‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 4)Chapitre 15 sur 205 · CANCER PRIMITIF. - DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

CANCER PRIMITIF. - DIAGNOSTIC

Vernay, Bardet Pic admettent quatre à cinq mois. Mirallié donne une moyenne de six à sept mois.

Dans beaucoup de cas, la durée a dépassé ce chiffre : Miralhe dix mois, Frerichs quinze mois, Kappeler dix-sept mois, Macaigne vingt-trois mois. .

La mort survient, généralement, dans le marasme : parfois, elle a eu pour cause une hématémèse (Litten), une hémorragie intestinale, la perforation d'un gros vaisseau (veine cave, veine porte, coronaire stomachique) (Ancelet). Elle peut survenir par pyléphlébite, par occlusion intestinale. Enfin, on a cité des cas de mort subite (Huber).

DIAGNOSTIC. — Le diagnostic offre, suivant les symptômes observés, plus ou moins de difficultés.

Il n'est vraiment net que lorsqu'on a de la rétention biliaire : toute maladie cachectisante, avec ictère continu, progressif, sans rémission, avec dilatation de la vésicule, doit faire songer au cancer de la

tête. . ,xx * i

Les autres signes se groupent autour de ceux-ci et complètent le diagnostic (glycosurie, stéarrhée, amaigrissement rapide, diminution de l'urée, douleurs épigastriques, tumeur appréciable, etc.).

Le diagnostic de rétention biliaire s'imposant, la cause peut en être un calcul. Mais la lithiase offre, généralement, un ictère discontinu avec exacerbations et crises douloureuses. Si le calcul est enclavé plus haut que le cholédoque, la vésicule sera vide ; s'il 'est dans le cholédoque, le signe diagnostic n'aura plus de valeur. Enfin la cachexie est beaucoup moins rapide.

Le cancer des voies biliaires, s'il est inférieur, donnera, de même, de l'ictère avec dilatation cystique, selles graisseuses (Pilliet). On pourra s'appuyer alors sur la présence ou l'absence de phénomènes pancréatiques propres (glycosurie, épreuve du salol, etc.). Ce diagnostic est peut-être le plus délicat.

Si le phénomène dominant est la présence d'une tumeur, il faudra songer avant tout à un néoplasme du pylore.

Si Ton a de la glycosurie, on pourra localiser la lésion au pancréas : le diagnostic se fera donc avec la lithiase pancréatique, avec la sclérose. La présence d'ictère sera presque exclusive. Les deux lésions pourront du reste s'associer.

En résumé, en présence d'ictère et de glycosurie, le diagnostic s'impose. En l'absence de ces deux signes, il aura de grandes chances pour être méconnu. Tous les intermédiaires existent, avec des difficultés variables.

TRAITEMENT. - Le traitement est encore purement symptomalK {ne . En présence de troubles digestifs, on pourra donner à ingérer du pancréas. Fies a noté la disparition complète des fibres musculaires et de la graisse dans les selles après cette absorption. Nous préconi-

sons surtout l'extrait aqueux, puis desséché de pancréas de porc qui paraît jouir d'une activité protéolytique et amylolytique considérables (Gilbert, Carnot et Choay).

Pour combattre l'ictère et ses conséquences, on pourra tenter une opération sur les voies biliaires (cholecystentérostomie, Terrier, Rappeler, Morostyrki).

La survie semble n'avoir pas dépassé la durée de la maladie abandonnée à elle-même.

Plus simplement on pourrait faire l'abouchement à la peau de la vésicule distendue. On suppléerait alors à l'absence de bile par l'ingestion de pilules de bile desséchée. Dans des cas urgents, on pourrait même faire la simple ponction de la vésicule, généralement très saillante.

Peut-être certains cas de petits cancers bien limités à la tête seraient-ils justiciables de la résection de la tête du pancréas. Jusqu'ici, aucune tentative ne paraît avoir été faite en ce sens.

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