ABCÈS DE LA RATE
La symptomatologie des abcès de la rate est peu précise ; leur étude bactériologique n'est pas faite. Ils sont d'ailleurs souvent de simples trouvailles d'autopsie.
Ils peuvent se présenter sous trois aspects différents : tantôt ce sont de petits abcès multiples siégeant à la périphérie de l'organe, constituant de véritables abcès métastatiques. Leur formation est consécutive à l'oblitération d'artères ou d'artérioles par de petites embolies septiques.
Tantôt la collection purulente est bien limitée ; elle peut même se présenter sous la forme d'une poche plus ou moins volumineuse munie d'une membrane pyogénique. Le contenu est formé par du pus blanchâtre ou sanieux, prenant en quelques cas la coloration du chocolat et rappelant par ses caractères microscopiques le pus des abcès du foie.
Parfois enfin Yinfiltration purulente peut être diffuse ; la pulpe splénique ressemble à une bouillie dans laquelle sont mélangés du pus, du sang et des détritus du tissu propre de l'organe (gangrène splénique de Cornil et Ranvier).
L'étiologie et la pathogénie de ces abcès ne sont pas encore clairement élucidées ; on les divise en primitifs ou secondaires ; les germes de la suppuration peuvent pénétrer dans la rate par la voie sanguine, par les artères, comme dans l'endocardite infectieuse, la pyémie, la fièvre puerpuérale. Ils peuvent provenir aussi d'une suppuration de voisinage qui se propage à la rate (abcès du rein, pyélo-néphrite suppurée, phlegmon périnéphrétique, gangrène pulmonaire propagée à la plèvre, perforation de l'estomac).
On les a signalés au cours de la fièvre typhoïde, mais cette complication est rare. Dans un cas Vinay aurait constaté dans le pus la présence du bacille d'Eberth. Ils seraient peut-être un peu plus fréquents chez les paludéens.
Cliniquement les abcès du foie passent souvent inaperçus ; leur évolution est masquée par le cortège symptomatique delà maladie infectieuse au cours de laquelle ils apparaissent. Quelquefois l'attention du médecin est attirée du côté de la rate : le malade dontl'hyperthermie a subitement augmenté se plaint d'une douleur vive parfois à début subit dans l'hypocondre gauche et accuse des irradiations vers l'épaule du même côté. On peut même voir survenir au boni de quelque temps un empâtement de la région avec ou sans fluctuation.
Chez les paludéens une modification de la courbe thermique peut être l'indice d'une suppuration splénique.