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CONGESTIONS AIGUËS DES REINS

lement saignante et irritable. Les expériences de Tuffier, laites avec l'oncographe de Roy, ont fait voir que la turgescence hypérémique du rein succédait aux irritations mécaniques de la muqueuse urinaire, à la distension forcée de la vessie.

Au point de vue de l'évolution clinique des congestions rénales aiguës, il faut tenir compte et du degré de l'hypérémie, et surtout de Y état antérieur des reins.

Si les reins, avant le raptus congestif, sont sains, celui-ci ne se traduira guère que par quelques douleurs lombaires, de la polyurie et de la pollakiurie, un peu d'albumine et quelques hématies dans les urines. Sous l'influence du repos et du régime lacté tout rentre bientôt dans l'ordre. Si les accidents continuent ou s'aggravent, c'est que de la phase purement congestive le processus a passé à la phase inflammatoire ; la néphrite aiguë ou subaiguë a succédé à la congestion rénale initiale.

Si au contraire les reins sont déjà malades, ou si l'agression subie par le rein est assez brutale pour que hypérémie et néphrite marchent de pair et atteignent presque d'emblée leur maximum, les conséquences seront tout autres. En pareil cas, d'après les travaux de J. Renaut et de son élève Hortolès, le lobule rénal est envahi, surtout dans sa région marginale, par une congestion diapédétique intense, par un œdème aigu congestif, prédominant au niveau des voies d'apport du sang artériel dans le lobule. « La porte d'entrée du sang artériel dans les glomérules sera la plus encombrée ; la porte de sortie de l'urine sécrétée par les tubes de Rellini le sera également, quoique à un moindre degré. » (J. Renaut.) Dès lors, la contrepression du liquide exsudé sur la paroi des vaisseaux afférents devient égale ou supérieure à la pression du sang dans les artérioles afférentes des glomérules, et la portion sécrétante du lobule rénal se trouve annulée par cet œdème anémique du rein (J. Renaut). Conséquence, anurie ou oligurie aiguë, et empoisonnement urémique.

Si une faible congestion rénale est productrice de polyurie, la congestion massive et suraiguë aboutit donc au phénomène inverse, la suppression brusque de la sécrétion urinaire.

En dehors de ces faits extrêmes, nous voyons souvent se produire des poussées congestives au cours de néphrites chroniques, avec les douleurs lombaires, l'état trouble et légèrement hématique des urines, l'augmentation de l'albuminurie. C'est pour certains de ces cas à poussées hématuriques et congestives récidivantes que l'on avait admis une forme hémorragique du mal de Bright (Wagner).

C'est souvent à l'occasion et par le fait d'une de ces poussées congestives que l'on est amené à reconnaître l'existence d'une néphrite scléreuse déjà ancienne, et jusque-là restée latente.

Au cours, ou même au début de la tuberculose rénale, le molimen

congestif peut devenir le point de départ d'hématuries abondantes et répétées, assez parfois pour devenir une urgente indication opératoire.

Nous ne pouvons dire dans quelles limites intervient le processus hypérémique aigu dans la pathogénie des hématuries cancéreuses, ou des hématuries dites essentielles.

En somme, la congestion aiguë des reins constitue souvent ie stade initial des néphrites aiguës et suraiguës, d'ordre toxique ou infectieux. Mais les lésions inflammatoires, au moins superficielles et légères, accompagnent de si près la poussée congestive que leur dissociation clinique semble toujours un peu artificielle.

Au contraire, au cours des néphrites chroniques, des néphrites ascendantes d'ordre chirurgical, de la tuberculose rénale, la congestion aiguë des reins intervient souvent comme un épisode surajouté, comme une complication grave ou même mortelle.

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