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KYSTES DU PANCREAS. — SYMPTOMES

noient. Il est parfois visqueux, grisâtre, semblable à celui des kystes multiloculaires de l'ovaire : la quantité de liquide est, naturellement, très variable (de quelques grammes à un litre et plus ; généralement 200 grammes comme dans le cas de Hartmann).

Les analyses y ont décelé de l'albumine, de la paralbumine, de l'urée, des cristaux de cholestérine. Dans un certain nombre de cas on a trouvé des ferments pancréatiques (trypsine, stéapsine). Mais ces cas n'étaient peut-être pas épithéliomateux. L'importance du fait serait très considérable si l'on démontrait ainsi que les cellules néo-plasiques du pancréas peuvent encore sécréter leurs diastases digestives.

La/JGf/^o/dukyste a une épaisseur très variable. Quelquefois mince au point d'être transparente, elle acquiert, dans certaines poches, une épaisseur d'un demi-centimètre (Bœckel). Elle est conjonctive et tapissée, à l'intérieur, d'un épithélium, généralement cylindrique, poussant à l'intérieur des prolongements parfois arborescents, présentant, d'autre part, des culs-de-sac recouverts du même épithélium.

Le reste du pancréas peut avoir subi la dégénérescence kystique :

Il peut présenter des masses néoplasiques, à centre ramolli (cas de Gilbert-Hartmann).

Parfois même on observe la généralisation du néoplasme au foie (Gilbert-Hartmann).

SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC. — Le début est insidieux : douleurs abdominales, généralement assez vagues ; complexus pancréatique peu accentué (stéarrhée, diarrhée fréquente, glycosurie rare, etc.).

Après plusieurs mois ou années, les signes se précisent : la stéarrhée, néanmoins, est rare (un seul cas, Bœckel) ; la glycosurie exceptionnelle. Les vomissements, la diarrhée sont assez fréquemment notés. Les phénomènes douloureux occupent la région épigastrique : la douleur est sourde, profonde, parfois aiguë, survenant par crises rappelant les coliques hépatiques. Dans le cas de Kocher et Lardy, les crises douloureuses éclataient tous les deux ou trois mois.

Au bout d'un temps plus ou moins long, apparaissent des signes objectifs qui priment tout : l'attention est appelée, par les douleurs, sur la région épigastrique: on sent une tumeur, de volume variable, parfois très considérable, régulièrement arrondie, lisse, ordinairement sans bosselures et peu mobile. Sa consistance est élastique, ou même franchement fluctuante. Dans le cas de Hartmann, on put percevoir du ballottement.

La percussion donne généralement une submatité peu franche, la tumeur étant recouverte par les anses intestinales. Une zone franche de sonorité la sépare de la nudité du foie.

Parfois la tumeur est soulevée par les battements de l'aorte.

Marche. — La tumeur grossit peu à peu, lentement, à moins qu'il ne se produise une hémorragie inlra-kystique qui peut être foudroyante,

ou tout au moins, augmenter brusquement le volume de la tumeur.

Le kyste peut se rompre dans l'intestin (Salomon), dans le péritoine (Parsons, Pepper), déterminer des phénomènes plus ou moins graves de compression du côté de l'intestin ou du cholédoque (ictère 9 fois, Bœckel).

Enfin des complications septiques peuvent amener la suppuration du kyste.

Diagnostic. — Il est très difficile : sur les 30 observations relatées par Bœckel, il a été porté 6 fois.

Généralement, on a confondu la tumeur avec un kyste hydatique du foie, avec des kystes du péritoine, du mésentère, de l'ovaire (5 fois), avec des péritonites tuberculeuses, des tumeurs du rein, etc. La nature liquide du kyste est généralement reconnue et l'erreur porte sur le siège anatomique de la lésion.

La ponction exploratrice et l'analyse chimique consécutive ne doivent pas être employées.

Parfois, on pourra éliminer les tumeurs du petit bassin par le sens du développement et le toucher vaginal ; les tumeurs du foie par la présence d'une zone sonore entre le foie et la tumeur. Mais quelquefois, la vésicule, assez pédiculisée et très tendue, donne le même signe par interposition d'une anse intestinale. De même des kystes hydatiques du bord antérieur du foie (Quénu).

Les kystes du rein et les tumeurs du mésentère, de par leur commune disposition, offrent des signes très voisins : on a même observé le ballottement (Hartmann). Le diagnostic s'appuiera sur l'absence de troubles nerveux et sur la présence possible de symptômes pancréatiques.

On pourra employer la méthode de Minkowski : gonflement des organes digestifs par dégagement d'acide carbonique (bicarbonate de soude et acide tartrique) : d'où leur déplacement, entraînant la tumeur si celle-ci leur appartient.

Presque toujours, on devra avoir recours, pour le diagnostic, à la laparotomie exploratrice.

TRAITEMENT. — Le traitement consiste à découvrir la poche, à l'inciser, puis à la suturer à la paroi (Gussenbauer).

L'extirpation totale est souvent difficile : on s'expose aux déchirures, aux hémorragies. Mais d'autre part cette opération seule est rationnelle s'il s'agit d'un néoplasme kystique (1).

(1) Nous ne parlons ici que des kystes néoplasiques, les autres (kystes hydatiques, enkystements sanguins ou purulents dans l'arrière-cavité) sont étudiés à leur place respective. Quant aux kystes dits par rétention, leur existence aurait besoin d'être à nouveau prouvée, depuis la démonstration de la nature néoplasique d'un grand nombre d'entre eux. Expérimentalement, nous ne les avons pas reproduits par ligature : la dilatation des canaux observée au cours de la sclérose ne constitue pas de véritables kystes.

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