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CANCER DU REIN. — DIAGNOSTIC

la néoplasie permet au rein resté sain d'assurer la suppléance fonctionnelle.

DIAGNOSTIC. — Très facile dans les cas typiques, îl présente au contraire souvent les plus grandes difficultés.

On différenciera les tumeurs du rein d'avec celles du foie et de la rate, en tenant compte de la forme de la tumeur, surtout au niveau de ses bords et de son pôle inférieur, de la présence du côlon, des résultats de la palpationbimanuelle.

Les tumeurs du mésentère sont médianes, symétriques, très mobiles, recouvertes par les anses intestinales; elles débutent près de l'ombilic, et ne franchissent que tardivement le rachis pour envahir les régions latérales de l'abdomen.

D'autre part, une fois la tumeur reconnue comme rénale, il faut distinguer le cancer des pyélonéphrites calculeuses ou tuberculeuses à l'existence desquelles les hématuries pourraient faire songer. La présence de la pyurie, à peu près constante dans les pyélonéphrites, tandis qu'elle manque toujours dans le cancer, sera le meilleur signe différentiel.

Reste une dernière lésion qui peut prêter à confusion, et que nous allons étudier, la maladie kystique des reins, ou, comme on dit encore, le rein poly kystique.

La maladie polykystique du rein (1) a été bien décrite, surtout au point de vue anatomique, par Rayer, par Gruveilhier qui lui a consacré une magnifique planche (2), par Virchow, Sabourin, Juhel- Rénoy, Lejars.

Elle s'accompagne souvent de lésions similaires du foie, et présente les plus grandes analogies avec les transformations kystiques de la mamelle, du testicule, de l'ovaire, si bien qu'elle semble n'être que la localisation sur le rein d'un processus qui peut évoluer dans les différents organes glandulaires de l'économie.

Un autre caractère de la maladie kystique est d'être bilatérale; on ne connaît qu'un cas de Frerichs où un seul des reins fût intéressé. Cette bilatéralité des lésions explique que la mort par urémie soit ici la règle, tandis qu'elle est très exceptionnelle dans le cancer, qui, reste unilatéral.

Le rein polykystique présente un aspect des plus curieux. Il est volumineux et lourd (1350 grammes dans un cas de Duguet) ; sa surface est inégale, bosselée par une série de saillies hémisphériques, en grains de raisin, à parois lisses et miroitantes, et donnant les jeux de couleur les plus beaux et les plus variés, depuis les reflets clairsallant

(1) Lejars, Th. de Paris, 1888, et Gaz. des hôp., 1889. — P. Gallois, Bull, mèd.» VWâ, p. 92. — Hommey, Th. de Paris, 1887.

(2) CnvvEiLHiER, Atlas d'anatomie pathologique.

du jaune au verdâtre, jusqu'aux tons rosés, violacés ou brunâtres.

Le liquide contenu dans les kystes présente ces différentes teintes; il est assez fortement albumineux (39°r,6 d'albumine pour 112 grammes de liquide dans le cas de Duguet), tantôt fluide, tantôt gélatineux ou même colloïde. L'analyse chimique y décèle des chlorures, des phosphates, de l'urée en proportions très variables ; plus rarement, de l'acide urique, de la cholestérine, de l'acide hippurique (Lannelongue), des propeptones, de la cystine.

Virchow a signalé l'existence dans les cavités kystiques de différents germes, staphylocoques, streptocoques, bacilles. Mais ces faits auraient besoin d'être vérifiés, avant qu'on puisse affirmer qu'il ne s'agit pas là d'infections cadavériques ou nécropsiques.

Si l'on pratique une coupe longitudinale du rein, on voit que la dégénérescence kystique envahit à peu près la totalité de l'organe, surtout dans sa substance corticale. Le parenchyme rénal est creusé d'une multitude d'aréoles sphéroïdales, qui se compriment les unes les autres tout en conservant leur indépendance réciproque. Les cloisons qui les séparent sont minces et transparentes. Leur contenu est, nous venons de le voir, très variable dans ses apparences et sa composition chimique.

~V examen histologique montre que les cavités kystiques sont tapissées par une couche unique d'épithélium plat, formée de cellules cubiques vues de profil, polyédriques vues de face, à protoplasma assez clair, à noyau nettement coloré.

Les cloisons interkystiques sont formées par des travées ordonnées et régulières de tissu conjonctif, devenu par places, et surtout autour des grands kystes, fibreux et infiltré de cellules embryonnaires (Ewald).

Des végétations papilliformes, fibro-épithéliales, peuvent faire saillie dans l'intérieur des kystes, donnant ainsi des images très comparables à celles que l'on observe dans les fibro-adénomes kystiques de la mamelle.

On n'admet plus guère, aujourd'hui, l'origine glomérulaire des kystes, et Ewald, von Kahlden, Brault, ont montré que les giomérules étaient, la plupart du temps, peu altérés.

La pathogénie du rein polykystique a été parfaitement étudiée par Brault (1). Deux premiers points peuvent être admis comme à peu près prouvés : l'origine des kystes au niveau des tubuli contorti, et leur évolution contemporaine, semblant de même date.

Le tissu scléreux périkystique ne peut, d'autre part, être imputé à une néphrite interstitielle antérieure ; pareille interprétation ne saurait s'appliquer aux reins polykystiques de l'enfant, et, chez l'adulte, ii semble plutôt, comme l'ont admis Gombault et Hommey, Laveran,

(1) Brault, Traité de médecine, t. V, p. 817.

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