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LITHIASE RÉNALE INFECTÉE. — TRAITEMENT

souvent ammoniacale ; on trouve dans le sédiment des cristaux dits en tombeaux, d'oxalate de chaux, et des dépôts amorphes de carbonate de chaux.

Pour reconnaître l'état du rein malade, on se fondera sur les résultats de la palpâtion ; parfois, s'il y a hydronéphrose calculeuse, on pourra par un artifice d'exploration, tel que l'injection dans le bassinet dilaté de quelques gouttes d'une solution fuchsinée (1), voir si l'uretère est totalement obturé ou encore en partie perméable.

On ne négligera jamais d'explorer très soigneusement le rein présumé sain, de chercher s'il n'existe à son niveau aucune douleur spontanée ou provoquée par la percussion. Nous avons déjà noté la valeur clinique toute spéciale de la pyurie intermittente.

TRAITEMENT. — Les indications thérapeutiques sont nombreuses et varient suivant la nature et le degré de la lithiase urinaire.

Chez les prédisposés, comme chez les lithiasiques avérés, des prescriptions sévères d'hygiène s'imposent.

On devra écarter du régime alimentaire toutes les substances capables d'augmenter dans les urines le taux de l'acide urique. On sait que sa proportion excrétée peut s'élever, par la nourriture exclusivement animale, jusqu'au chiffre de lgr,5 et même de 2 grammes par jour ; que, de plus, « le travail cérébral et le repos des muscles augmentent réciproquement la quantité d'acide urique des urines ». (A. Gautier.)

L'uricémique doit donc se contraindre à être un petit mangeur, ne jamais prendre plus d'un plat de viande par repas, s'abstenir de gibier, foie gras, viandes noires, fumées, ou faisandées, de fromages forts. Tout ce qui tend à augmenter l'acidité urinaire, déjà trop forte chez lui, doit être évité, tels les vins alcooliques, liquoreux, mousseux surtout, les boissons gazeuses, les bières fortes, le cidre en trop grande quantité.

On proscrira de même les substances riches en acide oxalique, puisque nous savons que les oxalates ingérés augmentent aussitôt la quantité d'acide urique excrété ; tels le cacao, le chocolat (A. Gautier), le thé, le poivre, l'oseille, les épinards, le café, les groseilles, les betteraves, les haricots verts.

On donnera comme boisson de table un vin blanc léger très -coupé ; le régime sera mixte, riche surtout en légumes verts et en fruits.

Le graveleux devra en outre marcher, faire des exercices physiques, stimuler ses fonctions cutanées par l'hydrothérapie, les friclions sèches et les bains alcalins.

Pendant la colique néphrétique, on prescrira le repos absolu, les

^1) A. Chauffard, Soc. méd. des hôp., 8 mai 1885.

bains chauds prolongés, le lait coupé d'eau de Vichy comme aliment à la fois et comme boisson. On atténuera la douleur par des applications locales gaïacolées ou chloroformées, par des injections souscutanées de morphine s'il y a lieu. On s'abstiendra de tout massage local.

Une fois la crise aiguë terminée, on mettra en œuvre les médications alcalines et diurétiques.

Dans la gravelle urique, on retirera d'excellents résultats des alcalins donnés à petites doses fractionnées, sous forme de sels de potasse, comme le prescrivent souvent les médecins anglais, ou sous forme de sels sodiques. Le benzoate de lithine, à la dose de 0sr,50 à 1 gramme par jour, est un des meilleurs médicaments à employer, et qui me paraît au moins égal à la pipérazine, très vantée récemment.

Les cures thermales de Vichy, de Vais, de Royat, trouvent souvent leur indication. Les eaux chaudes de Plombières conviennent très bien aux graveleux goutteux, et amènent une élimination abondante d'acide urique.

Si l'on cherche à provoquer une diurèse éliminatrice, à faire un véritable lavage interne de l'organisme, on retirera les meilleurs effets des cures de Contrexéville, de Vittel, d'Évian. Les eaux sulfatées calciques froides d'Aulus, de Capvern, sont également recommandables.

Dans la gravelle oxalique, la médication alcaline ne doit pas être prescrite, et c'est surtout à l'hygiène générale et au régime alimentaire qu'il faut recourir.

Restent les formes chirurgicales de la lithiase urinaire, où les indications opératoires varient suivant le degré et la nature des lésions. Sans entrer dans des détails d'ordre chirurgical, citons, d'après Tuffier, le degré de gravité des diverses opérations que l'on peut pratiquer sur le rein calculeux.

Dans la néphrolithotomie, la mortalité opératoire est de 6,1 p. 100 avec persistance de fistules urinaires dans 3,3 p. 100 des cas.

La néphrolomie, en cas de pyélonéphrite suppurée, est beaucoup plus grave ; la mortalité est de 33,3 p. 100, avec une proportion de fistules urinaires de 34,2 p. 100.

Enfin la néphrectomie donne une mortalité de 38,8 p. 100. Ici toute possibilité de fistule urinaire disparaît, mais il ne reste plus qu'un seul rein, et si celui-ci devient à son tour calculeux (ce qui est loin d'être rare), on voit combien devient grave la situation du malade.

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