SPECTROSCOPIE
Spectres divers. — Oxyiiémocloiîine. — On connaîl le spectre de Toxyliémoglobine avec ses deux bandes caraclcristiques d'absorption entre les lignes D et E de Frauenhofer (fig. 37).
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Fig. 37. — Analyse spcctroscopique.
1, spectre de riiémoglobine rcduile; 2, spectre de roxyliémof^lobine ; 3, spectre de la mcllicmoglobinc en solution acide; 4, spectre de la niëlhénioglobine en solution alcaline; 5, spectre d'un mélange d'oxyhémoglobine et de mctiiémoglobine; 6, spectre de l'urobiline dans l'urine acide; 7, spectre des pigments biliaires; 8, spectre de l'urobiline en solution dans l'urine traitée par le chlorure de zinc ammoniacal. Cette ligure est empruntée au livre de M. Hayem.
HÉMOGLOBINE RÉDUITE. — L'hômoglobine réduite, à laquelle est due la coloration noirâtre du sang dans l'asphyxie, donne une bande unique large a maxima entre 570 et 5.55 {bande de Slokes).
Lorsqu'on agile sa solution au contact de l'air, l'oxyhémoglobine
se reforme, la bande de Slokes disparaît et les deux bandes entre D et E reparaissent. Inversement, en traitant une solution d'oxyhémoglobine par des agents réducteurs (sulfhydrate d'ammoniaque, lartrate ferreux ammoniacal, hydrosulfitc de sodium), la couleur rouge du liquide fait place à une teinte foncée et on voit alors la bande de Stokes.
Hémoglobine oxycarbonée. — Son spectre est semblable à celui de roxyhémoglobine. Les deux bandes d'absorption sont seulement reportées un peu plus à droite. Toutefois, le fait qu'elles ne se moditiontpas sous l'influence des agents réducteurs permet de distinguer facilement l'hémoglobine oxycarbonée de l'oxyhémoglobine. Ces caractères spectroscopiques sont d'autant plus précieux que la morphologie des hématies n'est nullement modifiée.
MÉTHÉMOGLOBiNE. — La méthémoglobine, composé oxygéné de l'hémoglobine, stable et impropre à l'hématose, puisqu'il est incapable de perdre son oxygène, donne, en solution alcaline, une bande dans le rouge entre C et D avec tout le reste du spectre sombre; en diluant la solution, on voit encore une bande très foncée entre E et F (voir le spectre pour les autres détails) et une absorption complète de l'indigo et du violet. Enfin, dans les conditions habituelles d'observation, les deux bandes d'oxyhémoglobine sont perçues : on a donc alors un spectre composé d'oxyhémoglobine et de méthémoglobine.
On constate la présence de la méthémoglobine dans certains liquides hémorragiques, dans les urines hémalurique et hémoglobinurique, à la suite de certains empoisonnements ou de l'administration de certains médicaments (nitrite d'amyle, chlorate de potasse et de soude, ferricyanures de potassium et de sodium, permanganate de potasse, acide osmique, acide pyrogallique, acétanilide, etc.) (1).
Les agents réducteurs peuvent la transformer en hémoglobine, et celle-ci peut redevenir de l'oxyhémoglobine.
Ubobiline. — Uurobiline qu'on observe dans de nombreux sérums pathologiques donne une bande entre le vert et le bleu.
Pigments biliaires. — Quant aux pigments biliaires, ils éteignent toute la partie droite du spectre. On peut voir en même temps, sur la gauche, la bande de l'urobiline.
Dosag'e de rhcnioj»-lol>iiie. — Le spectroscope permet encore de doser l'hémoglobine d'après le procédé de M. Ilénocque. Son hématoscopc porte une échelle millimétrique, indiquant l'épaisseur de la couche du sang observé. Avec le spectroscope à main ou avec l'hématospcctroscope qu'il a imaginé, on recherche à quel niveau do la règle, à (juelle épaisseur du sang, on constate nettement les bandes caractéristicpies de l'oxyliémoglobine, bande a entre ôVO et 590, bande [ientrc 550 et 530. L'espace intermédiaire doit rester vcrdàlro
(1) G. Hayf.m, Du sang, p. 305.