III. — BILHARZIOSE DU REIN
La bilharziose est une infection spécifique provoquée chez l'homme par la pullulation d'un helminthe découvert en 1852 par Bilharz, d'où le nom de Bilharzia hsematobia qui lui est souvent donné.
L,e parasite, sans qu'on connaisse ses stades antérieurs d'évolution et d'habitat, vit dans les cavités vasculaires aux dépens du sang dans lequel il baigne, et particulièrement dans les veines du système porte.
(1) R. Blanchard, Traité de path. gcnér. de Bouchard, t. II, p. 753.
Mais les œufs innombrables pondus dans les vaisseaux sanguin? n'y restent pas confinés; ils s'accumulent dans les ganglions, les parenchymes viscéraux, y font embolie, puis, au moyen d'un éperon effilé qu'ils portent à l'un de leurs pôles, ils traversent les parois vasculaires, pénètrent dans les tissus et les déchirent.
Sans donner ici la description générale de la bilharziose(l), disons seulement qu'il y a une forme g énito-ur inaire de la maladie, due à l'infestation parasitaire du rein et de la vessie. Elle a pour principal symptôme une variété spéciale d'hématurie, dite Y hématurie d'Egypte, « A ses débuts, dit R. Blanchard (2), la maladie est généralement caractérisée par l'hématurie : l'urine est d'abord tout entière sanguinolente, mais peu à peu elle devient plus claire, et c'est seulement à la fin de la miction que sont expulsés des flocons muco-purulents, dans lesquels on trouve toujours un grand nombre d'œufs. »
On a noté, comme lésions rénales, des pyélites causées par l'accumulation des œufs du parasite et des précipitations secondaires d'hématies, de.fibrine, et d'acide urique. Des ulcérations des uretères, parfois avec sténose consécutive, des lésions inflammatoires et érosives de la vessie, contribuent encore à donner à la forme génitourinaire de la maladie sa très grande gravité.
La bilharziose est essentiellement une maladie régionale, à peu près strictement limitée à certaines régions de l'Afrique, notamment à l'Egypte et au delta du Nil. On l'a observée également en Tunisie, en Arabie, au Cap de Bonne-Espérance, au Transvaal, à l'île Maurice. Elle est à peu près certainement d'origine hydrique, et peut survivrependant des années à l'infestation primitive, alors que les sujets sont depuis longtemps revenus en Europe.
Son pronostic est d'autant plus grave qu'elle résiste au traitement anthelminthique, et que le caractère bilatéral et diffus des lésions rénales ne permet guère d'intervention chirurgicale.
On pourrait rapprocher de la bilharziose la fdariose où la présence au niveau du rein de la filaire du sang devient une cause d'hématurie ou de chylurie. Mais c'est là une ma adic trop importante cliniquement pour n'en donner ici qu'une description fragmentaire.
Quant à quelques parasites d'exception rencontrés dans le parenchyme rénal, tels que le téirastome du rein, les larves de Linguatute, assez communément observées chez l'homme en Allemagne et en Suisse, et que l'on a vues siéger dans le rein, leur intérêt est plutôt d'ordre anatomo-pathologique et zoologique que médical.
(1) L. Rûtimeyer, Ueber Bilharziakrankheit (Annales suisses des se. mëd., l«94r p. 871-907).
'2) R. Blanchard, loc. cit., p. 743*
TNÉFHROPTOSE. — ANATOMIE PATHOLOGIQUE. 817