‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 4)Chapitre 130 sur 205 · V. — ÉVOLUTION HISTORIQUE DE LA DOCTRINE DES NÉPHRITES · texte numérisé non relu

V. — ÉVOLUTION HISTORIQUE DE LA DOCTRINE DES NÉPHRITES

La pathologie rénale est de date très récente, et remonte à moins de quatre-vingts ans, et cependant son histoire est déjà bien tourmentée, a passé par toutes les vicissitudes des théories successives. Tour à tour unitaire et pluraliste, procédant presque toujours par systématisations trop absolues ou trop hâtives, la doctrine des néphrites a reflété les aspects si rapidement changeants des théories médicales modernes; elle a demandé à l'anatomie pathologique, à la symptomatologie, les bases d'une classification nosologique que, mieux inspirée aujourd'hui, elle cherche de plus en plus sur le terrain de la pathogénie et de l'évolution morbide.

Les étapes successives de cette longue progression sont indispensables à connaître, si l'on veut pouvoir se rendre un compte exact de l'état actuel de la question.

C'est à l'école anglaise que revient l'honneur des premiers travaux relatifs à la pathologie rénale.

Wells, en 1812, examinant un malade atteint d'anasarque scarlatineuse, constate, par l'emploi de l'acide nitrique et de la chaleur, la présence dans l'urine de ce qu'il appelle le sérum du sang; sur 138 hydropiques non scarlatineux, il trouve 78 fois l'urine albumineuse; sur des malades non hydropiques, il relève 35 cas positifs contre 54 négatifs ; comme lésion, il constate et signale l'induration des reins.

En 1827, Barbier d'Amiens décrit le rein contracté et granuleux, mais ignore l'albuminurie.

Mais la même année, un observateur de génie, Richard Bright, apporte le travail princeps, le premier de ces admirables mémoires auxquels il faut toujours revenir, car tout y est vu, indiqué, ou près-

Page 1