INCONTINENCE NOCTURNE. — TRAITEMENT
son lit; mais comme il dort trop profondément, le rêve mictionnel n'aboutit qu'à provoquer l'évacuation involontaire.
Cette forme guérit à la puberté quand l'éveil des sensations génitales donne une autre direction aux rêves ; de plus, le sommeil devenant moins profond, les enfants se réveillent assez à temps pour éviter l'accident ; dès ce moment, ils se considèrent comme guéris, et de ce fait, ne tardent pas à être débarrassés complètement de leur rêve mictionnel et même de leur pollakiurie (Janet).
3° Il est une forme d'incontinence qu'on peut appeler réflexe et qui correspond à X excitabilité vésicale de Trousseau. Elle est provoquée par des excitations périphériques portant sur les organes génitaux : phimosis, adhérences préputiales, atrésie du méat chez les garçons, fissures rectales, oxyures chez les filles.
DIAGNOSTIC. — Le diagnostic de l'incontinence nocturne est peu compliqué chez l'enfant ; il y a lieu cependant d'éliminer l'incontinence provoquée par les cystites à colibacilles chez les jeunes enfants (Nicolaïer), par les calculs vésicaux ou urétraux, celle de la convalescence des maladies graves qui est éphémère et disparaît avec le retour des forces, enfin celle de Yépilepsie dont nous allons voir les caractères.
Il va sans dire qu'on examinera avec le plus grand soin l'état des parties génitales, car une malformation minime ou cachée peut produire cet inconvénient; telles sont l'adhérence de l'utérus à la vessie, (Albarran), la cystocèle vaginale.
Chez l'adulte, il faut toujours pensera la simulation souvent très difficile à déceler chez les militaires, et faire par tous les moyens une enquête précise sur les antécédents du sujet.
Chez la femme, l'examen attentif des parties génitales permettra de reconnaître une fistule vésico-vaginale, un prolapsus vaginal ou une déchirure urétrale qui explique une incontinence permanente.
TRAITEMENT. — Avant tout, il importe d'examiner soigneusement les organes et de s'assurer qu'il n'existe aucune anomalie, si minime soit-elle, qui puisse être l'origine d'une contraction vésicale réflexe, et au besoin, de la supprimer par une intervention chirurgicale.
Hygiène morale et physique. — La nature essentielle de l'incontinence une fois reconnue, il faut éviter toute réprimande ou brutalité qui terroriserait l'enfant sans aucun effet favorable ; loin de le punir, il faut donner à l'enfant confiance en lui-même en essayant de lui procurer quelques nuits sèches; à cet effet, on tâchera de rendre le sommeil plus léger, en donnant le soir un peu de thé ou même de café léger, en le faisant coucher sur un lit dur, et en le réveillant une ou deux fois pour le faire uriner (Le Gendre). On aidera tous ces moyens en faisant coucher l'enfant la tête et les épaules basses, les
pieds et le siège élevés, de façon à réduire au minimum la pression de l'urine sur le col vésical (Stumpf).
Le traitement hypnotique bien conduit (Liébault, Bernheim, Bérillon, Cullere) pourra compléter les effets de l'hygiène; chez l'enfant affaibli, lymphatique, anémique, il ne faut pas négliger le traitement général par l'huile de foie de morue, les douches froides, le séjour à la mer ou la balnéation dans les eaux chlorurées sodiques fortes.
Traitement médicamenteux. — On peut employer les antispasmodiques (bromure, belladone) ou les toniques (ergot de seigle, noix vomique), sans qu'il soit possible de dire exactement quel médicament convient à tel cas.
La teinture de rhus aromatica donne d'assez bons résultats.
Mais tous ces moyens sont inférieurs aux traitements locaux, qui ont pour but d'éveiller la sensibilité de l'urètre et du col tout en augmentant la contractilité du sphincter. Tels sont : le cathétérisme de l'urètre avec un cathéter Béniqué d'un gros calibre et l'électrisation parles courants faradiques appliqués soit sur le périnée (Ultzmann), soit dans le méat (Erb, Koster), soit au niveau de l'urètre postérieur pour les garçons ou du col pour les filles (Guyon).
INCONTINENCES DIVERSES.
1° Incontinence par paralysie de la vessie et du sphincter. — C'est l'incontinence des paraplégies et des états ataxo-adynamiques, on la voit aussi dans l'hystérie : elle accompagne la rétention (miction par regorgement), mais peut avoir lieu sans elle ; elle s'accomplit goutte à goutte, ou par petits jets, sous l'intluence du moindre effort. En général ces deux états de miction par regorgement et d'incontinence absolue alternent chez les mêmes malades, suivant qu'ils sont en repos ou en mouvement (Janet).
2° Incontinence par rétention spasmodique. — Cette forme, signalée par Civiale, a été dernièrement bien décrite par Rochet et Jourdanet (de Lyon). Elle a les deux caractères suivants : 1° un urètre membraneux, serré, contracture; 2° une vessie spacieuse, contenant parfois beaucoup d'urine, malgré les évacuations répétées du malade. Il se produit au cours de la miction un spasme urétral qui cause une rétention incomplète, il en résulte que le malade ne satisfait jamais complètement son besoin ; il urine souvent, il estpollakiurique, et cependant l'urine s'écoule dans l'intervalle des mictions, surtout la nuit. Parfois l'incontinence est à la fois diurne et nocturne.
Le spasme qui en est la cause serait d'origine hystérique.
3° Incontinence épileptique. — Elle survient à la fin des accès d'épilepsie, et est par conséquent souvent nocturne; elle se montre alors à des intervalles plus ou moins éloignés, le malade se réveille
RÉTENTION D'URINE. — ÉTIOLOGIE. 857
faible, abattu et pesant, le faciès présente des traces d'hébétude et souvent la langue porte des traces de morsures récentes (Guyon).
L'incontinence existe aussi dans les convulsions des enfants et même dans certaines attaques d'hystérie (rare).