‹ Traité de médecine et de thérapeutique (volume 4)Chapitre 159 sur 205 · I. - KYSTES HYDATIQUES DU REIN · texte numérisé non relu

I. - KYSTES HYDATIQUES DU REIN

- Us ont été assez souvent observés pour que leurs caractères cliniques soient relativement bien connus ; les thèses ou mémoires de Béraud, de J. Bœckel (1), de Braillon (2), une discussion récente à la Société de chirurgie (3), ont apporté de nombreux documents à cet égard.

Comparés aux hydatides du foie, les kystes du rein sont rares; sur 566 kystes hydatiques relevés par Davaine, 166 occupaient le foie, et 30 les reins.

Un seul des reins est habituellement envahi, et le gauche plus souvent que le droit. Le kyste se développe d'abord dans la substance corticale, mais en dépasse bientôt les limites, et refoule la capsule fibreuse, en même temps qu'il comprime et atrophie le parenchyme glandulaire et peut venir faire saillie ou déhiscence dans la cavité des calices ou du bassinet. Par sa forme sphéroïdale, sa tension, la nature de sa membrane, la présence ou non de vésicules filles, la sclérose périkystique secondaire, le kyste évolue dans le

(1) J. Bœckel, Gaz. médic. de Strasbourg, 1887, p. 49.

(2) Braillon, Des kystes hydat. du rein. Th. de Paris, 1894.

(3) Soc. de chir., 2 juin 1897.

rein comme dans le foie, tout en subissant peut-être moins souvent la régression caséeuse de guérison.

Le liquide présenterait cette particularité très spéciale de contenir, par dialyse, de l'acide urique, des phosphates, de l'oxalate de chaux.

Des adhérences secondaires unissent peu à peu la masse kystique aux organes voisins, intestins, foie, rate, estomac, jusqu'au jour où la déhiscence se fait, dans le bassinet le plus souvent, ou l'estomac, le poumon, l'intestin, la fosse rénale.

Il semble que le rein, comprimé en partie et atrophié, réagisse dans les parties restées saines ou du côté opposé sous forme d'hypertrophie compensatrice, bien que ce fait si curieux soit moins nettement étudié et connu pour le rein que pour le foie (Dieulafoy) (1).

HISTOIRE CLINIQUE. — Elle peut, comme minimum de symptômes, se réduire à la constatation d'une tumeur du rein, unilatérale, plus ou moins sphérique, pointant vers l'abdomen ou même tendant à se pédiculiser, ferme et rénitente, mate à la percussion, mobilisable par la palpation bimanuelle, donnant nettement la sensation du ballottement, et, parfois, de la fluctuation. On comprend combien, en pareil cas, le diagnostic différentiel avec l'hydronéphrose restera obscur.

La constatation du frémissement hydatique (Peyrot), d'une autre hydatide siégeant dans une masse musculaire (Tuffier), donnera de précieuses indications au point de vue du diagnostic.

Mais si la déhiscence du kyste dans le bassinet se produit, des signes fonctionnels très caractéristiques apparaissent : colique néphrétique typique, avec tous ses caractères, rétention d'urine parfois ou dysurie, enfin et surtout élimination par l'urètre de vésicules filles, de membranes hydatiques, d'urine sanglante et contenant des crochets d'échinocoque. En même temps que cette élimination pathognomonique a lieu, la tumeur diminue de tension et de volume ou disparaît, pour se reformer et se vider de nouveau ensuite par alternatives successives.

L'infection pyogène de la poche, une vomique stomacale ou bronchique, une suppuration périrénale peuvent aggraver le cours des choses, si une intervention en temps voulu n'a pu avoir lieu. Il y aura, du reste, toujours avantage à éclairer le diagnostic par une ponction aspiratrice qui parfois, à elle seule, pourra suffire à amener la guérison.

TRAITEMENT. — Il ne peut être que chirurgical, et devra se proposer de respecter le plus possible le rein, souvent resté sain, tout en enlevant le kyste. C'est donc à la néphrotomie qu'il faudra recourir,

(1) Dieulafoy, Manuel de path. int., 10e édition, t. II, p. 155.

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par voie lombaire toutes les fois où cela sera possible, ou parla voie transpéritonéale. L'intervention devra être précoce, et pratiquée aussitôt qu'un diagnostic exact aura pu être porté.

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