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II. — CONGESTION PASSIVE DES REINS

Toutes les fois que la circulation veineuse des reins est entravée par un obstacle suffisant et durable, il en résulte toute une série de troubles fonctionnels et de lésions anatomiques qui trouvent leur plus complète expression dans ce que l'on a appelé le rein cardiaque.

Disons, avant d'aborder l'étude du rein cardiaque, que circulation veineuse et sécrétion urinaire sont unies par des rapports intimes, que de nombreuses expériences ont pu démontrer.

Ludwig fait passer une circulation artificielle par les vaisseaux d'un rein enlevé ; le liquide sort à la fois par la veine et l'uretère, mais si Ton comprime ou oblitère la veine, la sécrétion urinaire s'arrête immédiatement.

De même, dans l'expérience classique de Robinson, après ligature de la veine rénale, les urines sont d'abord supprimées, puis reparaissent, mais rares et albumineuses. Même oligurie albumineuse si l'on produit un simple rétrécissement de la veine émulgente.

Hermann, opérant en sens inverse, introduit chez un chien narcotisé une canule dans la veine rénale ; si dans l'uretère on augmente la pression jusqu'à 35 millimètres de mercure, la circulation veineuse est immédiatement ralentie.

Si la pression artérielle baisse, il y aura là une nouvelle cause d'oligurie et d'albuminurie. Ainsi Overbeck, au moyen d'une sonde passant par la jugulaire, insuffle une vessie introduite jusque dans le ventricule droit ; la pression artérielle tombe de 135 millimètres Hg à 25 millimètres Hg, l'animal tombe en état syncopal, et les premières urines rendues sont rares et albumineuses. En même temps la pression s'élève dans les veines rénales, mais relativement beaucoup moins, et Bowmann avait montré que, malgré l'absence de

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