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NÉPHRITES DES SYPHILITIQUES. — TRAITEMENT

les unes du siège rénal de la lésion, et les autres de son origine spécifique.

En tant que néphrite, le régime lacté intégral est de rigueur. Je pense même que, sauf circonstances urgentes, on devra au début le prescrire seul, voir jusqu'à quel point il suffit à faire baisser le taux de l'albuminurie. A lui seul, le régime lacté pourra même amener la guérison s'il s'agit non d'une néphrite syphilitique, mais d'une néphrite aiguë non spécifique, chez un syphilitique, comme dans le cas que j'ai cité plus haut.

Si, malgré le régime lacté, ni l'albuminurie ne diminue ni les symptômes généraux etlocaux ne s'amendent, la médication spécifique doit intervenir, et sous des modes différents, suivant la variété de néphropathie à laquelle on a affaire.

Pour les néphrites précoces de la période secondaire, le mercure est le médicament de choix. Pour les formes superficielles et légères, les préparation de proto-iodure ou de sublimé pourront suffire. Mais dans les formes graves c'est aux frictions qu'il faut s'adresser. Il me paraîtrait peu prudent de recourir aux injections sous-cutanées de calomel ou d'huile grise.

Quelle que soit la préparation mercurielle choisie, on devra l'administrer d'abord à faible dose, tâter la tolérance du sujet, prendre du côté de la bouche les soins préventifs les plus minutieux ; la stomatite est toujours à craindre, suivant la remarque très juste de Mauriac, et elle constituerait une complication grave, par ses conséquences directes, et aussi par l'entrave qu'elle mettrait à la continuation d'une médication absolument nécessaire à la guérison.

Régime lacté et mercure doivent être longtemps continués, même alors que la guérison semble obtenue. On ne doit pas oublier la fréquence des rechutes, soit sous l'influence d'écarts de régime, soit par le fait de la persistance ou du réveil de la virulence infectieuse causale.

Pour les hérédo-syphilis infantiles, c'est encore le mercure qui donnera les plus rapides et les plus sûrs effets thérapeutiques.

Au contraire, pour les néphropathies tertiaires, pour les hérédosyphilis tardives, le mercure ne suffit plus. Il doit intervenir dans le traitement, mais secondé par des doses assez élevées et progressivement croissantes d'iodure de potassium.

En somme, avec le régime lacté en plus, la médication spécifique doit pour les néphrites syphilitiques être dirigée à peu près comme elle l'est pour les myélopathies précoces et tardives dues à la vérole.

Le repos au lit, l'administration des purgatifs, diaphorétiques, etc., constituent des indications accessoires que l'on ne doit point négliger.

Enfin, les sujets une fois guéris seront pendant longtemps tenus en observation et soumis régulièrement à la méthode des traitements

successifs comme syphilitiques à virulence viscérale, comme anciens néphriliques, ils sont et doivent rester doublement suspects et sous le coup de la surveillance médicale.

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