dans les tissus, à l'examen de son activité de réduction (Hénocque), à la recherche des matières colorantes contenues dans le sérum (Hayem).

Le liquide à examiner, sérum ou sang dilué, est introduit dans une petite cuve prismatique, permettant l'examen sous une épaisseur variée. S'il s'agit de sang pur, on peut procéder de deux façons : ou bien, dans un premier tube à essai contenant un peu de sang, on introduit un second tube de moindre calibre, quia pour effet d'étaler le sang en couche mince entre les deux parois ; ou bien on emploie ï hcmaloscope de M. Hénocque.

Cet appareil est essentiellement constitué par deux lames de verre d'inégale largeur, séparées à l'une de leurs extrémités par une dislance de 300 millièmes de millimètre, limitant ainsi un espace prismali(iue presque capillaire. Le sang, obtenu par piqûre du doigt, s'y infiltre par capillarité et forme une couche d'une épaisseur et d'une coloration graduellement croissantes.

On se sert du spectroscope ordinaire ou du spectroscope à main.

(1) A. GiLUERT, loc. cH,

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